| 23 mai 2004 |
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A 7 heures nous embarquons à bord du véhicule censé nous conduire à la frontière avec le Laos. En nous saluant, l'hôtelier accompagne son signe de la main d'un "à tout à l'heure !" particulièrement rassurant, ajoutant qu'il ne pensait pas que la frontière puisse être ouverte aux étrangers avant 2005...
Dans le doute, nous avons obtenu de pouvoir revenir avec le chauffeur, cas échéant... ![]()
Comme souvent dans ces zones frontalières, les paysages demeurent encore sauvages et préservés. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de route pour desservir ces villages authentiques que nous traversons, blottis au creux d'une forêt très dense. Tel Jacques Chirac le soir de sa première élection, nous saluons les villageois, peu habitués à observer d'aussi étranges faciès...
Lorsque nous entrons dans un petit troquet pour la pause-déjeuner, c'est l'effervescence : l'assemblée se lève comme un seul homme pour trinquer avec nous avec du saké local.
Une nouvelle amitié franco-vietnamienne sera également scellée ce midi à l'aide d'un imposant calumet qui ressemble d'ailleurs étrangement à une pipe à opium. ![]()
Après 7 heures de route pour parcourir les 200 Km, nous n'avons croisé quasiment aucun véhicule et le poste frontière semble étrangement calme...
Mais les hommes en uniformes ne sont pas surpris outre mesure par notre présence et nous apprennent que la frontière est effectivement ouverte depuis 3 mois ! La preuve que l'information aussi circule difficilement sur ces routes cahotiques !
De là, nous rejoignons à pied et sans encombre le poste Lao, composé de 4 bicoques en bois et de poules, rien de plus. Nous découvrons alors, oh surprise !, que nous ne sommes pas du tout arrivés là où nous croyions... En effet, si nous avions plus ou moins précisément localisé Naméo sur notre carte assez détaillée du Vietnam, la médiocrité de notre carte du Laos nous a fait faire une erreur de plus de 100 KM vers le sud !
Bref, pas besoin de se justifier pendant des heures, on a pas de GPS sur notre canif
et maintenant il faut réagir car ce n'est pas tout d'être passés, on apprend aussi qu'il n'y a aucun hébergement dans le coin et que le seul et unique bus qui va à la prochaine ville passe le matin. Il est 15h30... ![]()
Une fois de plus, la chance est avec nous : alors que nous commencions à envisager une nuit avec les poules, un camion se présente qui vient lui aussi du Vietnam et dont le chauffeur accepte de nous déposer à la prochaine ville. C'est notre second tour en camion du voyage et c'est assez inhabituel pour que nous l'apprécions. ![]()
Nous ignorons pour le moment absolument tout de notre destination, supposée être à 80 Km, car cette ville de Samneua ne figure pas dans notre guide, pas plus que le poste frontière, d'ailleurs. Indéniablement nous aimons cette sensation d'inconnu, d'autant plus que tout se passe bien, et nous envisageons déjà de devoir demander l'hospitalité dans un monastère...
Mais il n'en est rien car, à notre plus grande surprise, Samneua est une ville plutôt développée et même mentionnée dans plusieurs guides touristiques. C'est en tous cas ce que nous apprendrons en passant une soirée inattendue avec d'autres voyageurs ! ![]()
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