31 mars 2004 Myanmar Myanmar - Yangon

Philippe le Père Noël

Il faut bien nous résigner à quitter Pathein. Nous y aurons bien passé un total d'une semaine, ce qui surprend un peu tout le monde ici, tellement il est rare de voir des touristes s'installer. Siffle Pourtant, tous ceux qui nous y auront accompagné comprennent notre engouement pour cette ville hors du temps, comme un anachronisme dans la course effrénée au développement.

Nous partons donc avec Philippe en bus pour Yangon, où nous retrouverons Anne-Marie et Robert pour dîner. Ces derniers jours, nous avons passé beaucoup de temps avec Philippe : c'est qu'on l'aime ce garçon ! Amour

Philippe a une forte personnalité. Ce qui le caractérise avant tout, c'est sa générosité spontanée et engagée. Respect D'ailleurs, nous l'avons surnommé "Père Noël" ! Clin d'oeil Père Noël
Petit à petit, nous aurons découvert plusieurs des facettes de ce Belge à l'accent du sud. Tout à la fois poète, maître en arts martiaux, masseur talentueux, passionné de médecine naturelle, gastronome, musicien, engagé pour la défense de son terroir et de ses valeurs et bien sûr voyageur passionné. Large sourire Pour couronner le tout, notre ami a un autre grand talent : il sait écouter ! Pas de cette oreille distraite ou avec une attention feinte, mais avec le cœur de celui qui s'intéresse à l'autre. Respect

Bon, c'est bien joli tout cela mais il doit, comme tout le monde, avoir ses défauts le bougre ! Soupconneux Alors c'est promis, on le reverra pour en découvrir plus. Clin d'oeil

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30 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Une ville à partager !

Nous revoilà à Pathein, avec Philippe avec qui nous avons très envie de partager notre vision de cette bourgade intemporelle étirée le long de la rivière éponyme.
Nous commençons par jouer à cache-cache dans les allées ombragées du marché aux bananes, noix de coco et feuilles de tabac. La structure en bois du marché laisse passer des raies de lumière poussiéreuses sur les étals de fruits, d'épices et sur des visages ronds qui sourient. Les marchands vivent avec toute leur famille sur une estrade au milieu de leurs marchandises, parmi des odeurs, des sensations et des images que nous ne sommes pas prêts d'oublier !... Large sourire

Ensuite, nous ne résistons pas à l'idée de retourner avec Philippe à l'atelier de fabrication des ombrelles, d'abord pour le plaisir d'écouter le fils du patron parler de son métier avec passion et aussi en pensant au père et au frère de Marine qui nous rejoignent très bientôt au plus fort des chaleurs...

Nous entamons la promenade qui mène, un peu à l'extérieur de Pathein, à ce vaste parc ombragé parsemé de pagodes et stupa et à la périphérie duquel se trouve notre artisan. Il fait si bon flâner le long des allées sinueuses et nous y croisons des moines superbes drapés de rouge et des couples d'amoureux attirés par les bosquets et le chant des oiseaux. Amour

Quand nous arrivons à destination, nous sommes tous les trois accueillis à bras ouverts par U Saw, le fils du patron qui nous avait déjà vendu l'ombrelle que Marine porte aujourd'hui. Philippe a alors droit à l'historique de la maison et songe à se laisser tenter par un parasol pour son jardin dans le midi. Mais il ne faut pas prendre de décision hâtive car le transport d'une telle pièce est à considérer sérieusement... Ironie D'ailleurs nous avons tout notre temps et monsieur U Saw le sent bien car il nous sert le thé, tout comme il nous propose plus tard une spécialité birmane à base de feuilles de thé, de cacahuètes et de crevettes séchées. Roi Alors que Philippe se décide pour le parasol et que les affaires sont finies, notre vendeur de choc entreprend de nous faire visiter son jardin. Nous n'en revenons pas de tant de gentillesse et de soif d'échanges ! Respect Nous voilà déambulant de parterre en massif, imaginant le foisonnement de cette prairie après les premières pluies à venir. Armé d'une planche de bois, U Saw déterre des racines et des tubercules pour nous les faire goûter et nous expliquer leur place dans la cuisine locale. Il en fait de même avec toutes sortes de feuilles et de brindilles que nous aurions pris pour de mauvaises herbes ! Interloqué
Nous nous apprêtons à partir, déclinant poliment une invitation à manger, quand survient le père de U Saw, patron vénérable de l'atelier à la renommée nationale ! Respect Quand nous prenons finalement congés, ce dernier nous offre le plus simplement du monde des chapeaux qu'il a lui-même tressés à ses heures perdues. Surpris Nous n'en revenons pas et, sur le chemin du retour, nous ne cessons de nous émerveiller devant ce concentré de charme et de générosité qui anime Pathein ! Amour

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29 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Lecture du journal en route pour Pathein

The New Light of Myanmar :
20 mars 2004

"Le chemin de fer pour renforcer l'amour et l'amitié entre les ethnies du pays".

Voici l'extrait d'un article très touchant et très objectif Ironie qui relate les conditions de construction d'une ligne de chemin de fer dans l'ouest du Myanmar, sous la direction de l'armée nationale, ou Tatmadaw en birman. Soupconneux
L'article commence par scrupuleusement passer en revue tous les efforts fournis par le gouvernement pour le bien-être des populations locales (sans toutefois mentionner le fait que d'après ce que l'on croit comprendre ce sont ces dernières qui servent de main d'oeuvre servile pour les chantiers publics, ce qui justifierait l'encadrement de l'armée... Triste). S'en suit l'interview sur le terrain d'un sergent qui supervise les travaux :

"Son corps et ses vêtements étaient trempés de sueur. Il s'appelle U Oo Tun. Il fait partie de l'ethnie Rakhine.
- Sergent, nous voudrions vous poser une question.
- Je vous en prie.
- Est-ce que cette section de chemin de fer que vous les hommes du Tatmadaw êtes en train de construire sera bientôt terminée ?
- Tout à fait, elle sera terminée dans un futur proche.
- Êtes-vous fatigués ? Vous transpirez.
- Pourquoi serais-je fatigué ? Ce n'est rien pour un homme de Tatmadaw. Nous, les hommes de Tatmadaw, avons déjà dédié nos vies à la cause nationale. Nos efforts sont pour les populations locales. Nous sommes heureux de savoir que ce chemin de fer, une fois terminé, facilitera leur circulation.
- Mais vous faites partie de l'ethnie Rakhine, et vous travaillez volontairement dans la région de l'ethnie des Shans.
- Notre armée est formée de différentes ethnies. Nous travaillons donc dans l'intérêt des différentes ethnies qui forment la nation, d'où que nous soyons. Parce que nous partageons tous la même terre et nous abreuvons tous à l'eau de la même source.

