| 28 février 2004 |
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Avant de se lancer dans la visite de Puri, nous mettons la priorité sur l'achat de nos prochains billets de trains. Christophe a déjà en effet un billet à départ de Calcutta pour son retour sur Delhi et Marine et Eric ont décidé de l'accompagner au moins jusqu'à Calcutta.
. Aussitôt le petit déjeuner avalé, dont le jus d'orange est curieusement coupé d'eau
, nous nous rendons à la gare où malheureusement aucun bureau pour touristes n'existe. Il nous faut donc faire la queue au classique guichet de réservation, dont l'ambiance sans pareille, fait la joie de plusieurs générations de touristes. Il n'y a pas grand monde à faire la queue, à peine quelques personnes devant nous. Il est environ 11h, nous devrions rapidement en avoir terminé.
Forts de leur expérience, Marine et Eric décide de sécuriser la zone: tandis que Christophe fait la queue, ils se mettent chacun d'un côté de la file, près du guichet, pour empêcher les prévisibles tentatives de raccourcis de nos amis Indiens. L'ambiance est néanmoins plutôt calme, et il n'est nul besoin de jouer des coudes (au sens propre et appuyé) pour se faire respecter… Pourtant, alors que les aiguilles de l'horloge tournent lentement dans la chaleur du bâtiment, nous remarquons un certain immobilisme quant à la progression de la queue, la personne devant le guichet restant désespérément la même.
Une rapide petite enquête nous remonte une information intéressante : l'homme travaille pour une agence, et il est en train de réserver le petit nombre de 58 billet de trains.
Le guichetier est en train de les traiter consciencieusement un par un, et non il n'y a personne pour l'épauler. ![]()
Nous patientons alors tranquillement (l'expérience montre qu'il n'y pas grand-chose d'autre à faire) et en profitons pour discuter avec un italien parlant très bien français, et qui profite de son voyage à Puri pour se faire soigner avec sa femme selon la médecine ayurvédique.
Au bout, de 1h30 d'attente, l'espoir se fait jour en nous que le préposé doit avoir bientôt fini de traiter la commande horrifique… Quand brutalement, dans un mouvement, qui, on ne sait pourquoi, rappelle celui d'une guillotine, une planche en bois glisse rapidement pour obstruer l'ouverture du guichet : pause déjeuner ! Nous allons devoir attendre une demi-heure, que notre très cher préposé ait rechargé ses batteries...
Cela faisait irrésistiblement penser à "Astérix chez les Bretons" où les ces derniers interrompaient le combat en pleine bataille avec les romains, pour prendre le thé ou pour partir en week-end. Chose étonnante, même l'Indien situé juste devant nous secoue la tête marquant sa désapprobation. Comme il constate qu'on est des tenaces et que seul un déluge pourra nous faire abandonner cette queue, il en profite pour nous demander de lui garder sa place et en profite pour aller faire un tour. Quelque chose me dit qu'il ne nous aurait probablement pas demandé ce service si nous avions été indiens ![]()
Au bout d'une demi-heure, les employés reviennent, et une autre personne prend la suite devant l'ordinateur. Au bout d'une nouvelle demi-heure, c'est notre tour, et nous pouvons enfin faire la demande de nos billets de train au bout de 2h30 d'attente.
Le préposé nous annonce alors que le train étant bondé, il nous faut passer par les quotas réservés aux touristes et nous réclame alors nos passeports. Nous sommes incapables de lui fournir, les passeports de Marine et Eric ayant été malencontreusement gardés par une agence de voyage à Bhubaneswar.
Histoire de ne pas contrarier notre vision des administrations, le préposé se montre d'une inflexibilité exemplaire, et nous refuse la délivrance de nos billets de trains… ![]()
Tout n'est peut-être finalement pas perdu. Eric file à l'hôtel récupérer les photocopies des passeports pendant que Marine et Christophe restent à la tête de la queue. Au bout d'une demi-heure, Eric revient avec son précieux chargement, et nous tentons une nouvelle fois d'obtenir nos billets de trains. Cette fois-ci, il nous est répondu qu'il ne reste que 2 places sur les 3 demandées, les dernières places venant juste d'être attribuées... Après plus de 3 heures, il faut se rendre à l'évidence, ce train et nous manquons cruellement d'affinités pour espérer faire un bout de chemin ensemble.
Après une rapide pause déjeuner (il n'y a pas de raison que les autres en fassent et pas nous), nous décidons alors de partir un jour plus tard, un peu plus tôt le matin, mais cette fois à départ de Bhubaneswar que nous rejoindrons en bus et de tenter à nouveau notre chance. Cette fois-ci, c'est la bonne, et Eric revient triomphalement avec trois billets de train ! ![]()
On ne se le répétera jamais assez : il ne faut jamais être pressé en Inde ! Ne pas respecter cette maxime toute simple, c'est faire peser sur ses épaules une pression usante et inutile. Difficile de le réaliser sans le vivre, mais organiser la moindre chose demande du temps et des efforts, que ce soit trouver un hôtel, réserver un billet de bus ou utiliser les services d'un cybercafé relativiste (l'utilisateur a la curieuse impression que le temps n'est pas le même pour lui et pour la connexion Internet qu'il utilise). Et l'on a beau ne pas vouloir précipiter le rythme du voyage, les nécessités de réserver rapidement un billet de train ou de publier des textes sur Internet, se font fort de nous le rappeler. Pas si facile de concilier les impératifs d'un séjour sur une courte période avec le rythme beaucoup plus lent que voudrait imposer l'Inde. Rendons hommage à Marine et Eric, qui jusqu'au bout, auront tenu à concilier l'inconciliable, et à rendre à leurs visiteurs, le séjour le plus agréable possible ! ![]()
Une fois nos billets en poche, nous attendons la moto qui doit venir de Bhubaneswar nous rapporter les passeports de Marine et Eric. Une heure de retard et celle-ci tarde toujours à venir. Après un coup de fil à l'agence, le patron nous informe que le chauffeur a l'intention de se rendre au temple non loin de là et qu'il ne devrait plus tarder.
Trois quarts d'heures plus tard, il finit par se pointer avec un comparse et ne donne aucune excuse pour son retard. Nous lui demandons s'il s'est rendu au temple, chose que nous pouvons comprendre, même si nous aurions souhaité être prévenu du retard. Il nous répond que non, qu'il souhaite s'y rendre plus tard, mais qu'il y avait du trafic sur la route, dû à une prétendue procession... Difficile de croire à cette explication. Leur retard est beaucoup trop important ! Bon, le principal est que nous ayons les passeports. ![]()
L'après-midi s'achève. Nous allons nous balader sur la plage de Puri, le long d'un village de pêcheurs. Les lourdes barques sont alignées les une à côté des autres, tout le long de la plage, et leur nombre est impressionnant. Tout est ici annonciateur de pauvreté. Les petites maisons en bois sur le haut des dunes, les ordures abandonnées devant elles, et la plage servant de toilettes publiques. La mer elle-même refuse l'image idyllique des plages de cartes postales, ses courants et ses vagues rendant la baignade dangereuse. Des petites filles s'amusent à emprisonner des bestioles dans un sac rempli d'eau et le montrent fièrement à Christophe. Plus loin un groupe de gamins nous réclament des roupies. Pour plaisanter, Eric se met au garde à vous, en criant "Sir, Yes Sir". Tous les gamins se mettent immédiatement à l'imiter et sont ravis de ce jeu improvisé. Le plaisir de jouer aura rappelé qu'ils sont avant tout des enfants !
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