| 13 janvier 2004 |
|
En visitant le très étonnant tribal Research Centre, nous faisons la connaissance des principales tribus primitives qui ont peuplé les Nilgiris. Ces tribus ont cohabité en paix dans une relative harmonie pendant des siècles en formant un ensemble économique, social et culturel indépendant.
La reconstitution d'une hutte et d'un temple accompagne la présentation des Toda dont le système social, économique et spirituel est entièrement centré sur le buffle:
"Les produits laitiers tirés de la bufflonne faisaient partie du régime alimentaire de la tribu et servaient de monnaie d'échange contre des céréales, des outils, des poteries. Les Toda, strictement végétariens, ne sacrifiaient un buffle que lors de la mort de l'un des leurs. L'animal n'était alors pas destiné à être mangé, mais à accompagner le défunt dans l'autre monde. Aujourd'hui encore, les Toda croient que l'âme du buffle sacrifié suit l'esprit du mort au ciel, où l'animal continue à offrir son précieux lait. D'autres traditions se perpétuent, notamment celle de la division du travail: les hommes s'occupent des buffles, tandis que les femmes brodent des châles.
Les Badaga émigrèrent quant à eux vers les Nilgiri Hills lors des invasions musulmanes dans le nord: ils ne constituent pas, à proprement parler, un peuple tribal mais, disposant du savoir des habitants des plaines, ils devinrent les porte-parole avertis des tribus montagnardes. Leurs produits agricoles, en particulier les céréales, diversifièrent l'alimentation des peuples des nilgiri.
Les Kota étaient considérés comme une tribu inférieure. Artisans travaillant le cuir et potiers, ils étaient aussi musiciens. Ils continuent à pratiquer des cérémonies au cours desquelles ils implorent les dieux pour la pluie et de bonnes récoltes.
Installés dans les épaisses forêts, les Kurumba collectaient le bambou, le miel et des matériaux nécessaires à l'aménagement des habitations, qu'ils échangeaient en partie avec les tribus voisines. Un peu cultivateurs, ils faisaient appel aux Badaga lors des semailles et des moissons pour accomplir les rituels qui leur garantiraient des récoltes abondantes. Les pratiques magiques des Kurumba étaient respectées et recherchées par les autres tribus.
Les Irulu réalisaient des outils et récoltaient le miel ainsi que d'autres produits de la forêt dont ils fabriquaient des balais et de l'encens. Ces adorateurs de Vishnu exécutaient souvent des rituels particuliers pour les peuples voisins. Quelques Irulu perpétuent ces rites anciens dans les sanctuaires et les temples locaux.
L'arrivée des Britanniques dans la région d'Ooty, au début du XIXe siècle, bouleversa cet équilibre. Certaines tribus s'adaptèrent rapidement, en particulier les Bataga. Agriculteurs, ils poursuivent leurs activités traditionnelles tout en se lançant dans de nouvelles cultures (thé et café), imposées par les colons. En revanche, ils ne purent assumer longtemps la production des céréales dont dépendaient les autres tribus. C'est ainsi que s'effondrèrent petit à petit les systèmes économiques et culturels de ces populations. Le gouvernement indien a alloué des terrains aux tribus chassées des montagnes, contraintes de se recycler dans l'agriculture. Cette politique est en complète contradiction avec l'esprit des Toda, qui se considèrent comme les gardiens de la terre et estiment que creuser le sol revient à le profaner. Pour respecter leurs croyances traditionnelles et répondre aux attentes des autorités, nombre d'entre eux ont loué leurs terres à d'autres tribus, ce qui leur a valu une réputation de paresse.
Aujourd'hui, de nombreuses populations tribales sont assimilées au point de ne plus être discernables. Le déracinement et l'aliénation ont engendré des comportements destructeurs dans certaines tribus, alors que d'autres maintiennent une partie de leurs traditions tout en adoptant les coutumes et les croyances de la civilisation dominante."
Lonely Planet
Publié par Eric & MarineTrackBack URL pour cette entrée : http://www.carnet-de-voyage.org/scgi-bin/mt/mt-tb.cgi/2