| 30 juin 2004 |
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Comme les jours continuent à filer à toute vitesse il nous faudra un minimum d'organisation pour optimiser ce dernier mois. Etant donné que nous n'allons tout de même pas retourner tout de suite sur une île paradisiaque, visiter la péninsule malaise risque d'aller bien plus vite que prévu. Nous aurions presque le temps d'aller jusqu'à Bornéo... Or nous découvrons aujourd'hui qu'Air Asia propose un billet si bon marché que nous n'hésitons pas longtemps ! ![]()
Du coup, nous planifions tout le reste et achetons même le billet de retour sur Paris ! Voilà qui nous fait une drôle d'impression : c'est la dernière ligne droite mais nous allons bien en profiter...
Ne perdons pas de temps : en sautant dans ce bus nous nous réveillerons demain à Malacca !
| 29 juin 2004 |
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Nous nous amusons beaucoup en retrouvant des influences du Moyen-Orient dans les vêtements, la musique et l'architecture, des influences indiennes sur les visages et la nourriture, chinoises dans les boutiques et les restaurants... ![]()
Nous décidons de ne pas aller à Perenthian, les fameuses îles pourtant si proches. Il faut dire qu'avec Kho Tao nous revenons déjà de la plage et puis ce que des touristes qui en reviennent nous en disent semble peu représentatif du pays.
Les Guest Houses sont toujours un bon endroit pour échanger des informations et rencontrer des personnalités.
Ainsi Eros cet Italien ou encore cet américain qui ne sont jamais rentrés de leur année sabbatique (il doit y avoir au moins une vingtaine d'années de cela !) et qui ne savent plus que voyager...
Encore Eros avait-il des facilités avec sa maison en Argentine qui lui rapportait assez pour être tranquille partout. Mais depuis la crise, il s'est résigné à ne plus voyager que dans les pays pauvres. ![]()
| 28 juin 2004 |
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Kota Bharu, avec ses places et ses marchés animés, produit une bonne impression et la Malaisie nous fait l'effet d'une entité bien singulière dans le paysage sud-est asiatique.
Ici, la très grande majorité des femmes porte le voile et la tunique des musulmanes. Dans des quartiers un peu huppés, des jeunes filles portent le voile et un jean's très moulant... ![]()
Kota Bharu révèle la présence d'une véritable classe moyenne : belles voitures, jolies boutiques, téléphones portables dernier cri...
Les contacts sont faciles et détendus ; on nous arrête dans la rue pour connaître notre nationalité et nous témoigner un intérêt que nous n'avions plus rencontré depuis le Myanmar ! ![]()
Tiens, nous apprenons qu'à Sungai Kolok, la ville thaïlandaise que nous venons de traverser avant la frontière, la prostitution est la seconde plus grosse industrie (après l'import-export avec la Malaisie) et qu'en fin de semaine les hôtels sont pleins de Malais venus pour quelques heures... ![]()
| 27 juin 2004 |
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Arrivés à la gare de bon matin, nous parcourons à pieds le dernier kilomètre jusqu'à la frontière. Nouveau coup de tampon sur les passeports et hop ! nous voilà en Malaisie. Cette fois, c'était presque décevant de facilité... ![]()
Non loin, en attendant le bus pour Kota Bharu, nous rencontrons d'autres touristes. Marine discute avec 2 voyageuses lorsqu'elles sont interrompues par un vieux pervers aux dents toutes gâtées qui a ouvert sa braguettes devant elles et accompagne un explicite mouvement du bassin d'un galimatias agressif...
Nous n'avions plus fait ce genre de rencontres depuis que nous avions quitté les pays musulmans et nous réalisons à posteriori combien l'Indochine a été confortable sur ce plan. De la Birmanie au Cambodge, du Vietnam au Laos et en passant par la Thaïlande, c'est incontestablement Eric qui aura eu le plus de propositions, émanant fréquemment d'hommes, mais en tous cas toujours avec beaucoup de courtoisie ! ![]()
| 26 juin 2004 |
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Un ferry nous permet de quitter Koh Tao pour rejoindre Chumphon où nous prenons un train pour la ville de Sungai Golok, à la frontière de la Malaisie.
