| 31 mai 2004 |
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Il ne faut jamais sous-estimer la force des ancêtres !
Un jour, en tous cas, un jeune prince des îles Sumba en Indonésie a été puni par les esprits des ancêtres car il s'était cru assez malin pour négliger le culte qu'il devait à ses aïeuls. Du coup, un scorpion est venu lui manger le sexe !
Cette sanction l'aurait calmé à jamais, faisant de lui un hermaphrodite.
C'est en tous cas la légende que nous raconte Fabrice, un Français très sympathique qui a longtemps vécu dans ces régions avant de s'installer à Luang Prabang, au sujet de la statuette Marapu dont nous venons de faire l'acquisition. Il s'agit d'un personnage en calcaire d'une dizaine de centimètres de hauteur, présentant une face mâle et l'autre femelle (ce nouveau sexe le caractérisant depuis l'épisode avec le scorpion
), le tout dans une posture délicieusement ridicule suggérant l'humilité. ![]()
Nous n'irons sans doute pas de sitôt visiter les îles Sumba, mais ces croyances et cultures animistes nous intriguent. En tous cas un après-midi comme celui-ci, à discuter d'Inde et d'Asie et à écouter les histoires de Fabrice et Jade est incontestablement une agréable façon de passer le temps pendant que les pluies diluviennes envahissent les rues. Nous en profitons donc pour comprendre quelques ficelles pour monter un business dans des pays dépourvus de droit écrit et à la vision plutôt court-termiste mais où il reste possible de se faire plaisir en allant fouiner du côté des tribus reculées et dégoter des bibelots originaux... ![]()
| 30 mai 2004 |
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Rien de tel qu'une œuvre caritative pour bien commencer la journée ! Dès le réveil nous retrouvons Stéphanie et Delphine devant les locaux de la Croix Rouge. Cet organisme a en effet trouvé un moyen très astucieux pour diversifier ses ressources en vendant des massages dont l'efficacité est maintenant reconnue par tous les routards du coin !
Il ne nous en faut pas plus pour nous décider à faire une B.A. et recommander ensuite chaudement l'adresse.
Nous conseillerions aussi au visiteur les cascades de Tad Kouang Si, à une trentaine de kilomètres. Le site est magnifique et, en cette saison où la cascade ne connaît pas son plus fort débit, il est possible de l'escalader et de s'y baigner. ![]()
Nous en profitons d'autant plus que le temps est à l'accalmie. Et oui, cela n'était pas évident car, ces derniers temps, nous avons un peu joué au chat et à la souris avec la pluie qui peut parfois tomber toute une journée sans discontinuer et tout paralyser ! ![]()
| 29 mai 2004 |
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Nous rejoignons Delphine (rencontrée à Nong Khiaw), qui a pris rendez-vous avec Emmanuel Pouille de la Maison du Patrimoine où sont gérés des fonds français pour soutenir le développement de Luang Prabang classée au Patrimoine de l'Humanité.
Au-delà des noms qui impressionnent (UNESCO, Patrimoine de l'Humanité...), tout le succès de ces grands projets de sauvegarde semble dépendre de la volonté et de l'acharnement de quelques passionnés,
canalisant au mieux l'avancée inexorable ici du tourisme, là de l'industrie, ou de l'ouverture de nouvelles routes commerciales...
Au Laos comme au Cambodge, il n'existe pas vraiment de droit écrit.
Faire respecter une charte ou un règlement s'avère être un exercice de longue haleine. On nous explique que l'inertie locale est considérable, plus par manque d'éducation et donc d'intérêt que par malveillance.
Cependant, la pression économique et politique des puissants voisins, Thaïlande en tête, oblige à être réactif si on ne veut pas voir s'imposer une logique du profit à court terme capable de balayer les résistances locales à coups de dollars.
Grâce à ces hommes et à ces femmes, Luang Prabang a réussi à mettre en valeur un charme colonial provincial et renaît maintenant avec le tourisme. La majorité des visiteurs fait le voyage depuis la Thaïlande sur deux ou trois semaines de vacances.
Se mélangent donc dans une ambiance nonchalante routards au long cours et vacanciers. Une caractéristique pour distinguer les deux : les voyageurs en provenance des zones reculées ont adopté les habitudes locales impliquant notamment qu'on ne se dénude pas trop; alors que les touristes de passage profitent des quelques rayons de soleil pour célébrer sans pudeur la fin de l'hiver européen. ![]()
Luang Prabang marque pour nous le début du retour vers des zones touristiques un peu plus balisées qui devraient représenter notre quotidien pour les semaines à venir.
| 28 mai 2004 |
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L'avantage indéniable des maisons d'hôtes un tantinet spartiates est de favoriser les rencontres.
Nous formons donc maintenant une petite équipe fort sympathique de 8 membres pour affréter un bateau qui nous conduise sur 200 kilomètres le long de la rivière Nam Ou jusqu’à Luang Prabang.
La Nam Ou, grand affluent du Mékong, vient des hautes montagnes aux confins du Laos et du Yunnan (Chine) et serait une des plus belles rivières du Laos.