Même sous le soleil brûlant, il faisait bon entendre ces mots."

(Le même journal un peu plus loin) :

Four political objectives :
* Stability of the State, community peace and tranquillity, prevalence of law and order
* National reconsolidation
* Emergence of a new enduring State Constitution
* Building of a new modern developed nation in accord with the new State Constitution

Four economic objectives :
* Development of agriculture as the base and all-round development of other sectors of the economy as well
* Proper evolution of the market - oriented economic system
* Development of the economy inviting participation in terms of technical know-how and investment from sources inside the country and abroad.
* The initiative to shape the national economy must be kept in the hands of States and the national peoples

Four social objectives
* Uplift of the morale and morality of the entire nation
* Uplift of the national prestige and integrity and preservation and safeguarding of cultural heritage and national character
* Uplift of dynamism of patriotic spirit
* Uplift of health, fitness and education standards of the entire nation

Des fleurs dans la vie Jeune garcon à Pathein Petite vendeuse de mangues à Pathein Rencontre à Pathein
Vendeuse dans les bus à Tchaung Tha      
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28 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

Un bon gueuleton bien arrosé

Anne-Marie et Robert nous ont invités avec Philippe à déjeuner. Ce couple fait incontestablement honneur à la réputation de la France : un petit pastis à la fraise et la fête des papilles commence. Pour accompagner notre succulent repas birman à base de crabes et de crevettes, tout ce qu'il faut de nostalgie française : du bon pain fait maison, tout un choix de vins français et birmans et pour couronner le tout, Philippe nous sort un CD de chanson française. L'accent du sud domine l'assemblée : on s'y croirait ! Lunettes

Nous finirons la journée sur la plage avec Philippe, un cocktail à la main et refaisant le monde. Roi

Nous sommes heureux de ce voyage insolite entre Yangon, Pathein et Chaunta, loin du circuit habituel. Nous y rencontrons beaucoup de monde formidable. Les Birmans bien sûr, attentifs, généreux, beaux, rieurs et tellement plus encore... Respect

Et puis nous avons croisé tout un groupe de touristes occidentaux formidables.

Mais il va nous falloir rentrer doucement à Yangon pour prendre notre avion pour Phnom Penh. Un petit tour par Pathein s'impose, tellement nous aimons l'atmosphère chaleureuse de cette ville. Philippe nous accompagne. Nous rejoindrons Yangon le surlendemain où nous devons retrouver Anne-Marie et Robert qui y viennent prendre un avion pour la France. Nous devrions aussi y revoir Franz le hollandais. Large sourire

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27 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

La balade des éléphants

Le patron de l'hôtel nous a proposé une balade en bateau puis en pirogue pour enfin finir par une petite marche dans la jungle pour aller à la rencontre d'éléphants sauvages. Notre excitation est à son paroxysme ! Large sourire Seulement notre guide désigné hésite, cherche à nous dissuader sans le dire... Surpris

Renseignement pris auprès des locaux, les éléphants sont effectivement sauvages et donc ne se trouvent pas si facilement, surtout à pied et la dite jungle est inexistante à cause de la déforestation galopante et en cette fin de saison sèche. L'excursion se résume avant tout en une balade en bateau vendue au prix fort par un ancien général qui s'est octroyé le monopole de la balade sur l'eau. Notre déception ne sera que de courte durée, Robert nous propose de nous faire guider à un petit lac où parfois on voit des éléphants. Accompagnés de ses 4 chiens et de 2 locaux, nous parcourons la jungle rabougrie par le soleil et les abus des hommes. Près du lac à défaut d'éléphant nous nous contenterons de leurs empruntes.

Même si l'on ne peut pas nier que nous nous la coulons douce a Chaunta Beach, nous aurons au moins pas mal marché : de 3h à 4h par jour. De quoi nous ouvrir l'appétit afin de déguster avec plaisir poissons, crevettes et calamars frais ! Roi

Ascension dans la jungle à Tchaung Tha Femme birmane à Tchaung Tha Nuit de festival à Tchaung Tha Philippe et Marine à Tchaung Tha
Sur la trace des éléphants à Tchaung Tha      
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26 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

Robert le syndicaliste

Robert nous rejoint pour le petit déjeuner. Il est passionnant à plusieurs titres. D'abord bien sûr comme nous le mentionnions hier par sa connaissance du pays et de l'endroit où nous sommes, mais aussi pour sa vision contrastée du monde. Anciennement conducteur de train et CGTiste convaincu, Robert porte dans son cœur les stigmates de ses combats sociaux. Baroudeur "condamné à être libre" il est devenu par la force des choses un humaniste de terrain : c'en devient un plaisir de discuter avec lui. Autant ses idées syndicalistes sont arrêtées, miroir de ses années passées à la SNCF, autant il a soif d'échange et de partage. Quelle incroyable situation que de pouvoir discuter en toute sérénité et en profondeur avec l'un de nos syndicalistes convaincus, ici au bout de cette route en terre, dans ce pays dictature dont le peuple est certainement l'un des plus accueillant au monde ! Large sourire

Ces contrastes nous fascinent. Nous nous réjouissons de ces rencontres trop rares en France tellement nous avons tendance à évoluer dans les mêmes milieux. Est-ce le lieu ou le voyage qui nous donne tant de force et de sérénité ? Ici il n'y a plus de rapport de force, les contacts sont faciles, légers et libres de toute contrainte. Nous nous abordons tous avec respect, les hiérarchies s'estompent, a quelques exceptions près bien sûr... Clin d'oeil

Fin de journée à Tchaung Tha Fin de journée sur la côte de Tchaung Tha La criée à Tchaung Tha Partie de backgammon à Tchaung Tha
Villageois à Tchaung Tha      
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25 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

Une tablée inattendue

Le voyage, c'est un peu comme un roman, avec son lot de rebondissements, de flash-back, de personnages et de liens imprévisibles entre les gens et les événements.
A Tchaung Tha, nous sommes gâtés au niveau des personnages, d'autant plus que nous avons le temps de faire des rencontres. Roi Ainsi, nous nous retrouvons souvent à partager nos repas avec Hanna de Munich qui travaille dans la finance ou bien Kristien, Belge au sourire généreux partie un an faire le point sur sa carrière en tant que médiatrice auprès d'enfants de parents divorcés. Ce métier délicat a souvent l'air de devenir un gouffre à énergie quand des parents cherchent à prendre l'enfant à partie plutôt qu'à le ménager et Kristien souffre de ne pas atteindre son objectif plus souvent. Triste Avec nous, il y a bien sûr aussi souvent Philippe, décorateur, musicien et cordon bleu franco-belge atteint depuis des années par le virus du voyage et sur les routes plusieurs mois tous les ans ou encore Franz, Hollandais qui dirigeait plusieurs restaurants avant une rupture d'anévrisme et sa décision d'enfin profiter de la vie.

