2 mars 2004 Inde Inde - Delhi

Ultime journée à Delhi

Le train arrive à Delhi sans trop gros retard en milieu de matinée. Mon nouvel objectif est fort simple : trouver la consigne de la gare pour y abandonner mon sac-devenu-vraiment-trop-lourd Clin d'oeil depuis que Marine et Eric se sont délestés de leurs vêtements chauds dont ils ne devraient plus vraiment avoir besoin dans les mois qui viennent. Une fois la consigne repérée, je remplis un formulaire (ce ne serait pas drôle sinon) et m'apprête à confier mon précieux chargement aux autorités compétentes. Une fois mon tour arrivé, un employé me fait signe de rentrer par une ouverture étrange, croisement inavouable entre une porte et une fenêtre, me demande mon formulaire qu'il tend à un autre individu, puis me fait signe d'aller moi-même porter mon sac sur l'une des étagères de la consigne. Interloqué Ne me demandez surtout pas quel était le rôle de chacun des employés. Leur absence d'activité (temporaire certainement) ne me laissait aucun indice... Je me débarrasse de mon sac à dos et, suivant l'exemple d'autres personnes m'ayant précédé, je l'attache avec une chaîne et un cadenas imposant dont la solidité reste à démontrer. L'employé ne semble nullement surpris de la manoeuvre et semble trouver parfaitement normal que je considère son lieu de travail comme le dernier rendez-vous à la mode de tous les larrons du coin... Après tout, n'y a-t-il pas un panneau à l'extérieur de la consigne, nous enjoignant de cadenasser nos sacs ? Ironie Une fois l'opération effectuée, je réenjambe une autre "porte-fenêtre" et part le coeur et le corps plus légers.

Je décide alors de me rendre à Connaught Place à pied espérant naïvement pouvoir y trouver des cartes postales. Je ne trouve malheureusement que quelques cartes poussiéreuses et blanchies par le soleil. Etant malheureusement conditionné à envoyer des cartes postales en état à peu près correct, je décide alors de me lancer dans l'exploration de l'Underground de Connaught Place, dont Jean-Marc nous avait parlé à Varanasi. L'entrée du bazar souterrain n'est pas trop difficile à trouver et je me retrouve rapidement dans la face cachée de Connaught Place, ultime épreuve que tout voyageur digne de ce nom se doit d'accomplir, afin de se vacciner définitivement contre toute sollicitation d'origine commerciale. Clin d'oeil
Le bazar est, à l'image de Connaught Place, organisé en cercles concentriques, comportant chacun une multitude de magasins. On peut très schématiquement les classer en deux catégories : les magasins de vêtements et les magasins de DVDs et de logiciels pour ordinateur. Ils se ressemblent tellement que vous pourriez très bien faire un tour et revenir à votre point de départ sans vous en rendre en compte. Ne croyez pas pouvoir vous fondre dans la foule. Vous êtes quasiment le seul touriste et repérable à des kilomètres. Pas de musique dans ce cercle commercial, mais celle-ci est remplacée par un autre style de fond sonore, dont la monotonie est sans égale. A chaque passage devant un magasin (j'ai bien dit chaque), un type se précipite sur vous en brandissant une ceinture qu'il est prêt à vous céder à vil prix (cette pratique doit probablement remonter à quelque coutume dravidienne très ancienne), ou bien s'avance vers vous en vous balançant des "Excuse me, sir", "DVDs, softwares" ou encore quelques rares "Sex movies"... Grommelle Cet endroit est le parangon de l'accostage et certainement un endroit renommé de formation pour tous les vendeurs rencontrés en Inde ! Il s'agit alors d'appliquer alors la tactique du serpent qui comme chacun sait est sourd comme un pot ! C'est très efficace, même si ça peu parfois déclencher des rires sur votre passage. Inutile de rajouter que cet endroit est le paradis du piratage (au sens propre du mot) et que vu le prix et l'allure des pochettes mal imprimées, les logiciels et probablement les DVDs sont tout sauf des versions originales. Tout ce joli petit monde a pignon sur rue (souterraine mais quand même) et la fréquentation de ce joli complexe est largement assurée par les locaux venus faire leurs emplettes. En tout cas, ce n'est pas ici que je vais pouvoir trouver mes malheureuses cartes postales (je n'y ai pas vu de versions piratées). Triste Je décide alors de remonter et de quitter Connaught Place pour regagner Main Bazar. Après tout, pas mal de touristes s'y baladent et les routards doivent bien envoyer eux aussi de temps à autre des cartes postales. Je finis par tomber sur un petit magasin en proposant, bien que celles-ci ne soient nullement exposées à l'oeil du passant. J'en trouve un lot à peu près correct, embarque le tout, et vais retrouver un petit restaurant que Marine, Eric et moi avions l'habitude de fréquenter pour nos petits déjeuners, et où je sais pouvoir trouver une certaine tranquillité. Roi