Elle est moins longue, moins large et plus profonde que le Mékong dans lequel elle se jette au niveau des grottes de Pak Ou. Elle traverse de merveilleux paysages de montagnes rocheuses et boisées, coule dans des vallées encaissées, décrit des méandres paresseux, où se cachent des plages de sable, et arrose en les fertilisant les berges et les jardins des villages laos. Aujourd'hui, à défaut de routes praticables, la Nam Ou sert encore de voie de communication économique aux régions enclavées du nord-est.
La traversée dure 6 heures au cours desquelles nous évitons de justesse un gros orage.
Une Laotienne a pris place à l'arrière du bateau - la femme du pilote d'après nous - et passe toute la croisière à écoper l'eau qui s'infiltrait entre les planches... ![]()
En arrivant à Luang Prabang en milieu d'après-midi, nous découvrons une charmante bourgade très calme dont l'architecture coloniale nous fait immédiatement penser à la ville de Savannakhet qui aurait été restaurée. ![]()
| 27 mai 2004 |
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Dans les montagnes du nord du Laos, nous avons décidé de marquer une pause à Nong Khiaw d'où nous pourrons rejoindre Luang Prabang par bateau sur la rivière Nam Ou.
En réalité il n'y a pas grand chose à faire à Nong Khiaw, si ce n'est profiter d'un cadre magnifique enclavé dans les montagnes recouvertes de jungle et se balader dans les villages voisins le long de chemins de terre rouge.![]()
Ce site stratégique à la beauté suffocante est un rendez-vous très apprécié des routards, souvent en provenance de Thaïlande ou du Vietnam et qui trouvent ici d'accueillantes maisons d'hôtes où souffler quelques jours. Il s'agit toujours de bungalows ou de cabanes rudimentaires à partir desquels le visiteur est sensé imiter la vie locale : se doucher dehors à l'aide d'un bol en plastique, se laver les dents dans les fleurs et passer une bonne partie de la journée à bavarder en regardant les papillons virevolter dans la nature environnante... ![]()
Cool mais pas de quoi nous tenir occupés une semaine !
| 26 mai 2004 |
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Tous les lecteurs attendent avec impatience le récit de journées comme celle d'aujourd'hui au cours de laquelle, après un lever à 5 heures, nous passons plus de 15 heures entassés dans un vieux bus trop petit, le postérieur collé au revêtement en plastique de banquettes minuscules, entre bébés à forte odeur d'urine, sacs de poissons et passagers voyageant avec leurs oiseaux de compagnie, affolés et piaillants sur un bâton, un fil de coton à la patte ! Et tout cela en plus de l'auto-radio braillant, pour parcourir même pas 400 kilomètres jusqu'à Nong Khiaw !
Au moins cela nous a-t-il permis de profiter d'un merveilleux spectacle, au lever et au coucher du soleil, lorsque les nuages naissent des creux de cette jungle épaisse et semblent vouloir s'y attarder comme sur un tapis moelleux.
Mais cette jungle est par endroits dévastée par des incendies intentionnels et ce sont ces mêmes incendies qui rendent parfois la progression de notre bus aléatoire. En effet, quand des pans entiers de la forêt sont brûlés, le terrain n'est plus stabilisé par les racines et risque une dégringolade à la prochaine pluie. Et quand ces incendies ont eu lieu en aplomb de la route, c'est cette dernière qui est menacée par d'importantes coulées de boue que nous constatons par endroits, accompagnées d'imposants cailloux qui vont parfois jusqu'à entraîner une partie de la route dans leur chute. ![]()
Nous sommes sans doute loin de savoir tout ce qui peut bien se tramer dans cette forêt mais avons en tous cas appris qu'une partie haute de la jungle a été brûlée par des tribus locales qu'on appelle les Méo. Même si nous avons croisé des représentants de cette tribu un peu partout dans les montagnes ces derniers temps, les Méo restent une ethnie assez mystérieuse, à qui on attribue des origines mongoles et dont on sait qu'elles ne peuvent vivre qu'au dessus de mille mètres et au nord du 21e parallèle. Ses représentants seraient en effet incapables de supporter, même pour une courte période, un climat autre que froid ou tempéré.
A ces caractéristiques vient s'ajouter le fait que les Méo vivent encore en autarcie. Ils n'ont même pas la télé !
Leur passion pour la liberté les oblige à vivre dans de minuscules villages en bois, bambou et palmes et ils ne tolèrent aucun chef. Ils vivent d'ailleurs dans une démocratie intégrale : ils travaillent tous dur (et il n'y a pas d'aristocratie oisive qui édicterait des canons esthétiques ou de raffinement), sans aucun esprit d'émulation bourgeois, aucun modèle à imiter. Les Méo n'ont à faire plaisir qu'à eux-mêmes et il en résulterait d'ailleurs une certaine anarchie. ![]()
Les Méo ont aussi une particularité étrange dans le sens où il s'agit du seul peuple d'Indochine à ne pas se sentir concerné par les esprits maléfiques. Leur indifférence totale à l'égard des fantômes et des démons qui hantent leurs voisins leur a vallu un prestige énorme auprès de ces derniers, prestige qu'ils prennent bien soin de cultiver. Jusqu'à peu, ils aimaient à encourager la croyance, très courante chez les Thaïs, qu'ils étaient des loups-garous et qu'ils avaient le pouvoir de se métamorphoser en tigre. ![]()
Les enfants sont élevés très librement et l'acte sexuel avant le mariage est généralisé. Il existerait des "bosquets sacrés" où les jeunes filles s'offrent disons, assez librement. En tous cas nous pouvons faire le rapprochement avec le panneau des règles à respecter de l'office de tourisme de Samneua où figure avec dessin explicite à l'appui l'interdiction pour un étranger de forniquer dans les buissons avec une locale !
