| 25 mai 2004 |
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Le bus vers Luang Prabang n'est pas parti ce matin et nous n'en saurons jamais la raison... Cela ne nous inquiète pourtant guère plus que Britta avec qui nous effectuons un bout de route et qui avoue aussi avoir progressivement, presque imperceptiblement, senti s'installer les mêmes symptômes : perte d'énergie et paralysie sournoise de la volonté. Quand nous nous rappelons ce dont nous étions capables le mois dernier et comment, à Angkor, nous avons parfois marché des kilomètres sous un soleil mordant, nous pouvons bel et bien juger notre léthargie croissante.
En effet, nos forces se sont depuis épuisées. Nous ne marchons que lentement et attendons avec impatience les jours tranquilles à faire la sieste. Celle-ci mange une part de plus en plus importante de la journée et a même parfois tendance à durer tout l'après-midi. ![]()
Nous avons d'abord mis cette apathie sur le compte de la chaleur particulière à laquelle même les autochtones ne s'accoutument jamais et qui a profondément influencé leur histoire. Norman Lewis va jusqu'à y voir un facteur déterminant dans l'évolution des cultures indochinoises lorsqu'il explique le périple des peuples des montagnes descendus dans les vallées chaudes où la vie était plus facile. Tant qu'il leur restait de l'énergie, ils ont construit des civilisations brillantes et fantasques qui n'eurent jamais la chance de se développer. Selon lui, ils sombrèrent rapidement dans une décadence tranquille et adoptèrent des religions qui convenaient à ce déclin et qui l'alimentaient même. Ils seraient ainsi devenus des experts en sommeil.
Il faut reconnaître que Samneua est en léthargie en cette saison après le déjeuner et que pas grand chose ne bougera avant 5 heures du soir !
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