| 21 avril 2004 |
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Nous avons dorénavant les 2 visas en poche : Vietnam et Laos mais toujours aucune certitude au sujet du poste frontière de Banlung. Il serait plus facile et économique de passer en priorité au Vietnam pour ensuite rejoindre le Laos car ce pays nous permettrait de poursuivre jusqu'au sud de la Thaïlande vers la Malaisie. Voilà pour le scénario idéal, notre visa vietnamien prenant effet le 1er mai (une date symbolique pour entrer dans un pays communiste !
).
D'ici-là, nous aimerions visiter le nord-est du Cambodge, réputé pour ses tribus isolées, ses paysages, ses forêts et par le fait que la région ne s'est ouverte aux étrangers que récemment (2001). L'inconvénient de cette région, si elle dispose de frontières avec à la fois le Vietnam et le Laos, c'est qu'elle ne possède pas de poste-frontière "officiel" pour les étrangers vers le Vietnam...
Nous verrons bien sur place, sinon il sera toujours temps d'essayer plus au sud ou de passer directement au Laos...
Nous voilà donc en route pour Kompong Cham, importante capitale de la province éponyme, 3e ville du Cambodge, située au bord du Mékong et où nous nous rendons dans l'espoir de trouver une atmosphère comparable à celle de Pathein au Myanmar, un peu à l'écart des sentiers battus.
Le voyage en bus, relativement confortable, nous offre l'occasion de vérifier que le Cambodge est une société rurale et que c'est en passant du temps dans les campagnes qu'on peut saisir la richesse du patrimoine ethnologique. Du bus déjà nous entr'apercevons quelques curiosités, comme tous ces petits temples tels des maisons de poupées sur un piédestal, que les villageois entretiennent devant chez eux bien sur pour amadouer l'esprit des lieux, mais aussi à proximité de nombreux champs ou de ruisseaux. N'oublions pas à ce propos que les génies pullulent à la campagne : dans les gros arbres, dans certains animaux, les montagnes, mais aussi dans tout objet étrange ou inhabituel. Les paysans se font donc un devoir de leur rendre un culte et ces rites cohabitent même parallèlement à la foi bouddhiste sans problème. ![]()
Au loin, le paysage dans l'attente de la mousson ne se montre pas à son avantage : des cocotiers épars et des plaines desséchées nous rappellent l'Inde.
La route est jalonnée de maisons traditionnelles en bois et palmes, certaines commençant à arborer un toit de tuiles. Par les portes ouvertes nous apercevons que les maisons n'abritent aucun meuble, conformément à l'indifférence cambodgienne face à la propriété matérielle encore amplement en vigueur dans les campagnes. Les manières de vivre semblent informelles : des femmes sortent et font leur toilette devant de grandes jarres en terre pleines d'eau.
Nous remarquons aussi, non sans surprise, que certaines maisons ont une antenne de télévision alors que l'électricité n'est pas disponible en dehors des principales agglomérations. Les villageois se sont munis de batteries rechargeables pour permettre au petit écran de s'introduire décidément partout, en dépit des obstacles !
Bon, tout de même il restera encore un pas à franchir avant que ces gens aient accès au satellite et à un plus important choc culturel. C'est sans doute mieux comme cela du point de vue du voyageur qui aime être surpris par les gens et se croire au bout du monde... ![]()
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