Mais aujourd'hui nous interpellons ce que nous croyons reconnaître comme étant une "gueule" française à la table voisine et faisons la connaissance de Robert, conducteur de train originaire du sud de la France aujourd'hui installé à Tchaung Tha avec sa femme Anne-Marie depuis plus de deux ans. Interloqué Nous nous retrouvons donc à table tous ensemble, à écouter le récit de Robert et sa lecture étonnante du monde qui l'entoure. Personne n'est surpris en apprenant que sa première motivation en s'installant au Myanmar a été la population, sa gentillesse, son bon sens, la place de la femme dans la société et surtout l'ouverture d'esprit qui fait vivre un grand nombre de communautés ensemble. Robert se réjouit de n'avoir jamais eu de problème d'intégration dans la société du Myanmar jusqu'à être maintenant connu comme le loup blanc dans les environs. "Tout le monde trouve sa place ici : les Birmans pour les petits boulots, les Indiens pour l'agriculture, les musulmans pour le commerce et les Chinois pour les affaires. Cela a toujours fonctionné comme cela ici et, mis à part quelques problèmes avec des musulmans, c'est une mécanique bien huilée." Voilà pour la carte postale mais Robert tient à compléter le tableau en nous signalant l'omniprésence de l'armée du Myanmar. Nous ignorions en effet jusque-là que le littoral était la possession de militaires, qui louent des parcelles à des Chinois qui possèdent les hôtels et restaurants. Soupconneux "Et oui, c'est comme cela ici, et même ma maison je ne l'ai achetée qu'avec un bail de 20 ans et on sait bien que le vent peut tourner un jour. D'ailleurs, c'est toute la richesse du pays qui est entre les mains d'une toute petite poignée d'officiels ou de Chinois, riches à un point qu'il est difficile d'imaginer !" Il nous parle alors des trafics de drogues, de rubis et de teck qui transitent pour l'essentiel par la Chine et dont la population ne tire que peu de profits. Larme

Entre touristes, nous réalisons à quel point il peut être utopique de prétendre voyager dans ce pays sans que l'argent finisse dans la poche des gouvernants. Nous repensons alors à l'avant-propos du Lonely Planet qui préconise d'éviter les établissements publics comme certains hôtels d'état ou le train pour ne pas cautionner le gouvernement, alors qu'il nous apparaît dorénavant évident que d'une manière ou d'une autre nos dépenses finissent en bonne partie par engraisser l'armée ou de riches hommes d'affaires chinois et non le Birman de la rue... Ironie

Camion birman à Tchaung Tha Enfant de Tchaung Tha Enfants à Tchaung Tha Petit déjeuner à Tchaung Tha
Travailleurs à Tchaung Tha      
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24 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

A l'ombre d'une stupa

Il ne nous reste déjà plus que quelques heures pour faire plus ample connaissance avec Didier, le Français avec qui nous avons voyagé hier et qui travaille au Laos pour Handicap International, avant qu'il ne reparte pour Yangon. Cet homme nous faisant une très forte impression, nous espérons bien profiter de son expérience pour apprendre quelques clés de la culture asiatique. Il nous raconte d'abord son travail que nous devinons sans fin et qui inspire le respect : sillonner méthodiquement le pays et le plus reculé des îlots d'habitation à la recherche de victimes de bombes... Respect Ses missions sont temporaires et il a par ailleurs travaillé sur des sujets complexes et délicats comme les drogues ou le sida dans différents pays d'Asie du sud-est. Alors qu'il a accumulé une somme de connaissances à nos yeux inestimable au sujet de la sociologie, de l'histoire et de la politique de la région, Didier demeure très modeste. Nous ne cessons d'admirer son engagement et de louer sa persévérance mais il nous explique très humblement n'avoir qu'un impact limité sur des chantiers immenses et semés d'embûches... Surpris
Les heures défilant, Didier nous gratifie d'une liste d'ouvrages spécialisés sensés répondre à nos interrogations sur la région et dont il connaît beaucoup des auteurs pour avoir travaillé et fait des recherches avec eux. Juste avant de partir, il nous confie d'ailleurs projeter la publication d'ouvrages, notamment sur la drogue, et de prévoir d'y travailler sérieusement dès son retour en France mi-avril, à la fin de sa mission. Le voilà déjà sautant dans le bus, bien trop tôt à notre avis ! Triste

Le bus n'est plus qu'un nuage de poussière au bout de la route jaune qui traverse l'ancienne forêt gravement défrichée. Nous échangeons tous les deux un regard excité par l'impression grandissante que le Myanmar accueille des touristes hors du commun... Clin d'oeil

Déjà nous ne regrettons pas d'être venus à Tchaung Tha et, rien que dans notre hôtel, les rencontres s'annoncent imminentes... Roi Le bungalow à côté du nôtre est occupé par Philippe et Hanna qui sont déjà sur place depuis 3 jours et nous font gentiment part de leurs bonnes adresses. Nous partageons avec eux et Kristien un déjeuner typiquement birman (nouilles au curry et soupe de crabe poivrée) sur la plage, à l'ombre d'une stupa. Miam Les deux femmes qui ont installé leurs marmites à cet endroit se mettent en quatre pour nous servir comme des rois. Roi Elles débordent d'attentions touchantes et nous ne nous lassons pas de les faire rire en essayant à tour de rôle nos quelques mots de birman. Rire

L'après-midi passe sans que nous nous en rendions compte, alors que nous nous promenons tous ensemble jusqu'au village de pêcheurs, échangeant nos expériences et glanant des informations sur les prochaines étapes de notre périple.
Amusés, nous reconnaissons tous finalement l'ambivalence des relations entre touristes et admettons nous être parfois sentis envahis par des voyageurs peu scrupuleux qui parlent trop fort dans les lieux publics, jettent des déchets par terre, portent des shorts en ville ou gardent leurs chaussures dans les lieux de culte... Colère Le paradoxe tient au fait que l'aversion alors éprouvée peut virer au plus profond respect envers d'autres touristes avec qui on partage des moments intenses. Large sourire
Nous en concluons, en regardant le soleil décliner sur la mer, que petit à petit et tout en restant nous mêmes des touristes, nous avons élargi notre territoire au point de nous sentir attaqués par ce genre d'offenses au pays récepteur. Triste