Après avoir traversé le nord de la Thaïlande dans des bus de nuit, nous parcourons donc le sud sans plus profiter du paysage mais avec une couchette cette fois !
Nuit calme si l'on fait abstraction d'une marchande ambulante qui a renversé tout son stock de soupe au riz sur le sac à dos d'Eric... ![]()
Le contrôleur intervient aussitôt et s'en suit une scène tout à fait représentative de la culture locale : pas un mot plus haut que l'autre, la dignité en toutes circonstances ! Et c'est tellement plus reposant !
| 25 juin 2004 |
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Les billets achetés, nous profitons d'un dernier jour de plage avant de descendre vers la Malaisie.
Désolés si les photos se sont faites rares ces derniers jours mais bien souvent nous ne prenons pas nos appareils avec nous par crainte du sable et des vols...
| 24 juin 2004 |
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Les Thaïlandais, hommes et femmes, connaissent sur le bout des doigts tous les joueurs et le palmarès des équipes de foot européennes.
Avons-nous à faire à des fondus du ballon rond pour défendre ainsi avec tant de ferveur leurs équipes favorites chaque soir de coupe d'Europe ? Non, et d'ailleurs il en va presque de même avec le tennis pour Wimbledon, il s'agit tout juste de parieurs invétérés qui misent très très gros !
| 23 juin 2004 |
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Tant qu'il fait beau nous en profitons, notamment avec Laurence et Arnaud.
| 22 juin 2004 |
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Dans un bar très en vue de Koh Tao, la carte des boissons va jusqu'à proposer un thé aux champignons dont la mention "spécial" lève toute ambiguïté.
Il n'y a décidément bien que le prix des stupéfiants qui soit ici prohibitif ! C'est en tout cas assez ironique de penser que nous aurons sous peu atteint la Malaisie où l'alcool n'est déjà pas bien vu et où la détention de drogue est tout bonnement passible de la peine de mort ! Oups !
| 21 juin 2004 |
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La cuisine locale a le vent en poupe sur cette île, surtout un peu à l'écart de la plage principale et de sa "western food". Du coup, nous goûtons avec plaisir des curry de poissons ou bien ces mêmes poissons cuisinés dans du lait de coco ou encore en soupe agrémentée de gingembre et de citronnelle.
Autant d'alternatives heureuses au riz frit si fréquent dans toute l'Asie du sud-est...
| 20 juin 2004 |
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A l'instar des gays et lesbiennes, les transsexuels sont depuis longtemps reconnus en Thaïlande. Des travestis apparaissent en effet déjà dans les opéras populaires les plus traditionnels et les kà-thoey (hermaphrodites) ont une place à part entière dans la société thaï - en tous cas bien mieux acceptés qu'en Occident.
Quasiment tous les kà-thoey étaient des garçons et ont très souvent adopté une personnalité féminine dès le plus jeune âge. Beaucoup prennent des hormones sexuelles féminines en grandissant pour dissimuler leurs caractéristiques masculines ou vont jusqu'à se faire opérer les organes sexuels.
Alors que les étrangers ont tendance à regarder les kà-thoey comme des curiosités culturelles ou des objets sexuels, en Thaïlande ils sont tout simplement considérés comme un troisième sexe.
Bon nombre de kà-thoey exerce des métiers très en vue, comme animateurs, acteurs, présentateurs de variétés ou même femmes d'affaires. Les "acteurs" dans les cabarets kà-thoey comme le Calypso de Bangkok et Tiffany's à Pattaya deviennent souvent de grandes stars. La plupart du temps, on ne sait même pas qu'on est en train de parler à un kà-thoey tant ils peuvent être convaincants.
| 19 juin 2004 |
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Cette île a effectivement pris une autre dimension depuis qu'il a cessé de pleuvoir : eaux cristallines, plages immaculées et poissons multicolores ne sont visibles qu'à la lumière du soleil ! ![]()
L'ambiance est autrement plus détendue, les habitants de Koh Tao encore plus cool et les touristes ont retrouvé le sourire. D'ailleurs, entre bronzette, lecture et plongée, nous faisons la connaissance d'un couple français fort sympathique : Laurence et Arnaud. Nous échangeons quelques tuyaux (restos bien sûr, mais aussi meilleure crique de l'île pour plonger avec un masque et un tuba, telle autre où l'eau est assez profonde pour nager...).