On nous apprendra plus tard que, du temps des colonies, on pouvait trouver des cartes répertoriant scrupuleusement tous ces bosquets et qu'elles étaient très prisées par les garnisons françaises dans le Tonkin.
Pour en revenir à ce qui concerne la forêt, les Méo sont tristement célèbres pour leurs cultures sur brûlis qui ont pour conséquence d'épuiser relativement vite la terre et de les contraindre à changer souvent de champs. Le village est même régulièrement obligé de déménager lorsque les habitants ont épuisé toutes les terres des environs !... ![]()
| 25 mai 2004 |
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Le bus vers Luang Prabang n'est pas parti ce matin et nous n'en saurons jamais la raison... Cela ne nous inquiète pourtant guère plus que Britta avec qui nous effectuons un bout de route et qui avoue aussi avoir progressivement, presque imperceptiblement, senti s'installer les mêmes symptômes : perte d'énergie et paralysie sournoise de la volonté. Quand nous nous rappelons ce dont nous étions capables le mois dernier et comment, à Angkor, nous avons parfois marché des kilomètres sous un soleil mordant, nous pouvons bel et bien juger notre léthargie croissante.
En effet, nos forces se sont depuis épuisées. Nous ne marchons que lentement et attendons avec impatience les jours tranquilles à faire la sieste. Celle-ci mange une part de plus en plus importante de la journée et a même parfois tendance à durer tout l'après-midi. ![]()
Nous avons d'abord mis cette apathie sur le compte de la chaleur particulière à laquelle même les autochtones ne s'accoutument jamais et qui a profondément influencé leur histoire. Norman Lewis va jusqu'à y voir un facteur déterminant dans l'évolution des cultures indochinoises lorsqu'il explique le périple des peuples des montagnes descendus dans les vallées chaudes où la vie était plus facile. Tant qu'il leur restait de l'énergie, ils ont construit des civilisations brillantes et fantasques qui n'eurent jamais la chance de se développer. Selon lui, ils sombrèrent rapidement dans une décadence tranquille et adoptèrent des religions qui convenaient à ce déclin et qui l'alimentaient même. Ils seraient ainsi devenus des experts en sommeil.
Il faut reconnaître que Samneua est en léthargie en cette saison après le déjeuner et que pas grand chose ne bougera avant 5 heures du soir !
| 24 mai 2004 |
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Norman Lewis demandait en 1950 à son interlocuteur vietnamien combattant les troupes françaises si les pertes étaient lourdes : "Il répondit que pratiquement tous ceux qui étaient dans le mouvement au départ avaient été tués. Tous sauf les intellectuels, ajouta-t-il ensuite. Les intellectuels ne se laissent pas tuer."
C'est dans les montagnes au nord est du Laos que nous avons l'opportunité de mieux comprendre la portée de cette citation. ![]()
A une petite trentaine de kilomètres de Samneua autour du village de Vien Xai se trouve un ensemble de 400 grottes dont quelques unes artificiellement creusées dans la montagne. C'est ici, bien à l'abri, que les dirigeants communistes menaient, appuyés par les Viêt-minh, la guerre contre le pouvoir en place soutenu par les Etats-Unis.
Toute la région a été allègrement bombardée par l'aviation américaine. Mais en découvrant l'impressionnant réseau de tunnels et de grottes camouflées, on comprend vite pourquoi les "intellectuels" étaient bien protégés. ![]()
Notre excellent guide ne manquera pas de nous préciser fièrement que Fidel Castro et Le Ché ont eux aussi séjourné dans ces grottes. ![]()
On nous explique très officiellement comment les bombardiers américains n'ayant pu atteindre leurs objectifs vietnamiens, venaient se "débarrasser" de leurs bombes sur la région qui est encore aujourd'hui infestée d'explosifs en tous genres. ![]()
Si le succès stratégique de la politique de "containment" des blocs rouges est incontestable après la chute de l'URSS et l'évolution disons libérale du Vietnam, du Laos et semble-t-il de la Chine, on ne peut s'empêcher d'être interpellés par les "dommages collatéraux" que nous découvrons: victimes civiles des bombes, patrimoine détruit, traumatisme psychologique, trafic de drogue, prostitution... ![]()
Cette question devient d'autant plus sensible que nos sociétés qui réfléchissent de plus en plus au niveau individuel et non à celui de la nation, acceptent d'autant moins les massacres d'innocents "pour la cause", comme l'a montré l'exemple irakien.
| 23 mai 2004 |
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A 7 heures nous embarquons à bord du véhicule censé nous conduire à la frontière avec le Laos. En nous saluant, l'hôtelier accompagne son signe de la main d'un "à tout à l'heure !" particulièrement rassurant, ajoutant qu'il ne pensait pas que la frontière puisse être ouverte aux étrangers avant 2005...