Bateaux de pêcheurs à Tchaung Tha Coucher de soleil à Tchaung Tha Marine et Eric à Tchaung Tha Port des pêcheurs à Tchaung Tha
Restaurant à l'ombre d'une stupa à Tchaung Tha      
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23 mars 2004 Myanmar Myanmar - Chaungtha

Panne en pleine jungle

A 10 Km de Ngwe Saung existe une autre plage aménagée. Pour y accéder les touristes étrangers doivent s'acquitter d'une taxe de $5 par personne !?! Interloqué

Cette plage est un peu plus connue que Ngwe Saung et référencée dans notre guide : là au moins nous sommes sûrs de trouver des chambres agréables à des prix correspondant à notre budget. Clin d'oeil Il faudra nous y faire, à moins de nous séparer et de dormir dans des monastères, il est difficile de totalement sortir des zones touristiques au Myanmar.

En attendant, comme nous n'avons pas réservé nos billets de bus, nous devons voyager en partie debout et en partie assis sur des sacs de riz dans l'allée centrale. Notre minibus qui avait pourtant l'air en nettement meilleur état que celui de la veille, tombe 3 fois en panne.... Soupconneux
Dans le bus un jeune rabatteur en profite pour s'activer. Il nous conseille le même hôtel que plusieurs jeunes nous ont déjà recommandé à Pathein. Etonnante coïncidence...

Quoiqu'il en soit, Chaunta beach n'accueille pas plus d'une quinzaine ou vingtaine de touristes occidentaux. De plus c'est le début de la saison touristique pour les Birmans et la plage est envahie par plusieurs centaines d'étudiants venus fêter la fin de l'année scolaire. Nous apprenons aussi dès notre arrivée qu'un festival de musique est organisé pour le week-end ! Large sourire

Fort de son réseau de rabatteur bien géré par "George", l'hôtel Shwe Hein Tha accueille la quinzaine d'occidentaux présents. Il faut aussi dire que le lieu est très agréablement aménagé et propice aux rencontres. Roi Comme nous avons déjà sympathisé (pendant les poses forcées pour réparer le bus) avec Didier un français qui travaille pour Handicap International au Laos et Christine une belge qui voyage depuis 8 mois, nous sommes heureux de nous joindre à eux et de prendre un bungalow dans cet hôtel.
A peine arrivés nous faisons la connaissance de Philippe le musicien décorateur français et d'Hanna la fougueuse, fière de ses origines autrichiennes.

Les jours qui viennent s'annoncent tranquilles et riches en contacts. Lunettes

Au bord de la rivière de Pathein Enfants de Pathein Enfants de Pathein Enfants de Pathein
Panne de bus sur la route de Tchaung Tha      
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22 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Un mirage vide perdu au milieu de nulle part...

Prendre le temps, se laisser imprégner par les atmosphères, rencontrer les Birmans, tels étaient nos souhaits en venant à Pathein : nous aurons été comblés bien au-delà de toutes nos espérances. Large sourire Toujours dans cette même optique, nous nous construisons un petit programme pour les jours à venir. Nous ne choisissons que des villes et des villages qui ne sont pas mentionnés dans notre guide, évitant soigneusement les zones pour touristes occidentaux.

Première étape Nga Saung un petit village où aurait récemment été aménagée une plage, à 2h de bus de Pathein. Après un solide petit déjeuner nous traversons la rivière de Pathein et sautons dans le bus. La route poussiéreuse et défoncée serpente au milieu de paysages vallonnés superbes. Le petit village a l'air tranquille, très tranquille... Cette tranquillité ambiante contraste avec l'apparente ambition des promoteurs. A notre droite un petit village ambiance western avec sa route en terre qui sépare deux allées de bâtiments en bois. A notre gauche le long de la plage, une enfilade d'hôtels bungalows sur des kilomètres et des kilomètres... Surpris La petite route en terre que nous avons empruntée pour venir est en train d'être refaite en dur, et un ensemble de ponts en béton sont construits pour remplacer les ponts actuels tous en bois...

Il est 13h, nous avons tout notre temps pour nous trouver un logement. Comme le site n'est pas référencé dans notre guide nous nous renseignons auprès de la population locale. Tout le monde est catégorique: les maisons d'hôtes sont toutes interdites aux étrangers et les hôtels n'offrent que des chambres entre $30 et $100. Notre budget de $5 a $7 grand maximum est loin de faire l'affaire. Triste

On ne se décourage pas ! Allons voir tout cela de plus près. L'ambiance du village est déprimante. L'allée de bâtiments est en faite une succession de restaurant tous plus vide les uns que les autres bien qu'il soit 13h. Surpris Tout est neuf et sans charme. La population locale vit en fait derrière la façade des restaurants dans de pauvres habitations au milieu des détritus. Plus au sud si les hôtels pour la plupart luxueux sont assez bien intégrés au paysage la plage est sale voire très très sale. Un cour d'eau rempli d'immondices sépare les hôtels de la plage. Grosse peur

Deux jeunes birmans nous aident dans notre recherche d'une chambre pas trop chère. Mission impossible. Bien que tous les hôtels soient totalement vides, alors que c'est sensé être la saison touristique pour les locaux, on se refuse de faire baisser les prix des chambres pourtant ridiculement chers par rapport aux standards locaux. En désespoir de cause, et nullement prêts à accepter une chambre dégueulasse à un prix exorbitant dans ce bled sordide, nous nous renseignons sur la possibilité de rejoindre un autre village a 10 KM plus au nord. Il n'existe malheureusement pas d'autre route que celle qui repasse par Pathein à l'intérieur des terres, à moins de louer une barque de pêcheurs. Cette dernière idée nous plaît ! Large sourire

Nos jeunes compagnons nous en proposent une pour... $300. Surpris Nous convertissons le prix en monnaie locale et nos intermédiaires baissent immédiatement le prix à $20. Après renseignement, il y a un monopole pour la barque et le prix est de $25, plus du double du salaire mensuel moyen des pêcheurs du coin... Nga Saung n'est visiblement pas faite pour les "touristes budgets" et encore moins pour la population locale qui semble totalement mise à l'écart. Nous apprendrons plus tard qu'un général à la retraite possède tout le site.

IL est 15h, un vieux bus qui tombe en lambeaux nous attend : nous rentrons à Pathein. Nga Saung n'aura été qu'un mirage vide perdu au milieu de nulle part...