Ensemble, nous formons une fine équipe pour profiter aussi de l'ambiance nocturne, quelques jours encore avant de descendre vers la Malaisie où l'animation sera sans doute très différente... ![]()
| 18 juin 2004 |
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La Thaïlande a connu 19 coups d'état depuis 1932, dont 10 ont abouti à un changement de gouvernement.
C'est la chutte de bath thaï qui a déclenché la crise économique asiatique des années 90.
Une peine de prison de 7 ans sanctionne quiconque manquerait de respect au roi en public.
Le tourisme sexuel représente aujourd'hui plus de la moitié de tout le tourisme en Thaïlande et 5% du PNB !
| 17 juin 2004 |
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Malgré les prédictions pessimistes d'un commerçant d'origine occidentale décidément très "force de vente" nous ayant prédit trois semaines de mauvais temps, le soleil pointe aujourd'hui enfin le bout de son chaud petit nez ! ![]()
Nous profitons de l'occasion pour embarquer sur un bateau, cap au large sur un site de plongée renommé. Mais soleil n'est pas synonyme de mer calme. Et, pour une première fois, nous sommes soudain pris d'un terrible mal de mer.
Il faut donc que nous soyons vraiment très fatigués pour être tous les deux ainsi malades alors que nous avons normalement plutôt le pieds marin. ![]()
C'est décidé, si le soleil se maintient, nous prendrons le temps de nous reposer et de nous délester des magazines et bouquins que nous avons précieusement conservés pour le jour où justement nous nous poserions un peu !
| 16 juin 2004 |
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Tâchons d'explorer un peu cette île qui fait environ 21 km², à 70 km de la côte dans le Golfe de Thaïlande. Précisons tout d'abord que Koh Tao signifie "île des tortues" parce que, autrefois, les eaux étaient riches en tortues de mer, tout simplement. Depuis, elles ont déménagé. Ah bon !
La saison touristique va bientôt commencer (sans doute quand il cessera de pleuvoir) et il n'y a pas grand monde pour le moment. Tout semble un peu comme endormi.
Les prestataires sont peu dynamiques, parfois même complètement camés et prodigues en inepties. ![]()
Curieusement, les centres de plongée et les boutiques un peu sympas sont tous tenus par des occidentaux. Pour le peu que nous en percevons aujourd'hui, l'harmonie n'est pas forcément au rendez-vous avec les locaux. Le plus étonnant, alors que nous imaginions que ces derniers n'avaient pas eu le temps de s'adapter à la récente invasion des touristes, c'est qu'il n'y a pas de "natifs" sur cette île. En effet, elle n'était pas habitée (sauf par une prison politique entre 1933 et 1947) avant que les premiers centres de plongée ouvrent dans les années 80. Du coup, toutes les personnes aujourd'hui installées ici sont venues pour profiter de l'afflux touristique et c'est un petit peu énervant car cela justifierait tout de même un minimum de professionnalisme !
Passons. Cela va bien dans le décor de toutes façons, avec cette seule et unique route défoncée, pas mal de déchets disséminés sur les plages et une décharge officielle installée devinez où ? Et bien au sommet de la colline qui se trouve au milieu de l'île. Non, c'est parfait, vraiment ! ![]()
De toutes façons on comprend vite que les prestataires installés ici sont venus pour faire un max d'argent le plus vite possible, qu'il n'y a une fois de plus pas de vision à long terme et que le prélèvement d'une taxe pour le traitement des déchets semble relever de la plus pure utopie !
Quoi ? Je suis d'humeur râleuse ? Hum, c'est peut-être la météo maussade qui veut cela, entre nuages et orages... Et puis de temps à autres cela fait du bien !
| 15 juin 2004 |
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Il est 5 heures du matin. La nuit dans le bus a été plutôt calme, ce qui n'a pas empêché la disparition de l'un de nos porte-monnaie.