Dans le doute, nous avons obtenu de pouvoir revenir avec le chauffeur, cas échéant... ![]()
Comme souvent dans ces zones frontalières, les paysages demeurent encore sauvages et préservés. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de route pour desservir ces villages authentiques que nous traversons, blottis au creux d'une forêt très dense. Tel Jacques Chirac le soir de sa première élection, nous saluons les villageois, peu habitués à observer d'aussi étranges faciès...
Lorsque nous entrons dans un petit troquet pour la pause-déjeuner, c'est l'effervescence : l'assemblée se lève comme un seul homme pour trinquer avec nous avec du saké local.
Une nouvelle amitié franco-vietnamienne sera également scellée ce midi à l'aide d'un imposant calumet qui ressemble d'ailleurs étrangement à une pipe à opium. ![]()
Après 7 heures de route pour parcourir les 200 Km, nous n'avons croisé quasiment aucun véhicule et le poste frontière semble étrangement calme...
Mais les hommes en uniformes ne sont pas surpris outre mesure par notre présence et nous apprennent que la frontière est effectivement ouverte depuis 3 mois ! La preuve que l'information aussi circule difficilement sur ces routes cahotiques !
De là, nous rejoignons à pied et sans encombre le poste Lao, composé de 4 bicoques en bois et de poules, rien de plus. Nous découvrons alors, oh surprise !, que nous ne sommes pas du tout arrivés là où nous croyions... En effet, si nous avions plus ou moins précisément localisé Naméo sur notre carte assez détaillée du Vietnam, la médiocrité de notre carte du Laos nous a fait faire une erreur de plus de 100 KM vers le sud !
Bref, pas besoin de se justifier pendant des heures, on a pas de GPS sur notre canif
et maintenant il faut réagir car ce n'est pas tout d'être passés, on apprend aussi qu'il n'y a aucun hébergement dans le coin et que le seul et unique bus qui va à la prochaine ville passe le matin. Il est 15h30... ![]()
Une fois de plus, la chance est avec nous : alors que nous commencions à envisager une nuit avec les poules, un camion se présente qui vient lui aussi du Vietnam et dont le chauffeur accepte de nous déposer à la prochaine ville. C'est notre second tour en camion du voyage et c'est assez inhabituel pour que nous l'apprécions. ![]()
Nous ignorons pour le moment absolument tout de notre destination, supposée être à 80 Km, car cette ville de Samneua ne figure pas dans notre guide, pas plus que le poste frontière, d'ailleurs. Indéniablement nous aimons cette sensation d'inconnu, d'autant plus que tout se passe bien, et nous envisageons déjà de devoir demander l'hospitalité dans un monastère...
Mais il n'en est rien car, à notre plus grande surprise, Samneua est une ville plutôt développée et même mentionnée dans plusieurs guides touristiques. C'est en tous cas ce que nous apprendrons en passant une soirée inattendue avec d'autres voyageurs ! ![]()
| 22 mai 2004 |
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Le courrier du Vietnam,
Le seul quotidien national de langue française du Vietnam, Publié par l'Agence vietnamienne d'information
19 mai 2004
Le président Ho Chi Minh vu par les étrangers
Admiration. Pour beaucoup d'étrangers, le Vietnam c'est avant tout la figure emblématique du président Ho Chi Minh. Nous reproduisons ci-après les paroles de certains d'entre eux rencontrés à Hanoï, interrogés sur ce que représente pour eux l'Oncle Hô...
"Le président Ho Chi Minh reste une des personnalités politiques les plus marquantes du 20e siècle et les Algériens le tiennent en haute estime." C'est ce qu'a déclaré M. Tewfik Abada, ambassadeur d'Algérie au Vietnam, en ajoutant qu'"il est impossible de parler aujourd'hui du Vietnam sans y associer le nom de Ho Chi Minh. Sa lutte contre l'occupation étrangère, l'injustice et le colonialisme, et sa foi dans la justesse de son combat lui ont valu l'admiration de tous les nationalistes à travers le monde. S'il a pu tisser des liens très forts avec les révolutionnaires de par le monde c'est parce qu'il ne concevait pas son combat comme un acte isolé ; il l'avait inscrit dans une approche globale, voire universelle, de la libération des peuples opprimés où qu'ils se trouvent. Et c'est tout naturellement qu'il a suscité le respect et l'admiration des nationalistes algériens et qu'avec eux, il a pu évoquer les moyens de mettre fin à la présence étrangère dans leur patrie."
Rendre hommage au président Ho Chi Minh dans son mausolée où il repose est devenu un véritable rite protocolaire pour les chefs d'Etat et de gouvernement en visite au Vietnam. Les touristes étrangers souhaitent aussi le visiter. C'est pourquoi, bon nombre d'agences de tourisme organisent une visite au mausolée du président Ho Chi Minh, au palais présidentiel, à la maison sur pilotis et au musée de Ho Chi Minh. Alain Defond, un jeune touriste français, rencontré au pied de la maison en bois sur pilotis où Ho Chi Minh vécut pendant sa présidence :
"Je trouve que c'est très bien que le peuple vietnamien vénère encore Ho Chi Minh, comme n'importe quel peuple vénère les hommes politiques qui ont marqué de leur empreinte l'histoire d'un pays".