Enfants de Pathein Eric sur une barque à Pathein Grand enfant de Pathein Pêcheurs de Pathein
Une belle rencontre à Pathein      
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21 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Ombrelles et parties de billard

Un puissant courant charrie les eaux boueuses de la rivière de Pathein tandis que notre barque progresse sereinement.
Hommes, femmes et enfants ont pris place à bord avec leurs paquets ou leurs vélos et ont tourné vers nous leurs regards d'autant plus amusés que Marine arbore sa nouvelle ombrelle. Des rencontres nous ont déjà fait comprendre qu'elles trouvaient très drôle de voir une touriste sous cette ombrelle rouge framboise qui est traditionnellement la couleur des ombrelles des moines. Et le décalage a effectivement l'air d'amuser sans pour autant choquer ! Gêne Après tout, ce n'est qu'un détail pas beaucoup plus surprenant que les cheveux blonds et les yeux bleus !

Les locaux ont d'ailleurs progressivement abandonné ces ombrelles en bambou et coton pour les remplacer par l'international et "moderne" parapluie synthétique pliable fabriqué en Chine. Larme Une fois de plus, il n'y a que les touristes pour s'intéresser à ce que la population regarde comme étant désuet et c'est la même chose avec la musique quand le touriste cherche l'artiste authentique que plus personne n'écoute sur place ! Clin d'oeil Il s'agit en quelque sorte encore et toujours du même paradoxe qui pousse le touriste à aimer arrêter le temps alors qu'il participe par sa présence au mouvement des biens et des idées... Ironie

Une fois de l'autre côté de la rivière, il n'y a plus une maison en dur : la zone est inondable et toutes les constructions sont en bois sur pilotis. Ce n'est de toute évidence pas ce quartier qui va changer l'image paisible mais pauvre de Pathein, quatrième ville du pays mais où il ne circule pas une seule voiture ! Surpris En dépit de cette pauvreté matérielle, nous ne pouvons que louer la richesse de cœur des gens que nous croisons et qui nous invitent, le plus naturellement du monde et sans arrière-pensée, à nous asseoir à leurs côtés pour partager le spectacle d'un retour de pêche ou d'une partie du sport national. Ce dernier comprend 5 joueurs répartis sur ce qui ressemble à un terrain de volley et qui accomplissent d'impressionnantes acrobaties pour faire passer une petite balle en osier tressé (la même que pour le takraw thaïlandais) de l'autre côté du filet. Surpris

Un peu plus loin, le long du chemin de terre jaune, dans une cabane sur pilotis, un groupe de jeunes s'est rassemblé autour d'une table de billard. La scène nous interpelle d'abord à cause du contraste criant entre le dénuement des habitations et le luxe inattendu de ce matériel de jeu entretenu avec le plus grand soin. Nous nous attardons parmi ce groupe, sans pour autant réussir à comprendre les règles complexes de cette partie au cours de laquelle toutes les boules sont restées sur le tapis, aucune étant éliminée... Interloqué Plus tard encore nous croisons un groupe de jeunes filles que l'ombrelle rouge amuse. Cet accessoire s'avère décidément très pratique pour établir un contact avec les locaux et les jeunes filles finiront d'ailleurs même par se prêter à la séance photo pour ensuite rire aux éclats en se découvrant sur l'écran numérique. Rire
L'une d'entre elles finira par nous offrir une autre ombrelle de Pathein, plus petite et peinte, témoignage de la générosité des gens du Myanmar. Amour Ce séjour dans ce pays aura sans doute le très grand bénéfice de changer nos rapports avec les locaux : alors que l'Inde avait eu tendance à faire de nous des touristes sur la défensive, nous redécouvrons avec bonheur et comme au Moyen-Orient, qu'il est possible de partager avec un autochtone une relation qui soit dépourvue de connotation financière ! Respect

Eric et son ombrelle à Pathein Jeune femme de Pathein Joueur de billiard à Pathein Rivière de Pathein
Salle de billiard à Pathein      
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20 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Des sourires à profusion

Le prix de notre chambre d'hôtel comprend un petit déjeuner : "des plus ordinaire" nous prévient notre guide. Pourtant celui-ci a de quoi nous combler ! Large sourire Fruits en tout genre (et surtout inconnus) en abondance, gâteaux faits maison, œuf a la demande, toast, beurre, confiture, café, thé... Miam Nous mangeons tellement que nous n'aurons plus faim avant la soirée.
Il faut dire, une fois n'est pas coutume, que l'hôtel Taan Taan Ta, connu de tous à Pathein, mérite qu'on le recommande. L'accueil est excellent et tout le monde est aux petits soins. Roi Notre chambre est propre, spacieuse et lumineuse. Ce dernier point a son importance dans une région où il n'y a de l'électricité que dans la soirée, si ce n'est quelques heures par-ci par-là dans la journée. Si, si Pathein est bien la 4ème ville du pays. Interloqué

Alors que nous visitons la grande Pagode de la ville un homme nous accoste. Il parle très bien anglais et dit avoir été guide à Yangon. Il a en tout cas l'habitude des touristes. Sans s'imposer pour nous vendre ses services de guide, notre homme nous donnera gracieusement de très précieux conseils pour visiter la région et la ville de Pathein. Il nous livrera au passage le secret de beauté des femme du Myanmar, qui se badigeonnent le corps avec de la poudre d'un bois du centre du pays, le Thanakha (Linoria acidissima pour les experts Clin d'oeil). C'est la même poudre dont tout à chacun que nous croisons dans les rue s'enduit les joues.

En début d'après-midi nous ne résistons pas au plaisir de visiter l'une des fabriques familiales et artisanales de parasols et ombrelles qui font la renommée de Pathein.
Le fils du patron nous accueil a bras ouverts, même si ce n'est pas avec l'unique ombrelle qu'il nous vendra au prix de gros qu'il fera fortune. Son entreprise a en effet l'air florissante: la plupart de sa production en flux tendu part à l'exportation vers l'Europe par containers entiers. Notre homme aime son métier et c'est pour notre plus grand bonheur qu'il nous détaille son savoir-faire et toute sa gamme de produits, tous plus beaux les uns que les autres. Il s'en fallait de peu pour que nous aussi nous nous remplissions notre propre container ! Clin d'oeil

Dans la rue les rencontres s'enchaînent et ne se ressemblent pas.
Tout ceux qui parlent un tant soit peu anglais semblent prendre sur leur timidité naturelle pour venir nous saluer, jusqu'à ce professeur d'anglais qui nous invite dans sa classe. Chaque rencontre est amicale, jamais trop insistante, souvent touchante. Nos interlocuteurs débordent d'émotions et parfois de frustrations tellement ils ont envies de nous crier leur détresse face à l'oppression de leur gouvernement et face à leurs difficultés économiques. Mais tout ce qu'ils attendent de nous est un sourire, notre présence semble suffire à les remplir de joie. Rien que pour cela nous ne regrettons pas d'être venus. Large sourire

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19 mars 2004 Myanmar Myanmar - Pathein

Love Boat...

