23 février 2004 Inde Inde - Varanasi

Dernier jour à Varanasi

Lever 5h30 ! Fatigue Nous avons décidé d'assister au lever du soleil sur le Gange et aux ablutions du matin des hindous dans le fleuve sacré. L'ambiance est étrangement calme et irréelle dans cette douce clarté de l'aube. Peu de monde sur les berges. Pourtant quelques "boat, boat" retentissent de-ci de-là sur notre passage.
Nous tombons sur Jean-Marc et Aurélie qui ont décidé de louer une barque et patientent avant d'embarquer. Nous nous joignons à eux pour un modeste supplément et embarquons sur les coups de 6h. Large sourire Le soleil n'est pas encore levé. La barque s'éloigne doucement de la rive et entreprend son périple le long des imposants palais. Des hindous arrivent petit à petit et descendent les marches des ghâts pour procéder à leurs ablutions. Notre barque passe non loin d'eux, à une dizaine de mètres...

En cet instant, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'inadéquation de notre présence en ces lieux et du côté déplacé de notre regard sur des pratiques que nous jugeons intimes. Ne serions-nous pas en train de dépasser les limites d'une certaine décense ? Pourtant rien d'hostile dans le regard des hindous qui parfois nous observent. Le spectacle que nous leur offront avec d'autres barques ne semble que faiblement retenir leur attention. Il est vrai que leur notion d'intimité et de tolérance n'est pas la même que pour nous occidentaux. Pour le réaliser, il faut avoir accompli des gestes quotidiens sous le regard persistant et nullement intimidé d'une vingtaine d'Indiens, curieux de la nouveauté étrange que nous leur offrons. Cette curiosité est permanente et assumée avec un culot parfaitement naturel. Un homme se penche par dessus votre épaule pour regarder ce que vous écrivez. Un autre rentre dans votre chambre pour vous observer discuter avec le responsable d'un problème de chauffe-eau. Enfin, les photos prises par votre appareil photos numériques ne manqueront pas d'attirer autour de vous tous ceux se trouvant à priximité... On finit par s'y habituer et l'on se surprend à leur retourner cette même curiosité en l'assumant pleinement, sans que cela ait l'air de gêner qui que ce soit. Alors on finit par assurer un peu plus notre regard et contempler le spectacle étonnant des ablutions dans le Gange.

Contraitement à ce que nous imaginions, il n'y a guère qu'une vingtaine d'hindous se baignant dans chaque ghât, l'arrivée et le départ des uns et des autres s'échelonnant au fil du temps. Les hommes et les femmes se baignent généralement séparément. Les hommes sont vêtus d'un simple tissu les ceinturant et descendent les marches pour se retrouver la taille immergée. Ils récitent des mantras, les mains jointes et plongent leur corps tout entier dans l'eau du fleuve. D'autres se lavent ou s'adonnent au plaisir de la nage, en criant pour se signaler aux barques. Les femmes quand à elles se baignent entièrement habillées, revêtus de sari aux couleurs vives. Il y a quelque chose d'étonnament beau dans ces ablutions, où se retrouvent pêle-mêle jeunes et plus vieux. Roi
Si le Gange est considéré comme pur (au moins en un sens métaphysique), reconnaissons qu'il est loin d'être propre (joli euphémisme) et malgré ses supposées hautes capacités régénératives, c'est un sympatique bouillon de culture où les bactéries s'ébattent joyeusement parmi les polluants rejetés dans le fleuve. Malade Cela n'empêchera nullement l'hindou fervent de boire une petite gorgée d'eau revigorante tous les matins... Interloqué Des japonais n'hésiteront pourtant pas à se jeter tout habillés dans le fleuve sacré, sous les rires de leur comparses, tandis que d'autres ne se départiront pas de leur masque blanc tendu sur leur visage pour filtrer les impuretés de l'air... Ironie
Au bout d'une petite heure de promenade tranquille, nous regagnons la rive et notre hôtel et nous partons rapidement vers la gare afin de réserver si possible un billet pour partir ce soir vers l'Orissa. Large sourire

Le bureau ouvre à 8h et il y a peu de monde à cette heure de la journée. Le préposé aux réservation pour touriste nous explique qu'il n'y a pas de train direct aujourd'hui depuis Varanasi pour Bhubaneswar mais que l'on peut prendre une correspondance à Calcultta. Ce n'est pas très rapide, mais c'est mieux que rien. Il commence à réserver un ticket pour Calculta mais se rend compte qu'il n'y a pas la classe souhaitée pour aller de Calcutta à Bhubaneswar. Le préposé a l'air plutôt détendu, passe du temps avec nous et ne semble nullement intimidé par la queue des gens qui augmente peu à peu. Large sourire Après quelques recherches supplémentaires, il nous propose d'annuler notre premier billet de train pour Calcutta et de prendre un billet direct pour Bhubaneswar en partant cette fois d'une autre gare à 18 Km de Varanasi. Cette proposition a le mérite de nous faire gagner du temps et nous acceptons sa proposition.Roi Le préposé nous prévient qu'il faudra dépenser 90 roupies pour l'annulation (il y a toujours une partie du prix du billet à rembourser dans ce cas) mais que de toute façon le prix comparés des billets sera à peu près équivalent. Le temps de réaliser l'opération et nous repartons non sans avoir remercié vivement le préposé. Large sourire Le temps de sauter dans un cycle-rickshaw quand soudain, un doute assaille Eric. Le préposé ne nous a pas rendu le ticket annulé du trajet Varanasi Calcutta qui sert de reçu à notre annulation... Soupconneux Après discussion rapide entre nous, les détails troublants s'accumulent : changement en cours de route du prix de remboursement, non respect des règles officielles de calcul de ce prix, places non réservées sur le ticket qu'il nous avait montré, non rendu du ticket barré et annulé, insistance sur le fait que nous allons payer moins cher,... Nous en sommes convaincus: le "gentil" préposé s'est empoché directement 90 roupies sur notre dos et avec nos remerciement en plus ! Diable mécontent S'il réitère ce petit jeu avec de nombreux touristes, les sommes accumulées doivent être impressionnantes ! Ironie Fatigués, nous n'avons pas le courage de retourner à la gare, et de toute façon, nous avons pris conscience de l'arnaque un peu trop tard. Triste Encore une de plus à rajouter à notre catalogue. Le tourisme en Inde est décidément éclairé par une bien étrange lumière. Ironie

