17 juillet 2004 Malaisie Malaisie - Miri

Dernier jour à Miri

Journée à Miri, à organiser notre départ de demain pour le sultanat de Brunei. Dernière soirée avec Diana, plus raisonnable, dans les salons d'un grand palace du coin et au cours de laquelle nous assistons à un spectacle étonnant. Devant la scène sur laquelle se produit un groupe des Philippines, un monsieur d'un certain âge danse et crée l'ambiance avec une énergie incroyable. Eric va le féliciter et ce monsieur se fait un plaisir de prendre la pause ! Roi (voir photo)
Amusé, Eric montre les photos à Diana qui était restée assise. A notre grande surprise, elle commentera juste :"Ah, oui, c'est mon grand-père ! Il a 70 ans et sort environ deux soirs par semaine dans les dancing des grands hôtels, pendant que sa femme reste à la maison." Interloqué

A la table d'à côté, un ministre malaisien discute avec ses conseillers de la récente et mystérieuse disparition d'un hélicoptère qui prive le gouvernement de certains collaborateurs. Soupconneux C'est bien sûr Diana qui nous traduit la discussion et puis nous avions eu connaissance des faits par la presse.
Tiens, c'est vrai, on vous gratifie beaucoup moins de croustillants articles de journaux ces derniers temps. Il faut dire aussi que nous avons affaire à une presse autrement plus professionnelle en Malaisie. Alors c'est sûr, c'est beaucoup moins drôle... Clin d'oeil
En revanche, nous continuons à lire des bouquins et avons encore un passage à partager avec vous :

"Apprenant que les Malais étaient mahométans, je m'étais embarqué pour une espèce d'Algérie, mais j'avais débarqué dans une ville chinoise. Depuis mon arrivée, je vivais dans l'Inde. Et soudain je découvre que je suis en Polynésie.
Convertir un peuple à une religion ne modifie pas sa nature. C'est peindre de bois en faux-bois. L'homme est incapable d'abjuration. En lui les croyances se superposent les unes aux autres comme des couches de peinture, sans se mêler, sans s'annuler. L'ancien ton demeure et transparaît. Les chrétiens sont des païens badigeonnés de judaïsme et de christianisme. Leur foi reste triple et ils expliquent cette anomalie par un mystère. Ils ont une prédilection pour le Christ, mais ils craignent Jéhovah en Dieu le Père et ont baptisé le Grand Pan avec le nom de Saint-Esprit. Cependant ils ne savent pas aimer leurs ennemis mieux qu'à l'âge des cavernes, mais seulement mieux les tuer. Les Malais ont eux aussi leurs trois couches : animisme, hindouisme, islam. Ce sont des musulmans intransigeants, mais peu orthodoxes. Leurs incantations, qui débutent et s'achèvent sur le nom d'Allah, s'adressent en outre à mille démons honnis par le prophète. Allah est très miséricordieux, et on ne manque pas de le lui rappeler chaque jour. Mais un esprit subalterne a l'esprit plus étroit. Il est plus sensible encore aux compliments. Il ne dédaigne pas quelques petites offrandes, mais il est prompt à chercher noise. La vie des Malais se passe à essayer de ne pas marcher sur le pied invisible de quelque chatouilleuse divinité."

Henri Fauconnier, Malaisie, 1930

Publié par Eric & Marine
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