Reste à attendre le bateau pour rejoindre l'île de Koh Tao. Il fait encore nuit et on nous offre de patienter devant une télévision diffusant sous nos regards distraits et pour la énième fois (après l'agence de Bangkok en boucle et dans le bus) un film publicitaire très bricolé vantant une station balnéaire chic du coin. Deux heures plus tard nous embarquons et avons droit à une nouvelle diffusion de ce film affligeant avant que notre attention soit monopolisée par le film de la traversée : Faust par Fernandez je crois, dont le choix est tout à fait critiquable vu qu'il s'agit à la fois d'un film d'horreur et érotique et que ce bateau de tourisme transporte des familles avec enfants. Passons, c'était assez déroutant.
Heureusement, pour rattraper ça, nous avons eu droit une fois encore au film publicitaire de la station balnéaire en guise d'épilogue !
Nous ne sommes pas très bien réveillés quand le bateau accoste. Il fait gris et nous nous mettons en quête d'un hébergement. Assez vite nous avons des démêlés avec une réceptionniste dont le comportement démontre un inquiétant amateurisme.
Puis il se met à pleuvoir des cordes et toutes nos affaires se retrouvent trempées en moins de deux !
Nous finissons donc par louer une hutte en palmes et bambou, isolée dans les arbres et d'où on voit la mer au loin.
La tempête fait rage, on ne quitte pas notre cabane alors que les éléments se déchaînent dehors et en profitons pour... rattraper un peu de la nuit passée dans le bus ! ![]()
| 14 juin 2004 |
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Tout au long de notre voyage nous nous serons senti en sécurité, mis à part il va sans dire sur les routes cahoteuses et peut-être aussi à Quetta au Pakistan où les tensions communautaristes étaient patentes.
Seuls quelques larcins plus ou moins menus dans nos chambres d'hôtels
auront troublé notre quiétude absolue. ![]()
C'est en Thaïlande que nous nous inquiétons sans doute le plus : pas d'être agressés mais plutôt d'être détroussés de nos maigres biens usés par le voyage.
En effet, aux avertissements des guides touristiques s'ajoutent les témoignages directs presque quotidiens des touristes que nous croisons ; chambres d'hôtels régulièrement visitées, bagages dans les bus méthodiquement fouillés, appareils photo et portefeuille chapardés en douce dans les transports de nuit.
Malgré notre vigilance et -pensions-nous- expérience, un petit porte-monnaie contenant 70 dollars disparaît mystérieusement dans notre bus de nuit entre Bangkok et Koh Tao. ![]()
Il faut dire qu'ici plus qu'ailleurs, la société de consommation est venue aiguiser les appétits, bouleversant profondément une structure communautaire bouddhiste normalement moins encline à ce genre de pratique...
| 13 juin 2004 |
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Depuis quelques mois, peut-être l'aurez-vous remarqué, nos textes ont eu largement tendance à se raccourcir. Pour tout vous dire, il se trouve que nous les tapons sur un pocket PC agrémenté d'un clavier. Seulement voilà, après 7 mois de bons et loyaux services, notre clavier a commencé à donner des signes de faiblesse, pour finalement rendre l'âme il y a de cela déjà plusieurs semaines... ![]()
De retour à Bangkok, nous sautons sur l'occasion de le faire réparer. Mais ici aussi la société de consommation s'est imposée et il revient moins cher d'en acheter un neuf ! ![]()
Tout de même quel soulagement d'être de nouveau opérationnels, même si nous devons jongler avec un clavier qwerty sans accents... ![]()
Sauf que, depuis que nos textes sont plus concis, nous avons reçu plein d'encouragements !
Il faut donc croire que des textes plus courts sont aussi plus faciles ou agréables à lire.