Chaque pont du bateau portait un quadrillage avec des numéros et nous avons passé la nuit la tête sur nos sacs, sur un emplacement d'environ 3 mètres carrés du pont intermédiaire, entourés de toutes parts de familles birmanes. L'ambiance à bord s'est très vite avérée étonnamment calme et détendante alors que nous nous inquiétions d'une telle promiscuité qui aurait pu être éprouvante pour des Occidentaux. Siffle
Derrière nous s'est installée toute une famille avec deux jeunes filles timides et comme hypnotisées, devant nous une autre famille dont le père est pasteur et possède quelques notions d'anglais, à gauche une femme édentée et son jeune fils ému d'avoir laissé son père sur le quai, à droite une famille dont les membres pouffent de rire dès que nos regards se croisent.

Au début du voyage, nous avions un peu l'impression d'être deux spécimens d'Indiens d'Amérique Latine exhibés en Europe par des conquistador à la fin du XVe siècle. Nous nous demandions d'ailleurs quelle plume de notre costume produisait le plus d'effet sur l'assistance ! Gêne Puis, dans la soirée, des liens se sont tissés progressivement quand, au fil des sourires et des regards, nos voisins les moins timides ont osé s'adresser à nous. S'en est suivi un échange de formules d'usage, de considérations métaphysiques avec le pasteur, de sourires complices...
Par la suite, chacun de nos voisins a pioché dans ses abondants paniers de provisions pour nous nourrir et nous souhaiter la bienvenue. Roi Nous avions oublié jusqu'où pouvaient aller de telles cultures de l'accueil et nous en sommes sincèrement touchés !

Tout devenait plus calme à bord alors que la lumière faiblissait et que, sur les berges du delta, des maisons en bambou sur pilotis se devinaient à la lueur de feux de bois.
Alors que tout le monde avait commencé à s'endormir, notre bateau en effleura soudain un autre et une douzaine de vendeurs ambulants dont des enfants surgirent en hurlant sur le pont, proposant œufs durs, poulet, tapis en palmes tressées, fleurs coupées, préparations à base de riz dans des feuilles de bananiers, galettes... Surpris D'autres vendeurs feront le même type d'intrusion au petit matin, après une nuit au cours de laquelle tout le monde semble avoir dormi comme une souris dans la farine ! Endormi

Le bateau arrive finalement à Pathein en fin de matinée avec la bagatelle de 4 heures de retard. Un homme en uniforme nous attend à quai pour nous faire remplir une "fiche d'arrivée" Interloqué et nous pouvons enfin faire connaissance avec la quatrième plus grosse ville du pays (200 000 habitants) qui doit son importance à son activité portuaire. Nous voulons bien croire que la navigation reste ici le meilleur moyen de circuler et cette croisière nous aura révélé toute une vie qui tourne autour du fleuve. Au demeurant, nous sommes agréablement surpris par le calme ambiant dans la ville et notamment dans le second plus gros port du pays après Yangon : hormis notre bateau toujours à quai, on observe quelques barques disséminées sur les eaux laiteuses et propulsées par ces curieux rameurs qui croisent leurs pagaies pour pouvoir rester debout. Large sourire

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18 mars 2004 Myanmar Myanmar - Yangon

Produit de luxe

La vie au Myanmar n'est pas beaucoup plus chère qu'en Inde, voire un peu moins chère. S'il y a une classe dominante (hommes d'affaires, officiers supérieurs, trafiquants de drogues...) extrêmement riche, la très grande majorité de la population est très pauvre. Seul "hic" pour les "voyageurs budgets", le touriste est aux yeux du gouvernement un produit de luxe qui se doit d'être "surtaxé"... Triste Tout au long de notre voyage nous nous sommes résignés à devoir payer la plupart des entrés des musées et des monuments au prix fort, voir très très fort comme c'est le cas avec le Thaj Mahal. Mais le gouvernement du Myanmar va plus loin. Il a décidé également de "surtaxer" le touriste sur le logement et les transports. Nous devons payer de 25% a 1000% plus cher que les locaux, quand nous ne sommes pas les seuls a devoir payer une taxe (ex : Parcs et Pagodes.) Interloqué

Par exemple, pour nous rendre dans le sud-ouest du Myanmar nous avons la possibilité de prendre le bateau. Seulement les billets nous sont vendus 10 fois plus cher que le prix local: $7 par personne au lieu de 70 cents pour dormir par terre et $84 la cabine (très basique) pour deux. Grommelle
Pour éviter le bateau nous pouvons toujours prendre le bus, mais il faut réserver son billet à l'avance à la gare de bus située à 4h aller et retour en transport en commun, ou prendre un taxi aller et retour pour $6 ! Mais le bus est lui aussi "surtaxé" pour les touristes qui paient généralement entre $3 et $4 au lieu du $1,25 pour les locaux. Une fois dans le bus, il faut ensuite rajouter une taxe touristique de $5 par personne pour rejoindre la côte. Canon

Les prix sont exigibles en US$, ou si vous avez de la chance en Euro, mais à parité avec le $ (soit pas loin de 25% plus cher...). Colère

Le calcul est donc vite fait et nous optons pour le pont du bateau, qui nous fait économiser une nuit d'hôtel par rapport au bus. Il faut aussi dire que l'idée de voyager et de dormir par terre au milieu des locaux n'est pas pour nous déplaire.

