24 avril 2004 Cambodge Cambodge - Kratie

Ô mon bateau...

Nous prenons place à bord de la vedette rapide qui doit nous emmener à Kratié : petite ville de garnison tranquille posée au bord du Mékong. C'est dans cette région que s'est développé un premier noyau Khmer (6e - 8e siècle), entre Stung Treng au nord (670 Km de la mer) et Kratié (540 Km de la mer). Il n'y a plus autant de bateaux qui remontent le fleuve depuis la construction du pont. Quoi qu'il en soit, cette remontée reste mythique et c'est assis sur le toit au milieu des Cambodgiens que nous vivrons avec émotion le trajet. Large sourire
Après l'étonnement, ce sont les sourires qui s'affichent sur les visages de nos compagnons : moines, soldats ou paysans transportant avec eux leurs récoltes de piments. La complicité muette se renforcera un peu plus quand Eric rattrapera par chance une casquette sur le point de s'envoler. Roi

A peine trois heures et nous voilà arrivés à Kratié dont l'ambiance coloniale surannée contraste avec l'agitation dynamique des jeunes rabatteurs. Surpris Après avoir trouvé notre hôtel, nous nous laissons bercer par le charme anachronique de cette petite ville où se côtoient maisons modernes, bâtiments coloniaux et habitations traditionnelles en bois et bambou. Large sourire Les odeurs du marché nous enveloppent : poissons, épices, café, fruits, fleurs, rien ne manque...

Après avoir pu admirer le coucher de soleil sur le Mékong, nous nous attablons dans un petit café restaurant où nous faisons la passionnante rencontre d'une philippine d'une trentaine d'années, travaillant à Kratié depuis 2 ans pour une ONG américaine. Large sourire
La vie d'expatrié dans ces régions reculées n'est pas toujours facile. Si le contact avec les populations locales est riche en émotions, le manque de cadres éduqués rend toute action difficile et freine les échanges. De plus, il favorise la pérennité d'une organisation féodale où la corruption est reine. Triste
Loin de sa famille, notre charmante amie a soif de parler, malgré sa frustration de n'avoir que des touristes au passage rapide à se mettre sous la dent. Elle nous raconte avec émotion son engagement au Cambodge, loin de sa petite fille de 5 ans et de son mari italien resté dans le sud des Philippines. Ce dernier travaille lui aussi pour une ONG. Mais la situation dans le sud des Philippines s'aggrave dangereusement face à la montée du fondamentalisme musulman nourri, nous explique-t'elle ironiquement, par l'actuelle politique américaine qui pousse leur gouvernement à gérer la situation par la violence. Larme Les ONG perdent du terrain, laissant la place du social aux intégristes. D'autre part la violence et ses injustices renforcent les réseaux des terroristes. Ironie

Nous en profitons pour l'interroger sur la possibilité de franchir la frontière vers le Vietnam près de Banlung. Elle appelle sur le champ l'une de ses amies travaillant à Banlung et la réponse tombe comme un couperet : en temps normal cela pourrait être jouable mais des Vietnamiens ont été abattus il y a quelques jours par la police des frontières du Cambodge. Les journaux parlent d'incidents qui auraient éclaté entre la tribu des victimes et les autorités locales. Ce n'est donc vraiment pas le moment de passer. Triste Quoi qu'il en soit, la région de Banlung est superbe et elles nous recommandent d'y aller. Mais la route qui y mène est longue alors nous hésitons...

Publié par Eric & Marine
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