Deux heures de travail d'écriture plus tard, je suis prêt à repartir et à accomplir ma nouvelle mission : trouver la poste de Connaught Place (c'est fou comme les actes les plus banaux trouvent tout de suite une nouvelle dimension dans ce pays). Je monte dans un ricksahw, lui explique où je veux aller et celui-ci me conduit à Connaught Place. Arrivé là, il fait celui qui n'a pas compris que je voulais aller à la poste et me dit que de toute façon il ne sait pas où elle est. Canon Je lui réponds que mon contrat est clair : s'il veut avoir le prix de sa course (qui ne bougera pas d'un iota), il faut qu'il m'emmène à la poste. Il me propose finalement de me conduire à 500 m de là à une autre poste et finit par me déposer devant ce qui semble effectivement un bureau officiel de la poste indienne et redémarre aussitôt. Je m'aventure alors dans l'étrange enceinte du bâtiment pour tomber sur deux personnes qui m'expliquent que la poste est fermée pour cause de fête nationale. Interloqué Je demande alors s'il n'y a pas moyen d'obtenir des timbres et l'une des personnes me sort un retentissant "20 roupies" sans autre explication. Je pense alors qu'il est alors temps de mettre fin à cette conversation passionnante et plante là mes deux interlocuteurs dont l'un me répète une nouvelle fois sa formule incantatoire de dissipation de touriste. Une fois dehors, je juge plus prudent de retourner à pied vers Connaught Place pour y trouver moi-même la poste. Je finis par y arriver, et dois bien me rendre à cette simple contestation : elle est fermée ! Un vendeur à côté me le confirme, c'est bien fête nationale aujourd'hui (pour les musulmans cette fois). Reste plus qu'à espérer pouvoir envoyer mes cartes depuis l'aéroport. Triste

Je profite alors du temps qu'il me reste pour faire quelques courses puis rentre tranquillement vers la gare pour récupérer mon sac. L'expérience de la traversée des routes est d'ailleurs particulièrement amusante pour le non initié. N'essayez surtout pas de jouer l'intimidation pour faire s'arrêter les véhicules. Vous risqueriez de perdre définitivement toute chance de rejouer à nouveau. La traversée de la route tient plus de la corrida qu'autre chose et l'on apprend rapidement à ne pas regarder devant soi mais à ne jamais quitter des yeux les véhicules grands et petits qui foncent sur vous. On s'offre quelques jolies frayeurs et la sensation du bus qui vous frôle est une expérience nouvelle que tout piéton se fait la joie de connaître un jour. Grosse peur Les Indiens ne sont pas plus fiers que vous à ce petit jeu, et il est assez frappant de les voir courir comme vous pour échapper à la horde des fauves qui déboulent sur la route. En fait, la meilleure tactique semble de traverser en groupe, seule force de dissuasion à peu près efficace pour obtenir l'arrêt de nos chers conducteurs. Ironie

Une fois arrivé, à la gare je récupère mon sac à la consigne puis me dégotte un taxi pour l'aéroport que je négocie à 170 roupies. Les débuts sont assez laborieux, et je reste coincé de très longues minutes dans des embouteillages interminables. Malgré la marge importante prise, la possibilité de rater mon avion se fait jour en moi, mais une fois le centre de la ville dépassé, le trafic repart normalement et je finis par arriver sans encombre à l'aéroport. Par curiosité, je demande au chauffeur de soulever le voile recouvrant son compteur et je découvre le chiffre de 177.50 roupies. Pour une fois je paierai moins que le prix normal ! Clin d'oeil
A l'aéroport, je découvre avec bonheur une poste ouverte Large sourire, tout en étant pas trop surpris de n'y voir personne. Au bout d'un quart d'heure un homme finit par arriver et je peux enfin faire tamponner sauvagement mon stock de cartes postales ! Roi
J'embarque ensuite dans l'avion qui décolle à l'heure et m'apprête à rejoindre Colombo au Sri Lanka trois heures plus tard. Je laisse derrière moi cette Inde ô combien intrigante, avec la sensation de n'en avoir soulevé qu'un coin du voile.

Publié par Christophe
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