Nous ne regretterons pas notre choix : à peine arrivés a bord tout le monde se tourne vers nous et nous accueille avec un large sourire. Pas de doute nous sommes ici les bienvenus ! Large sourire

Port à Yangon Sur le bateau vers Pathein Sur le bateau vers Pathein Sur le bateau vers Pathein
Vue du bateau  vers Pathein      
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17 mars 2004 Myanmar Myanmar - Yangon

Sous le soleil de Yangon

Nous commençons cette journée par un agréable petit déjeuner en compagnie d'une Hollandaise, d'une Israélienne et d'un Suédois, qui finissent tout juste quinze jours de voyage au Myanmar. Large sourire Leurs expériences nous confortent dans notre choix de nous concentrer sur une région proche de la capitale, et d'éviter le marathon des zones les plus touristiques. Le Myanmar ne manque pourtant pas de sites qui semblent vraiment remarquables, mais nous avons envie de ralentir le rythme, de nous laisser imprégner par l'ambiance des villes et des villages que nous pourrons traverser, et autant que possible, de passer plus de temps avec la population locale. Les contacts chaleureux et faciles du Moyen-Orient nous manquent et le Myanmar semble être idéal pour faire des rencontres, le tout dans une ambiance plus agréable pour Marine. Clin d'oeil

Nous commençons par flâner dans Yangon. Loin de l'agitation effrénée de Damas, Delhi ou Téhéran, Yangon nous fait l'effet d'une dynamique petite ville de province... Large sourire Le trafic y est réduit et il fait bon s'y promener. Nous nous mettons vite au bus, parce qu'ici il n'y a pas de rickshaw et que les taxis sont beaucoup plus chers.

En fin d'après-midi nous allons visiter l'extraordinaire Shwedagon Paya (Pagode Bouddhiste), qui domine la ville du haut d'une colline.
Le site est une pure merveille ! Amour Au centre s'élève une magnifique stupa (édifice en forme de cloche contenant des reliques ou image du Bouddha) couverte d'or. Tout autour se trouvent une multitude de petits bâtiments qui abritent des milliers de statues du Bouddha et de ses disciples, ainsi que de "démons".
L'ensemble, pourtant fouillis, ne manque pas d'harmonie. Les magnifiques arbres et palmiers contribuent à créer une atmosphère sereine et contemplative. La ferveur bienveillante des pèlerins nous met tout de suite à l'aise. Un jeune moine vient à notre rencontre. Bien qu'il ne parle pas très bien anglais, il a une irrésistible envie de communiquer avec nous: ça tombe bien nous aussi ! Respect

Pendant les 2h que nous passerons ensemble il nous racontera sa vie au monastère et dans son village. Il nous expliquera sa fierté, lui le petit paysan méprisé, perdu au milieu de ses 8 frères et sœurs, d'être aujourd'hui respecté et vénéré par tous ses concitoyens parce qu'il est moine. Oh, c'est sûr, ce n'est pas la vocation qui l'étouffe, mais il a l'air d'être tellement plus heureux d'être dans son monastère que dans les champs de son village ! Clin d'oeil

Alors que nous marchons, le petit moine prend fièrement la main d'Eric dans la sienne : les regards n'en deviennent que plus insistants, et d'autant plus bienveillants. Roi

Nous finissons cette belle journée dans l'un de ces restaurants de rue que nous affectionnons tant. Une fois encore nous y mangerons à merveille pour 10 centimes d'Euro. Miam Ici les sourires sont la plus grande richesse des gens. Amour

Divinité fumeuse de cigarettes à Schwedagon Paya à Yangon Le moine et Eric à Yangon Schwedagon Paya à Yangon Schwedagon Paya à Yangon
Schwedagon Paya à Yangon      
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16 mars 2004 Myanmar Myanmar - Yangon

Arrivée à Yangon

Fin de matinée, nous atterrissons à Yangon, capitale de l'état du Myanmar, connu pour ses gouvernants successifs peu scrupuleux vis-à-vis des Droits de l'Homme. Colère
Nous nous étions d'ailleurs demandé s'il n'était pas préférable d'éviter de tels pays où le tourisme finance bien souvent la dictature et non les initiatives privées. Vaste débat que nous avons choisi de trancher en partant dans l'idée de rechercher au maximum les échanges avec la population et évitant tant que possible les compagnies publiques. Et puis on aime bien l'idée d'aller se faire une opinion par nous-mêmes, dans un pays où les journalistes ne sont toujours pas les bienvenus.

Toujours est-il que le Myanmar n'est pas le genre de pays qui s'aborde l'esprit tout à fait serein la première fois tant il est difficile de savoir à quoi s'attendre. A ce propos, nous avons lu dans notre guide que la douane confisque les ordinateurs portables et le matériel informatique à l'aéroport et nous redoutons le pire pour notre pocket P.C. et son clavier... Gêne Il est en somme facile d'imaginer un service d'immigration tatillon et borné qui nous obligerait à nous fendre de quelques Euros...
Mais il n'en est rien : nous passons sans encombres Siffle, sans avoir à acheter des FEC, cette monnaie bidon créée par le gouvernement à l'usage exclusif des touristes pour payer les prestations publiques comme l'hébergement, les transports, les musées... En réalité, cette monnaie devait être achetée à l'arrivée pour un montant de 200 dollars par personne, somme qu'il allait ensuite falloir dépenser... Comme quoi tout évolue !

Confiants, nous partons à la découverte de Yangon et nous nous surprenons à observer, non sans une certaine nostalgie, les éléments de la culture birmane qui matérialisent le lien entre l'Inde et la Thaïlande.
Ah ! La poussière, les couleurs, le bruit (celui des vieilles voitures mais aussi des marchands qui crient), ces mêmes gros corbeaux qui planent au-dessus des toits, tous les petits métiers et leurs échoppes omniprésentes, mais aussi ces éclaboussures rouge sang sur la chaussée, crachées par les mâcheurs et mâcheuses de bétel ; tous ces éléments de vie qui nous propulsent quelques semaines en arrière, encore en Inde. Large sourire
Tiens, ici à la différence de l'Inde, on roule à droite mais nous n'oserions pas l'affirmer avec certitude étant donné que les volants sont indifféremment à droite ou à gauche dans les voitures ou même les bus ! Interloqué
En revanche, un brassage a indéniablement eu lieu avec l'Asie et qui est perceptible à la grande variété de types morphologiques, mais aussi et surtout au sourire qui se dessine sur presque chaque visage que nous croisons. Large sourire Dans les rues de Yangon, les hommes portent presque tous un longi, ou longue jupe nouée à la taille et ce sont des moines ou des nonnes bouddhistes qui remplacent les sâdhus indiens. Surpris
Autre preuve de rupture avec la culture indienne : les commerçants nous donnent le prix juste et nous ne décelons que peu de tentatives de petite ou grosse arnaque. Clin d'oeil
Mais ne nous réjouissons pas trop vite car ici a cours la plus imparable des arnaques : le racket orchestré par le gouvernement. Soupconneux En effet, il semble impossible d'y échapper quant on est étranger : le gouvernement fait appliquer des tarifs bien supérieurs à ceux des locaux (ce qui est fréquent dans bien des pays pauvres direz-vous), mais appliqué ici de manière beaucoup plus large et systématique. Colère