On doit également vous avouer qu'arrivant dans la dernière ligne droite de notre voyage, il nous prend l'envie de trouver un endroit calme où poser nos frusques et faire le point sur ces presque dix mois non stop ! Les nombreuses îles de Thaïlande ou de Malaisie sont autant de lieux idéaux pour ce faire. Cela va sans dire, alors que notre quotidien ne nous offre déjà pas toujours l'occasion d'avoir quelque chose d'exceptionnel à vous raconter, si nous passons quelques temps sur des îles il ne faudra pas vous inquiéter si notre prose se réduit encore un peu plus... ![]()
| 12 juin 2004 |
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Il n'y a pas à tortiller, Bangkok est la plaque tournante, le "hub" de la région et nous y revenons toujours, comme tout le monde, pour mieux repartir... Rien de bien nouveau donc sous le soleil (et la pluie), si ce n'est notre regard qui a changé.
En effet, au cours de notre premier séjour dans la capitale thaïlandaise, nous arrivions d'Inde et étions frappés par les contrastes : pour commencer le traffic nous apparaissait étonnamment calme, silencieux, non-polluant, respectueux du code et des piétons ; la propreté (des rues mais aussi des hôtels et restaurants) nous étonnait, tout comme la gentillesse qui semblait régir les relations. Un point négatif, tout de même à l'époque : les prix exorbitants par rapport à l'Inde et qui suffisaient à nous dissuader de prendre le taxi !
Maintenant, après plusieurs mois en Asie, nos référents ont bien changé et le grand nombre de voitures dans les rues de Bangkok nous semble insupportable, les hôtels neufs ont déjà vite vieilli et les prix nous apparaîssent déjà un peu moins dissuasifs à l'approche de la fin du voyage...
En revanche ce sourire qui nous avait séduits en arrivant nous impressionne beaucoup moins, notamment après la Birmanie. Et il en va de même pour le professionnalisme qui nous avait fait tomber en pamoison en arrivant d'Inde mais qui, surtout après le Vietnam, semble tout à fait dans la normal.
C'est décidemment toujours amusant de constater la propension de l'homme à s'adapter à son environnement, au point d'en modifier jusqu’à son jugement !
Et sur Paris, quel sera notre regard ?
| 11 juin 2004 |
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Nous partons cet après-midi pour Bangkok, quittant ainsi Delphine qui poursuit vers le Cambodge et en compagnie de qui nous aurons décidément passé un séjour très agréable. ![]()
D'ici-là nous faisons la connaissance de Souxana, un Français d'origine laotienne fraîchement débarqué au pays de ses racines pour y travailler au développement du tourisme. DESS de commerce international, parlant laotien, thaï, chinois, anglais et français : de bons outils pour une intégration en douceur ! Souxana nous fait part de ses premières impressions après un peu plus d'un mois sur place, de ses appréhensions aussi. Il nous avoue même avoir été particulièrement gêné à l'occasion de sa première soirée avec des collègues laotiens ; en découvrant que l'adultère est un "sport national". ![]()
"Aller voir des filles, même en étant marié, semble complètement normal, au même titre qu'un Anglais irait boire une bière en sortant du bureau !"
On dirait d'ailleurs que l'alcool n'est pas non plus vraiment absent de ces soirées... Bref, on sent à ce sujet une certaine déception dans la voix de notre interlocuteur. ![]()
Nous ne pouvons alors nous empêcher de faire un rapprochement avec nos lectures au sujet du rôle de l'homme et de la femme dans cette société. Pour ce que nous en avons compris en tous cas, la femme serait considérée comme détentrice des valeurs traditionnelles, facteur de stabilité et d'harmonie alors que l'homme serait traditionnellement plus en prise avec le monde extérieur (sous-entendu le danger et la tentation).
| 10 juin 2004 |
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Va-t-y pleuvoir ou va-t-y pas pleuvoir ? Nous attendons patiemment la fin de notre quotidienne averse matinale et c'est parti !
Annette, accompagnée de Rodolphe, nous guide à moto vers les montagnes sauvages au nord de Vientiane.
La capitale n'a pas vraiment de banlieue et très vite nous pouvons profiter du bon air de la campagne.
Que dire de cette agréable journée où tout se passe comme sur des roulettes ? Pas d'événement extraordinaire mais une succession de très beaux paysages en très agréable compagnie. ![]()
Nous apprécions particulièrement le pique-nique soupe aux nouilles à manger avec les baguettes taillées dans le bambou tout proche. ![]()
Nous nous installons en amont d'un barrage en construction, dans une plaine en sursis qui bientôt aura disparu sous les flôts.