A la question : "Qu'est ce que vous avez appris du président Ho Chi Minh en France ?" Alain Defond répond : "D'abord que c'était un homme d'une grande culture, animé de la volonté de parcourir le monde avant de fixer une politique pour la destinée du Vietnam, et aussi pour se faire une expérience personnelle. C'était aussi un homme simple qui a su se mettre au niveau de toutes les couches sociales, afin de savoir comment le peuple vivait ; ce fut pour lui une expérience extrêmement enrichissante. Il l'a fait dans des conditions et à une époque marquée par des conflits sanglants. Maintenant, la page des guerres est tournée, et je suis très content d'être ici et d'être accueilli par le peuple vietnamien".
A Hanoï, il est fréquent aussi de rencontrer des vétérans français de la guerre d'Indochine qui ont, eux aussi, et malgré les souffrances endurées, des paroles amicales pour le président Ho Chi Minh. Gilbert Ginsburger fait partie de ces anciens combattants : "Cet homme est le père de la nation vietnamienne. Il a lutté toute sa vie pour réaliser son rêve de libérer son peuple et on ne peut qu'avoir du respect pour cet homme opiniâtre. On ne peut qu'admirer son oeuvre et les résultats obtenus grâce à son engagement total", dit-il.
Daniel Keller, quant à lui, est un homme d'affaires suisse installé depuis 8 ans au Vietnam. Il est conscient que le 19 mai, jour anniversaire de la naissance du président Ho Chi Minh, revêt une signification importante pour le peuple vietnamien. Daniel Keller :
" Ho Chi Minh était non seulement un grand politicien. C'était aussi une personnalité lumineuse et un philosophe. C'est grâce à lui que le peuple vietnamien s'est uni pour lutter contre les occupations successives, française puis américaine. Il a beaucoup contribué à la liberté et à la réunification du pays. De plus, Ho Chi Minh fut aussi un grand communiste. Par sa philosophie, il a aussi réussi à adapter les thèses du marxisme-léninisme à l'environnement particulier du Vietnam, un pays agricole".
Et que pensent les Suisses du président Ho Chi Minh ? Daniel Keller d'indiquer : "Ho Chi Minh est un symbole pour toute une génération de Suisses. Durant les années 1960 et au début des années 1970, la jeunesse suisse est descendue dans la rue. Ho Chi Minh était pour eux un symbole dans la lutte contre le colonialisme et l'impérialisme. Pendant ces manifestations contre la guerre au Vietnam, Ho Chi Minh était présent dans tous les slogans et sur tous les panneaux brandis par les étudiants. A cette époque, j'étais encore un enfant mais je me rappelle très bien de ces manifestations dans les rues de Zurich".
Vietnam - Ho Chi Minh, ces mots sont devenus si familiers pour les Vietnamiens et les amis étrangers. Ces derniers, par leur amour du pays et par leur grand respect envers le président Ho Chi Minh, viennent de plus en plus nombreux au Vietnam. Ils désirent découvrir ce pays légendaire ainsi que la vie du père de la nation.
| 21 mai 2004 |
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C'est décidé : nous voulons profiter des beautés qu'offre Tam Coc et, comme préconisé par le Lonely Planet, nous préparons à suivre le flot des touristes venus d'Hanoï pour la journée. Nous sommes prévenus, au-delà des tarifs très touristiques, la machine est bien huilée, l'itinéraire le long des canaux ne laissera pas de place à l'improvisation et sera jalonné de petits vendeurs réputés pour leur inépuisable répertoire d'arguments.
Pour rejoindre le site, à moins d'une dizaine de kilomètres de Ninh Binh où nous avons dormi, nous louons une petite moto. Mais, alors que nous approchons de l'entrée du parc, 3 femmes surgissent d'une maison comme des diables d'une boîte et nous barrent la route.
Elles proposent avec enthousiasme de nous faire rentrer gratuitement par des chemins détournés et de nous emmener pour une croisière de 2 heures moins chère que celles des barques officielles.
Sans réellement savoir ce qui nous attend, c'est avec plaisir que nous nous laissons embarquer.
C'est seuls, dans notre petite barque, accompagnés à la rame par 2 des femmes toujours aussi excitées et chantant à tue-tête des hymnes à la gloire de Ho Chi Minh et du Vietnam, que nous voguons parmi les magnifiques paysages de Tam Coc.
Nous passons le reste de la journée à explorer tous les recoins possibles de ce site naturel des plus majestueux. ![]()
Sur le chemin du retour, l'une des petites ruelles de Ninh Binh est barrée par un filet de Badminton.
Qu'à cela ne tienne, on nous fait descendre de la moto et enlever nos tongs pour participer à la partie !
Pour nous remettre de nos efforts, nos partenaires nous offrent une bonne bière fraîche. ![]()
Quand on vous dit que le Vietnam on aime !
| 20 mai 2004 |
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Nous sommes désolés mais nous n'aurons pas de photos de la baie d'Halong à vous montrer, et pour cause : nous n'y allons pas !
Pour être honnêtes, nous avons eu peur : peur de rater notre rendez-vous romantique à cause de la tempête installée depuis plusieurs jours sur le Golfe du Tonkin.
Mais aussi, disons-le : le Vietnam nous a plu alors nous y reviendrons pour visiter Sapa et ses minorités ethniques, la Baie d'Halong pour une croisière romantique, Hoi An pour sa vieille ville, Dalat pour ses cascades et Saïgon... ![]()
En attendant, nous avons décidé de nous concentrer sur Tam Coc, aussi appelée "la baie d'Halong terrestre", à moins de 100 Km au sud d'Hanoï. C'est aussi le point de départ hypothétique pour le poste-frontière de Naméo qui, d'après l'ambassade du Laos à Hanoï, aurait très récemment été ouvert aux étrangers.