De retour à l'hôtel, nous avalons notre petit déjeuner et préparons nos affaires, nous apprêtant à quitter l'hôtel. Remonté sur le toit nous apercevons un corps flotter sur le ventre dans les eaux proches de la rive. Interloqué Celui-ci est comme pris dans les eaux et ne dérive que très lentement. Nous pensons tout d'abord qu'il s'agit peut-être d'une de ces personnes considérées comme pures et directement immergées dans le Gange sans nécessiter de crémation. Mais notre hôte avance une autre explication. Le corps n'est pas enveloppé dans un linceul, ce qui aurait été le cas s'il avait été immergé volontairement. Il pense plutôt qu'il s'agit d'une noyade accidentelle comme il en arrive paraît-il souvent. Surpris Certaines personnes en effet procèdent à leurs ablutions mais ne savent pas nager. Interloqué Or les marches des ghâts sont glissantes, ce qui entraîne parfois des noyades... La présence de ce corps ne semble en tout cas émouvoir personne, les gens continuant à prendre leur bain non loin de là, et nous assistons à sa lente dérive au fil de l'après-midi... Interloqué
Nous allons nous balader une nouvelle fois le long des ghâts et notre promenade nous ramène de nouveau sur le site de crémation. Nous y assistons cette fois en plein jour. Deux hommes, propables racketeurs de touristes nous harcèlent une nouvelle fois sous des prétextes fallacieux. Nous observons le spectacle qui s'offre à nous. Il est bien différent de la nuit et le voile de l'obscurité n'est plus là pour nous dissimuler certains détails. Une jambe se dresse en l'air de l'un des bûchers et l'on en distingue nettement le pied. Interloqué L'une des personnes s'occupant des foyers intervient, la brise au niveau du genou (âme sensible s'abstenir) et la réintroduit sans ménagement à l'intérieur du bûcher comme s'il s'agissait d'un simple morceau de bois...
Nous finissons pas quitter les lieux et déambulons une nouvelle fois dans les ruelles de la vieille ville. Nous tombons sur une des grandes mosquée de Varanasi. Nous avons la surprise de découvirir que celle-ci est entourée de miradors et que des gardes contrôlent toutes les entrées Surpris Nous sommes fouillés avec interdiction de pénétrer dans les lieux avec appareil photo ou mobile. N'ayant pas le droit de pénétrer en son sein, la mosquée se révèle peu intéressante mais l'ambiance militaire qui l'entoure est tout de même bien étonnante. Nous apprenons que toutes ces précautions proviennent des frictions possibles entre hindous et musulmans. Surpris Et il est bien étrange pour nous de tomber nez à nez sur cette tension ainsi cristallisée et matérialisée. Triste Le Temple d'Or hindou est entouré des mêmes précautions (les miradors en moins cette fois-ci) et une nouvelle fois, nous n'avons pas le droit de pénétrer dans le temple, étant non hindou. Dans la rue jouxtant le temple, une multitude d'échoppes offrent au passant tous les produits nécessaires ou non au culte. Une petite Lourdes miniature ! Clin d'oeil

Une fois la balade terminée, nous embarquons nos sacs-à-dos-toujours-trop-lourds et sautons dans un rickshaw pour une petite promenade de 18 Km ! Le trajet se révèle étonnant. Contrairement à ce que nous pensions, nous traversons des petites routes de campagnes défoncées, malmenant le rickshaw et nous par la même occasion Clin d'oeil et nous traversons de nombreux petits villages de campagne. Roi Les maisons sont faîtes de terre, avec des toits de chaumes, parfois de tuiles, bien loin de ce que nous avons pu apercevoir en villes. Meules de foin, petits monticules de bouses séchées, charettes, chariots et outils de la campagne, tout concourre à un spectacle dépaysant que nous n'attendions pas.
Nous atteignons finalement la gare où nous attendons patiemment l'arrivée de notre train (les classiques 2 petites heures de retard Clin d'oeil). Nous nous apprêtons à rejoindre l'état tropical de l'Orissa, le long de la côte orientale de l'Inde, le long du golfe du bengale.

Varanasi aura certainement été une ville marquante, même si éloignée de l'image que nous nous en faisions. Peu de mendiants ou de sâdhus, ni la ferveur extraordinaire que nous avions rencontrée au temple de Khajuraho. Ce qui n'empêche pas Varanasi d'avoir une personnalité forte et attachante. Comme le disait, notre hôte, nombreux sont ceux qui reviennent à Varanasi. Il y a toujours quelque chose de nouveau à y découvrir...

Publié par Christophe
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Commentaires

juste un petit détail à propos des "masques tendus sur les visages" : Il faut prendre en compte que la grande majorité de ceux (plutôt asiatiques) qui portent un masque, le porte avant tout lorsqu'ils sont malades et donc susceptibles de contaminer les autres.
Sinon, votre carnet de route est super, bravo.

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