Après nous être perdus sur des routes en terre traversant ça et là quelques rares villages isolés reliés à pieds par des colporteurs décidemment pas pressés, nous finissons la journée dans un splendide parc national réputé pour ses grands pins.
Delphine ne manquera pourtant pas, une fois de plus, d'agrémenter cette journée d'une petite frayeur lorsqu'elle prendra un sens interdit non indiqué et se fait arrêter par la police !
Heureusement, des jeunes travaillant pour notre loueur de moto viennent à la rescousse et nous remercions nos "charmants policiers" d'avoir sauvé Delphine et les gratifions d'une prime exceptionnelle de 2 dollars... ![]()
| 9 juin 2004 |
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Cela fait déjà deux jours que Stéphanie nous a quittés pour le Vietnam
et nous n'avons toujours pas décollé de Vientiane, profitant avec Delphine pour quelques jours encore de cette impression de "bout du monde" toute laotienne.
Et oui, une fois que nous aurons basculé en Thaïlande vers la Malaisie, le spectre de la modernité ne sera probablement jamais plus très loin...
D'ailleurs nous avons déjà songé plusieurs fois à bouleverser nos plans en nous laissant aspirer par la Chine dont les influences n'ont cessé de se rappeler à nous depuis le Cambodge, aiguisant notre curiosité. Il serait même aujourd'hui encore possible de piquer plein nord, à la rencontre de ce géant qui fascine, mais il nous faudrait alors sans doute des mois pour une bonne immersion... Non, vraiment, ce serait plutôt un autre voyage, ma foi très tentant, jusqu'en Chine en passant par l'Asie centrale peut-être... Une autre fois ! ![]()
En attendant, vivons pleinement l'instant présent. Ouvrons tout grand nos yeux dans la ville et n'hésitons pas à nous émerveiller devant le spectacle de ces petites filles qui promènent de superbes papillons volants péniblement... au bout d'une ficelle !
Non loin, dans le centre-ville, d'autres enfants prennent place sur le dos d'un ours ou d'un tigre en plastique luisant, montures d'une fête foraine toute entière concentrée dans un hall éclairé au néon et résonnant du vacarme étourdissant de la ferraille mal huilée. Sur le trottoir, des mamans attendent sur des chaises en plastique. Dans leur dos, des Indiens ont poussé leurs stands roulants et préparent des chapati (galettes) nappés de miel ou de lait concentré.
C'est la fin de journée, nous allons acheter notre pique-nique sur le marché où nous regardons la bouchère couper un énorme iguane en tranches.
Des brochettes de poulet ou de poisson et du riz gluant constituent la base de notre menu que nous dégustons sur une petite table en pierre dans la rue, parmi tous les chats du quartier réunis pour un concert ! ![]()
| 8 juin 2004 |
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L'éléphant blanc, animal rare, est en fait un éléphant albinos. Partout dans les pays indianisés, il a été, de tout temps, offert au Souverain comme un signe puissant de bonheur et de prospérité.
En 1988, a été découvert dans le Grand Sud, un éléphanteau blanc. Amené en cortège et en grande pompe à Paksé, la télévision laotienne s'en est emparé pour l'interviewer et en a tiré un charmant documentaire dont voici un temps fort :
- Veux-tu retourner dans le Sud, au Cambodge ?
- Non, répond, de la tête, l'animal.
- Veux-tu aller à l'Ouest, en Thaïlande ?
- Nouveau refus de la tête et de la trompe.
- Veux-tu aller à Vientiane, rendre visite à l'oncle Kaysone (le premier ministre) ?
- Acquiescement souriant de la trompe et de la tête, conclut le pachyderme.
Pour le Laotien moyen, il ne fait aucun doute que la République Démocratique du Laos, ainsi élue par l'Eléphant blanc, est, non seulement légitimée mais, de plus, assurée d'un avenir prospère.
