| 23 septembre 2003 |
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On se rhabille ! Retour à la civilisation, direction Tripoli la deuxième ville du Liban. Nous arrivons assez tôt pour avoir la plus grande chambre de la Pension Haddad: "Miss your grand' Ma ?". Sur un étage d'un vieil immeuble, la famille Haddad loue ses propres chambres. Très réputée il y a trois ans après son ouvertures, l'ambiance extrêmement chaleureuse, est aujourd'hui devenu pro, efficace : un business !
Nous y rencontrons un couple de Belges, avec qui nous passons une bonne partie de l'après-midi, de la soirée et même de la nuit à discuter.
L'Orient le Jour, Beyrouth,
Mardi 23 septembre 2003
L'Argent des Autres*
Comme vous, et le Dalaï Lama, je ne lis pas tout sur le journal. Mais un titre, samedi, m'a frappé. Au plexus. Qu'est devenu l'argent de Paris II ? La réponse nous est fournie à travers un éclairage au laser signé Sibylle Rizk. Qui nous apprend d'abord ce qu'est devenu l'argent promis : sur près de quatre milliards et demi (on parle en dollards, bien entendu) quelques deux milliards restent à l'état de pieux souhait. Le restant, 2,46 mds, a été bien employé. Pour amortir la dette publique. Du colmatage en fait. Mais avec si peu de moyens, face à une créance supérieure d'au moins treize fois, on ne pouvait pas aller très loin. Le propos de ce modeste commentaire n'est pas de revenir sur des détails techniques bien explicités dans le scoop cité. Mais de rebondir sur le constat désabusé que développe dans ses assises privées Fouad Siniora : le redressement reste illusoire tant que le pays ne produit pas. Pas assez. La réforme administrative, condition sine qua non d'une instrumentation du sauvetage, ne suffit pas. D'autant qu'elle n'a aucun sens, tant que les moeurs politiques restent polluées : par la corruption, par les luttes et par l'absence d'un pouvoir cohérent, autonome, de décision. C'est à dire l'imperitie de l'Etat.
Le point capital, cependant, est que le Libanais, pris en bloc, n'est ni un bon producteur, ni un gestionnaire averti. Il est traditionnellement commerçant, entendre négociant. Un courtier en somme. Avide d'engranger des commissions. Un petit exemple plutôt amusant (mais on en rit jaune) : récemment un riche Saoudien s'est laissé tenter par une pièce d'antiquité rare, dont on lui a présenté une photo. Mais entre lui et le vendeur, il y avait une chaîne de quatre intermédiaires ! Découragées, les deux parties principales, invitées à verser conjointement de substantielles commissions, ont renonçé à la transaction. Ce qui démontre, en passant, que les temps ne sont pas propices aux services, qui sont notre principale armature économique. Cela étant, l'art de négocier dans lequel nous sommes passés maîtres nous permet quand même de garder la tête hors de l'eau, là où d'autres, comme l'Argentine, ont facilement coulé. Paris II en est d'ailleurs l'illustrastion la plus marquante. Et dans ce contexte, il est probable que personne, jamais, n'arrivera à nous mettre le couteau sur la gorge pour nous faire rendre gorge. Les trente-cinq milliards que nous devons sont une somme trop enorme, à tout prendre, pour qu'on nous mette en faillite. Il y a quand même danger. A cause d'une fâcheuse tendance à un optimisme déraisonnable. Le même qui anime ces flambeurs qui s'endettent, s'endettent encore, en se disant so far so good, demain je verrai. Et qui finissent par croupir en prison. Quand ils ne sont pas jetés du haut du rocher de Raouche.
L'autre handicap national est que le domaine des écritures nous semble irréel, sans effet concret sur notre vie. Indiquer aux Libanais qu'ils doivent effectivement, à la naissance, quelques onze mille dollards par tête de pipe, s'apparente pour eux, à une plaisanterie douteuse. Ils ne savent pas trop ce qu'aller à la source signifie en termes comptables. En réalité, nous sommes plus forts en addition qu'en soustraction. Pour nous, l'argent est ce qu'on peut toucher du doigts, immédiatement. C'est bien pourquoi nous sommes bien meilleurs débiteurs que payeurs. En France, mais aussi dans cette Suisse à laquelle on nous compare volontiers (bien à tort), le monde se lève et s'assied, comme le veut l'un de nos adages, dès que l'on parle de rognier les retraites. Ici, les salaires sont bloqués depuis sept ans sans que personne ne s'en émeuve : après tout, ce ne sont que des signes arithmétiques sur des feuilles qu'on appelle fiches de paie. Pour que les travailleurzs saisissent (façon de dire), et poussent les hauts cris, il faudrait qu'on les augmente et ensuite on leur demande de repayer.
* De Christian de Chalonge, 1978, avec Trintignant, Serrault, Brassens, Deneuve
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c super tripoli,je suis libanaise je vien d acoté a chekka en fet je vé chez mes grands parents la bas en vacance mais si non j'habite en belgique a tournai. le liban est le meilleur pays du monde!!!!!!trés bo (génial les fotos)