Pourtant, personne ne semble au courant et nous ignorons comment nous y rendre.
Mais pour tout dire, nous ne serions pas mécontents de prendre une petite revanche sur l'échec de Banlung
, à moins d'en essuyer un nouveau !... ![]()
De plus, nous sommes motivés par l'envie d'explorer le nord-est du Laos, encore peu habitué au tourisme. ![]()
| 19 mai 2004 |
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Encore une charmante petite histoire sur la vie à Hanoï, cette fois écrite par un élève trop timide pour bien vouloir donner son nom... ![]()
"Hanoï is a city one thousand years old. All of its residents should know something about this long history.
Hanoï was first made capital of Vietnam in 1010 by King Ly Thai To. It is said that when he came to Hanoï, he saw a dragon flying up to the sky. That is why he gave the city the name "Thang Long" - the Soaring Dragon.
Many things in Hanoï have their own history. For example, the famous Guom Lake, near the city center, takes its name from an old legend. The lake was the place where King Le Loi returned his sword to the Turtle God, the sword given to him to bring peace to the country.
I live in one of Hanoï's old streets. My Grandmother often talks to me about the history of our house. It was built a very long time ago. Sometimes she tells me things that surprise me. With each story, my house becomes more and more mysterious, more and more lovely. I really love mysterious things.
As I discover the secrets of Hanoï, I become more and more aware of what an interesting place I live in. How could anyone be bored in this city ? I want to call out to everyone : "Hey you, my friend ! What are you waiting for ? Come on, let's discover Hanoï's secrets together !"
| 18 mai 2004 |
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Almos, que nous venons de rencontrer, est hongrois et exerçait en tant que maître de conférence en sociologie en Australie avant de venir s'installer à Hanoï. En 6 mois, il y a déjà fait son trou, notamment en travaillant avec des lycéens sur un projet d'édition sur le thème de la ville de Hanoï et dont voici un extrait qui nous a particulièrement plu.
Son auteur, Ngô Minh Phuong a 17 ans et habite Hanoï :
"Are you asking me ? Do I ride a motorbike ? Yes, of course I ride one. This one here. Not very different to the others in the parking lot. But the machine is not important. It's the way you ride. And I ride with style - real style !"
The motorbike has become a distinctive feature of the life of Hanoï. It is used to carry passengers, deliver goods, take a cage full of chickens to the market. Fashionable ladies in full make-up remain firmly on the seat to do their shopping for fish, vegetables, and a piece of pickled pork. And what is a beautiful girl - or a handsome young man - without a beautiful, handsome motorbike to ride on ? Only the ragman goes his rounds on a pushbike nowadays.
It sounds so good. This is the genuine, all-purpose vehicle. However motorbikes have also created many problems and one of the most serious is motorbike racing in the streets. It is a danger to the rider and to other road users as well. It is illegal, of course. But a law cannot stop such a thing. Not even the King's command, or the plea of the Queen for greater safety.
So why do they do it, these guys who rev up their bikes and rocket down the street pursuing each other ?
You're asking me ? Why do I do it ? It's the thrill of speed. And the skill. balance, timing, judgement. It's better than a computer game. And if I win, I am King.
King of the Road !"
| 17 mai 2004 |
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Le moteur de notre bonne vieille Minsk est rincé...
Nous espérons juste qu'il lui restera suffisamment d'énergie pour parcourir les 180 derniers kilomètres qui nous séparent de Hanoï. Notre moteur étant devenu incapable d'assurer la moindre reprise, nous prenons notre mal en patience pour atteindre notre vitesse de pointe de 60 Km/h. Le but est ensuite de maintenir cette allure autant que possible.
Tout autour de nous virevoltent motos, scooters, vélos, camions et voitures : c'est un ballet précis au rythme des klaxons tantôt aigus tantôt graves, mais toujours puissants. ![]()
Les chauffeurs de camions ont tous dû être formés en Angleterre : ils passent en effet la plupart de leur temps à rouler à gauche, même lorsqu'il n'y a personne à doubler sur la file de droite.
Quand, inévitablement, un véhicule se présente en face, le jeu consiste alors à tout faire pour l'impressionner afin qu'il quitte sa propre voie pour se réfugier sur le bas-côté ! Hilare, notre chauffeur de camion ne manquera pas d'afficher au passage le sourire fier du vainqueur. ![]()
Et quand soudain cette mécanique de précision s'enraye et que survient l'accident, tous les Vietnamiens s'arrêtent, perplexes, cherchant quel mauvais génie a bien pu si tragiquement mettre un terme à leur excitant ballet... ![]()
| 16 mai 2004 |
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Il tombe des cordes sans discontinuer et ce depuis que nous avons enfourché notre véhicule.
Nous avons même déjà marqué deux pauses ce matin, espérant que cela contribuerait à faire cesser ce déluge. Les villageois que nous croisons partagent nos préoccupations mais s'amusent de tout ce qui nous restait d'optimisme...