Et aujourd'hui encore le pachyderme jouit-il d'une bonne cote de popularité au zoo de Vientiane où on vient en masse à sa rencontre.
| 7 juin 2004 |
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C'est vrai, comme Delphine nous avons vainement cherché l'âme vibrante de Vientiane. Pourtant, c'est sûr, elle existe ; mais pour la découvrir il faut faire des rencontres. Le hasard ne nous aura pas permis de faire la connaissance d'un Kannara laotien...
En revanche, nous avons le plaisir de passer un peu de temps avec plusieurs Français qui travaillent sur Vientiane : jeunes étudiants, baroudeurs engagés travaillant pour des O.N.G, ou tout simplement expat' de passage. ![]()
L'ambiance très "relax" de Vientiane plaît, même si les Occidentaux ne peuvent se dédouaner complètement des coups de bourre qui viennent rompre une certaine monotonie : business is business !
Mais l'ambiance reste jeune. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux. On dérape si vite vers le sentiment culpabilisant du néo-colonialisme.
Alors pas de personnel de maison, on apprend la langue et surtout on la joue cool avec les locaux. ![]()
L'une des grandes distractions de fin de semaine consiste à profiter des magnifiques paysages encore sauvages qui entourent la capitale. Passage initiatique obligé, Annette (Suédoise au français impeccable) propose de nous guider. C'est avec grand plaisir que nous sautons sur l'occasion. Rendez-vous est pris pour dans deux jours ! ![]()
| 6 juin 2004 |
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On aime beaucoup ce que fait Delphine ! Voici un extrait pour vous mettre l'eau à la bouche et vous inciter à aller vous balader sur : Phinette around the world
Je voudrais vous parler mieux de Vientiane mais je suis bien embêtée. Je suis restée une semaine, ce n'est pas rien, tout de même ! J'aurais bien aimé conclure sur une phrase du type : vous n'avez rien compris à Vientiane, c'est beaucoup plus excitant que ce que vous dites.
Je vous livre quelques impressions partiales et forcément partielles (je n'ai pas arpenté chaque rue de Vientiane)
Vientiane, capitale de la République Démocratique et Populaire du Laos, compte 150 000 habitants. Ca donne un repère. Pas la peine d'espérer y trouver l'excitation qu'on éprouve dans les villes asiatiques les plus laides, les plus grosses, les plus excessives mais foisonnantes, entreprenantes, excessives, vivantes quoi ! Vientiane est petite, mais tout de même ! Même la modeste Rangoon avait un coeur urbain, du corps, de la consistance, une vie ! A Vientiane les bureaux ferment tous à 17 heures et les rues se vident à 20 heures ! Je me croirais parfois à Mimizan Plage en plein hiver, alors que je suis a 200 m du coeur urbain !
"Une capitale à l'ambiance provinciale", m'avait-on dit. Mais le centre ville prétend se situer autour d'une fontaine ordinaire et la plupart du temps sans vie. Aucune densité, à cause de cet étalement mou de la ville. C'est a croire que les Laotiens, d'ordinaire si contraints par le relief à un habitat étriqué ont laissé libre cours à leur appétit foncier sur les rares plaines du Pays. Ni densité ni grand intérêt culturel ou architectural, hormis quelques temples, et une grosse poignée de maisons coloniales peu entretenues.
Le brave Guide du Routard fournit une explication historique à cette fadeur urbaine : le gouvernement communiste arrivé au pouvoir en 1975 aurait délibérément décidé de ne pas financer trop largement la reconstruction de Vientiane (endommagée par les bombardements américains) pour ne pas encourager l'exode rural...
Une capitale à l'image de ses habitants ? L'indolence, la décontraction sont des traits de caractère que beaucoup de gens connaissant le pays prêtent aux Laotiens. Ici, tout est cool...ne jamais se presser. Ne jamais hausser le ton.
Je suis peut être en train de vous raconter des inepties et faire un portrait injuste de Vientiane. J'aurais aimé vérifier tout cela avec des professionnels (et être contredite), mais cela n'a pas été possible.