Un petit exemple de racket officiel et systématique, pas bien méchant celui-là, nous est offert en fin d'après-midi alors que nous poussons la grille d'un square dans l'intention de nous détendre à l'ombre d'un arbre du voyageur. Nous avons a peine foulé les gravillons de l'allée qu'une femme en uniforme surgit de sa guérite tel un diable de sa boîte pour nous réclamer 50 K par personne. Surpris Bon, d'accord, ce n'est pas grand chose : 100 K pour deux soit le prix d'une bouteille d'eau mais, alors que nous observons les locaux qui traversent le square ou s'y prélassent en famille sans rendre de comptes à qui que ce soit, nous pressentons que ces petits extras pour le cher gouvernement vont sans doute représenter un des principaux obstacles à surmonter dans ce pays. Soupconneux
N'y pensons pas pour le moment et laissons-nous plutôt séduire par ces visages épanouis aux joues peintes de jaune des femmes et enfants si souriants... Amour

Portrait Birman Rue de Yangon Rue de Yangon Rue de Yangon
Trottoir de Yangon      
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15 mars 2004 Thaïlande Thaïlande - Bangkok

Une conclusion sur l'Inde

Nos visas enfin dans la poche, nous sommes sur le point de reprendre notre chemin en rejoignant le Myanmar. Il est donc temps de fermer le chapitre de l'Inde. Plutôt que d'écrire nous même une conclusion, voici un texte d'Olivier Germain-Thomas, extrait de son livre "La tentation des Indes" et qui exprime a merveille notre ressenti ! Large sourire

"Le voyage en Inde est un voyage dans le temps plus que dans une autre conception du monde. J'imagine les voyageurs du siècle dernier, tout cravatés qu'ils étaient, plus à l'aise avec le rythme de vie des Indiens et leurs conceptions de la vie et de la mort, que les hippies d'aujourd'hui, costumés à l'indienne et la cervelle tartinée de Veda en pocket book, mais nés dans un monde coupé de la respiration de la nature. Les voyageurs grecs qui furent nombreux à se rendre en Inde, de Mégasthène à Appollonius de Thyane, l'abordaient comme un pays aux rites familiers; ils y trouvaient des Dieux comparables aux leurs, et une sagesse qui ne choquait nullement leur prétendue "raison". L'omologoumenos ti phusei qu'on répétait sous la Stoa est un écho à la pensée de la Bhagavad Gita: "Quel qu'il soit, celui qui agit conformément à sa nature atteint la perfection."
Je sais maintenant qu'on raconte n'importe quoi sur l'Inde, sur sa nature qui serait imperméable à la nôtre. Il s'agit tout simplement d'une société agricole, sédentaire et traditionnelle, avec un sens du temps cyclique lié aux lunaisons et à la mousson, un respect divin de la vie, un ritualisme pointilleux associé à un fatalisme devant les pulsions de la nature, et qui s'est préoccupé, probablement plus que partout ailleurs, de la maîtrise du psychisme et de son pouvoir sur les éléments matériels. Qu'a-t-elle à nous apporter ?
C'est la seule question sérieuse car, après tout ce qu'elle est dans son essence ne nous importe que dans la mesure où elle peut nous changer. Il y a d'abords la beauté, non pas seulement celle de la terre ou des temples, mais celle dont l'homme s'est revêtu dans la vie quotidienne. Si je lui étais dévot plus fidèle, je pourrais oublier ici mes questions et m'abandonner à ses bras. Regarder le soleil se coucher sur un des temples du Sud tout bruissant encore de la pûjâ est peut-être le dernier plaisir sacré que l'homme d'Occident peut s'offrir avant la nuit qui s'annonce. Mais il y a aussi ce lien avec la globalité de l'univers, cette manière de ne plus concevoir l'homme isolé, de le comprendre dans son ensemble où les différentes composantes de son humanité : corps, esprit, âme ou conscience interfèrent les unes avec les autres en un mouvement global. Et même si l'Inde a perdu les secrets qui ont pu la conduire dans ces zones où l'Unité est une expérience vécue, elle garde des parfums de cette ancienne union et, qui sait ? pourrait encore nous instiller.
Je connais maintenant les conditions qu'elle pose et c'est pour ne pas les avoir remplies que j'ai si peu avancé. Aucune progression, d'aucun ordre, ne peut se faire sans un engagement de l'être complet. L'intellect n'est là que comme une main qui peut à la rigueur attraper le fruit. Ensuite, il s'agit de le manger et, ainsi, de transformer nos cellules."

"On n'arrive pas au Soi par des enseignements, ni par l'intelligence, ni par le savoir. Il est atteint par celui qui se dédie à lui. A celui-là, le Soi révèle sa forme. Celui qui n'a pas renoncé à l'action, qui n'a pas trouvé la paix, qui ne sais pas se concentrer, qui n'a pas réduit sa pensée au silence ne peut atteindre le Soi par la seule force de l'intelligence" (Katha Upanishad)

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14 mars 2004 Thaïlande Thaïlande - Bangkok

Remise en forme

D'abord déçus par les quelques jours perdus avec cette histoire de visas, nous tâchons finalement d'en tirer profit en allant visiter le Grand Palais et élargir notre périmètre de rayonnement sur Bangkok. Roi
Ce faisant nous constatons, rassurés, que les chauffeurs de tuk-tuk (équivalent thaïlandais du rickshaw) ont ici aussi une imagination débordante pour en faire le moins possible... En effet, après avoir été assez conciliants pour aller visiter un emporium (de ces établissements qui commissionnent les chauffeurs en bons d'essence), nous nous entendons dire par notre chauffeur qu'il n'a plus le temps de nous conduire à destination avant de céder son véhicule au chauffeur suivant, mais que justement le bus dont l'arrêt est devant nous nous y mènera. Colère
Encore peu au fait des mentalités, nous employons la méthode ferme-mais-douce en refusant de bouger du véhicule. Siffle Nous ignorons encore si cette technique est la panacée ici mais toujours est-il qu'avec un peu de patience nous sommes arrivés à bon port et sans violence s'il vous plaît... D'ailleurs personne n'a perdu la face dans cette histoire car c'est un autre tuk-tuk qui a fini la course, payé par le premier. Large sourire

Enfin nous pouvons visiter la société Siam, genre de centre culturel national. Nous y trouvons, en plus de gens charmants généreux de leur culture, une riche bibliothèque historique et une superbe expo de photos comme nous aimerions tant savoir en prendre.