Il n'y a d'ailleurs qu'à voir le déballage de bâches en plastique qu'exhibent cyclistes, piétons et marchandes de légumes à paniers pour comprendre que les locaux sont armés de résignation...
Sur le bord des routes, les enfants ne manquent pas de saluer notre passage de retentissants "Hello !" et l'accueil que nous recevons est invariablement très chaleureux.
Ainsi, dans ce village où nous nous arrêtons, transis et fatigués, on rouvre les cuisines pour nous offrir un riz frit reconstituant ! Dehors, la rue a des allures de décor de western avec ses maisons en bois le long d'une allée en terre. C'est au cours de cette pause que nous remarquons que les véhicules qui arrivent en sens inverse roulent tous en convois.
Cette pratique nous intrigue car nous n'avions rien remarqué la justifiant... Quelque chose nous aurait échappé ?
Il ne nous aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre car, le col suivant à peine franchi, nous buttons sur une portion de route complètement submergée par un torrent de boue et de cailloux.
Des hommes armés de simples pelles tentent de ménager un passage aux véhicules qui attendent. Voilà donc l'origine de ces convois improvisés ! Notre Minsk présentant l'avantage non négligeable de la maniabilité par rapport à un camion, un bus ou même un pick-up, nous faisons fi de l'attente : Eric met en application son expérience en enduro pendant que Marine franchit la zone critique à pieds, de la boue jusqu'aux genoux... Quitte à être mouillée et sale, autant en profiter pour faire du bien à sa peau !
Enfin à Bac Kan à la tombée de la nuit, nous constatons les dégâts (toutes les affaires sont mouillées et/ou sales et nous sommes fourbus), à la façon dont on revient d'une première journée de ski... Nous qui cherchions des paysages verts et un climat plus clément, vraiment nous sommes servis ! ![]()
| 15 mai 2004 |
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Rien qu'hier, il nous a fallu la journée les fesses sur la moto pour rejoindre Lang Son, à 180 Km de Hanoï. Aujourd'hui, en plus, nous avons atteint un important massif montagneux et la route serpente bon an, mal an, entre et sur ces impressionnants pitons rocheux comme plantés dans le sol. ![]()
Déjà, au loin, ces montagnes nous inspiraient un curieux mélange d'angoisse et de mélancolie. De plus près, nous sommes saisis par la beauté des perspectives, le côté menaçant des blocs rocheux en équilibre et en même temps touchés par la vie des champs qui va son rythme au milieu de ce décor, petits chapeaux jaunes pointus dodelinants dans le vert tendre des rizières. ![]()
Une averse ravive de temps en temps l'éclat de la végétation, fait monter la condensation de la chaussée et rend luisant le bois massif des habitations. Quand une accalmie pointe le bout de son nez, des nuages de papillons blancs envahissent la route et virevoltent en pagaille autour de nous. ![]()
Par endroits, un tronçon de route a commencé à être refait et on imagine ces jours prochains où Lang Son constituera une plaisante excursion d'une journée depuis Hanoï !... Il y a d'ailleurs des grottes à visiter dans le coin et nous ne nous en privons pas, rien que pour être au sec un moment !
Nous y découvrons un lieu de pèlerinage bien étrange, sorte de Lourdes locale avec son eau miraculeuse . Une musique sacrée lancinante résonne dans les boyaux humides. Des divinités installées dans des niches naturelles sont éclairées par des lampes de couleurs vives qui donnent à tout le circuit souterrain des allures de train fantôme façon Disneyland... ![]()
Avant la sortie de la grotte des hommes regardent un improbable poste de télévision dans la semi-obscurité.
Dehors, c'est l'éclaircie... ![]()
| 14 mai 2004 |
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Enfin ces paysages aquatiques que tout voyageur s'attend à trouver en Indochine : rizières inondées, canaux d'irrigation et rivières tentaculaires sont au rendez-vous au nord du Vietnam. ![]()
Alors que le Cambodge et le sud du Laos nous ont plutôt offert des paysages secs et grillés de fin de saison sèche, le Vietnam connaît une saison sèche beaucoup plus courte à cause de son importante façade maritime et de son relief et la nature y est incomparablement plus verte.
D'ailleurs, nous avons essuyé une bonne averse ce matin en quittant Hanoï sur notre Minsk, bonne vieille moto soviétique pétaradante !
Mais cela ne nous a pas inquiétés pour autant : un sac poubelle bleu en guise de cape de pluie et nous voilà partis pour 4 ou 5 jours d'aventure dans les montagnes du nord, à la frontière avec la Chine. ![]()
La proximité avec cette dernière puissance est incontestable à l'approche du marché de Lang Son, débordant de babioles en plastique, témoins de l'intensité des échanges. Ironique conquête de la Chine après sa piteuse défaite début 1979 lorsqu'elle avait voulue s'imposer par la force : comme quoi le plastique peut se révéler bien plus redoutable que l'acier... ![]()
Ce sera une toute autre paire de manches en ce qui concerne nos échanges d'informations (Avez-vous une moustiquaire ? Je cherche du PQ. Avez-vous des plats sans viande ?...) étant donné que personne ici ne parle anglais et que notre guide de conversation ne suffit manifestement pas à nous donner la bonne prononciation... ![]()
| 13 mai 2004 |
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Le jeu est vraisemblablement le péché mignon des Vietnamiens qui se rassemblent partout et tout le temps dans cette optique. Il s'agirait d'ailleurs d'une passion nationale qui prenait encore il y a peu un caractère quasi rituel à la fête du Nouvel An, journée lui étant consacrée et au cours de laquelle les Vietnamiens de tous âges et de toutes classes sociales se réunissaient pour mettre en jeu leurs possessions sur un coup de dés.