La quiétude de Vientiane me manquera peut-être lorsque je serai à Phnom Penh. Les gargotes aux bords du Mekong, le "sabaidi" (bonjour) traînant des laotiens, leurs pratiques commerciales touchantes de maladresse.
| 5 juin 2004 |
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Pour rejoindre Vientiane, à 170 kilomètres au sud de Vang Vieng, on peut prendre le bus VIP plein de touristes, jouer les baroudeurs en choppant le bus local ou s'entasser dans un pick-up. A moins... d'y aller en kayak !
Bon, nous n'allons pas vous mentir, en réalité nous ne parcourons pas toute la distance à la rame : un pick-up au départ et à l'arrivée encadrent une agréable descente de 4 heures.
Même si l'agence a eu beau jeu de nous vendre les 3 "rapides" sensés jalonner notre parcours, la réalité est beaucoup moins trépidante.
Juste un court rapide où, soi-disant, 90% des aventuriers en herbe chavirent, que nous franchiront tous les quatre sans encombre : "Bravo les filles, Charlie est fier de vous !".
Comment, le type de l'agence avait oublié que le niveau de la rivière était quasiment au plus bas ?
Quoi qu'il en soit, nous n'en apprécions pas moins la balade.
Delphine ne manquera pourtant pas de créer l'événement pendant la pause déjeuner, en glissant sur un rocher en hauteur sur la falaise et à un mètre à peine du vide, s'entaillant le cuir chevelu qui a la fâcheuse tendance de beaucoup saigner.
Mais, fidèle à sa réputation, toute l'équipe a su garder son sang froid et éviter le pire. Un cataplasme de quelques plantes savamment choisies par notre guide et nous revoilà partis pour de nouvelles aventures !
| 4 juin 2004 |
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Voilà maintenant plusieurs jours que nous faisons équipe avec Stéphanie et Delphine. Trois belles drôles de dames prêtes à relever tous les défis en compagnie de leur "Charlie d'Eric".
Mais, si vous connaissez Marine et Eric, une rapide présentation de Delphine et Stéphanie s'impose. Delphine est l'artiste de l'équipe. Urbaniste de profession, elle aime à se lever tôt le matin pour réaliser une aquarelle à moins que ce ne soit pour croquer l'une de ces "gueules" qui viennent à sa rencontre. Amatrice de belles choses, pas moins volontaire et dynamique (gym tous les matins !
), Delphine aborde ses missions l'esprit tout aussi ouvert que critique. C'est avec un enthousiasme teinté d'incertitude qu'elle voyage pour un an, au rythme des rencontres et de son inspiration.
Stéphanie pour sa part a l'air trompeur d'une douce rêveuse un peu trop calme.
Il faut dire que notre amie aime prendre son temps le matin et profiter d'une trêve bien méritée après deux ans et demi à travailler en Malaisie. Mais une fois réveillée, impossible de l'arrêter et c'est sans surprise qu'on la voit caracoler en tête. C'est également loin d'être la dernière quant il s'agit de dégoter quelques gourmandises. Son favori : le pancake au chocolat ! ![]()
Pas de doute, avec ces trois drôles de dames Eric fait des jaloux et les rencontres se multiplient... ![]()
| 3 juin 2004 |
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Vang Vieng est décidemment un très beau site, à 170 bornes au nord de Vientiane. C'est aujourd'hui difficile à imaginer mais, il y a tout juste 3 ans, un petit village paisible s'étirait au bord de la rivière Nam Song, dans une région verdoyante peuplée de Hmongs et de Yaos et truffée de grottes et de cascades, de falaises et de pains de sucre calcaires. ![]()
Du fait de ces attraits naturels et culturels, depuis quelques années, le développement touristique s'est accéléré par l'arrivée massive de routards attirés par l'ambiance festive. Le village a, de toute évidence, pas mal perdu de son authenticité en croulant sous les enseignes néon et les menus "internationaux",
mais le site reste vraiment impressionnant et nous donne envie de l'explorer en moto tous les quatre...
| 2 juin 2004 |
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Il semble qu'une des motivations essentielles du travail du Laotien soit d'offrir un vélo à sa fille. Travailler plus que nécessaire est considéré comme irréligieux et de mauvais goût. Le père de famille cultive un lopin de terre qu'un bonze expert en la matière estime suffisant pour ses besoins. