| 30 mars 2004 |
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Nous revoilà à Pathein, avec Philippe avec qui nous avons très envie de partager notre vision de cette bourgade intemporelle étirée le long de la rivière éponyme.
Nous commençons par jouer à cache-cache dans les allées ombragées du marché aux bananes, noix de coco et feuilles de tabac. La structure en bois du marché laisse passer des raies de lumière poussiéreuses sur les étals de fruits, d'épices et sur des visages ronds qui sourient. Les marchands vivent avec toute leur famille sur une estrade au milieu de leurs marchandises, parmi des odeurs, des sensations et des images que nous ne sommes pas prêts d'oublier !... ![]()
Ensuite, nous ne résistons pas à l'idée de retourner avec Philippe à l'atelier de fabrication des ombrelles, d'abord pour le plaisir d'écouter le fils du patron parler de son métier avec passion et aussi en pensant au père et au frère de Marine qui nous rejoignent très bientôt au plus fort des chaleurs...
Nous entamons la promenade qui mène, un peu à l'extérieur de Pathein, à ce vaste parc ombragé parsemé de pagodes et stupa et à la périphérie duquel se trouve notre artisan. Il fait si bon flâner le long des allées sinueuses et nous y croisons des moines superbes drapés de rouge et des couples d'amoureux attirés par les bosquets et le chant des oiseaux. ![]()
Quand nous arrivons à destination, nous sommes tous les trois accueillis à bras ouverts par U Saw, le fils du patron qui nous avait déjà vendu l'ombrelle que Marine porte aujourd'hui. Philippe a alors droit à l'historique de la maison et songe à se laisser tenter par un parasol pour son jardin dans le midi. Mais il ne faut pas prendre de décision hâtive car le transport d'une telle pièce est à considérer sérieusement...
D'ailleurs nous avons tout notre temps et monsieur U Saw le sent bien car il nous sert le thé, tout comme il nous propose plus tard une spécialité birmane à base de feuilles de thé, de cacahuètes et de crevettes séchées.
Alors que Philippe se décide pour le parasol et que les affaires sont finies, notre vendeur de choc entreprend de nous faire visiter son jardin. Nous n'en revenons pas de tant de gentillesse et de soif d'échanges !
Nous voilà déambulant de parterre en massif, imaginant le foisonnement de cette prairie après les premières pluies à venir. Armé d'une planche de bois, U Saw déterre des racines et des tubercules pour nous les faire goûter et nous expliquer leur place dans la cuisine locale. Il en fait de même avec toutes sortes de feuilles et de brindilles que nous aurions pris pour de mauvaises herbes ! ![]()
Nous nous apprêtons à partir, déclinant poliment une invitation à manger, quand survient le père de U Saw, patron vénérable de l'atelier à la renommée nationale !
Quand nous prenons finalement congés, ce dernier nous offre le plus simplement du monde des chapeaux qu'il a lui-même tressés à ses heures perdues.
Nous n'en revenons pas et, sur le chemin du retour, nous ne cessons de nous émerveiller devant ce concentré de charme et de générosité qui anime Pathein ! ![]()
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