La raison sous-jacente de cette coutume est de caractère religieux, marquant ainsi un acte de soumission face au destin.
Puisque la croyance aux dieux incontrôlables de la Fortune semble être de la plus grande importance parmi les convictions vietnamiennes, il y a donc une forte demande pour la divination. On remarque d'ailleurs souvent sur le trottoir le spectacle surprenant du devin et de ses instruments (cartes, pierres, oiseaux, cartes astrologiques et diagrammes en tous genres...). ![]()
Cette croyance n'est pas sans nous rappeler une anecdote étonnante que nous tenons de Kannara qui nous expliquait le fonctionnement de la loterie au Cambodge, pays où le jeu est aussi une institution.
En effet, depuis des temps immémoriaux, des personnes compétentes ont établi une grille de correspondance entre des animaux et des chiffres. Ainsi, tout joueur ayant rêvé d'un chien et d'un paon pendant la nuit (ce sont, parait-il, des choses qui arrivent !
) sait qu'il doit en se réveillant aller parier sur les chiffres correspondants. Kannara avait aussi attiré notre attention sur le fait que les animaux représentent des combinaisons de chiffres différents selon leur sexe et qu'une des difficultés consiste à déterminer si on a rêvé d'un chien ou bien d'une chienne car cela peut tout changer !... Fort heureusement pour les novices, dans beaucoup de villes exerce un spécialistes qui peut être consulté en cas de doute... ![]()
| 12 mai 2004 |
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Hanoï, capitale de la République Socialiste du Vietnam. Les années où la ville était connue pour son conservatisme et pour sa résistance acharnée face aux réformes semblent déjà loin. L'ambiance dans les rues nous rappellerait presque celle de Rome où virevoltent les scooters dans de petites rues bordées de cafés où s'exhibe une jeunesse branchée arborant fièrement lunettes de soleil et portables.
D'ailleurs, aurions-nous jamais pensé que c'est ici que nous allions craquer pour un ensemble de fringues de designers locaux ! ![]()
Il fait bon se balader dans cette agréable ville pleine d'arbres et d'espaces verts comme autour du lac Houn Kiem, au centre de la vieille ville. S'il est vrai que les Vietnamiens de Hanoï n'ont pas le sourire "naïf" arboré face à l'étranger dans les campagnes, il ne manque pourtant pas de charme et d'élégance. A peine sortis du ghetto à touristes où domine le sourire commerçant et c'est un festival de charmantes rencontres dès que le dialogue peut se nouer. ![]()
Les Vietnamiens ont gagné leur indépendance, ils peuvent aujourd'hui accueillir sereinement leurs ennemis d'hier. La jeunesse flamboyante d'Hanoï en est un très bel exemple.
| 11 mai 2004 |
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L'impression d'atomisation, de fluidité et d'incertitude est d'autant plus accentuée du fait que l'Asie du sud-est péninsulaire (dont l'Indochine constitue le coeur) est environné de 3 grandes communautés de destin, rassemblées chacune autour d'un vaste contrat géographique, culturel et linguistique précis qui leur confère une manière d'unité transhistorique : l'Inde (avec l'hindouisme et le sanskrit), la Chine (avec le confucianisme et les idéogrammes) et le "monde malais" (avec l'Islam et la langue malaise).
Les tentatives pour rassembler, de l'intérieur, l'Asie du sud-est péninsulaire sur des bases à peu près unitaires, ou pour l'intégrer, de l'extérieur, à un espace plus vaste, ont régulièrement échoué. A leur apogée, les "empires" khmers, siamois, birmans, chams ou vietnamiens n'ont été que le fruit de coups de dés de portée limitée à la fois dans l'espace et dans le temps. Quant aux volontés de contrôle périphérique, elles ont, au mieux, toujours fini par le prudent désintérêt de l'imperium de leurs promoteurs. Pour s'en tenir à des faits postérieurs au Moyen Age, on connaît le rapide renoncement des Ming à administrer directement le Tonkin (début XVe siècle), le refus pratique des Portugais, des Espagnols, des Anglais, des Hollandais à faire plus que s'aventurer en Indochine (XVIe - XVIIe siècles) alors même qu'ils s'établissaient en force à la périphérie de la péninsule, tant en Chine du sud que dans l'archipel malais.
Ce n'est qu'à la suite d'une série d'accidents historiques proprement français (Second Empire, guerre de 1870, instauration de la Troisième République) - et à contrecoeur de la part de la métropole - que l'Indochine fut touchée par la vague coloniale issue de la révolution industrielle européenne qui submergea le monde. Encore ne le fut-elle que très partiellement et très tardivement. Ainsi, plusieurs dizaines d'années après la signature du traité entre la France et le Cambodge, celui-ci comptait moins de 10 planteurs européens ; et ce n'est que vers les années 1930 que l'administration française achèva la pacification des Hauts-Plateaux Sud-Indochinois, à moins de 100 Km de Saigon.
Extrait de "Indochine" de Jacques Nepote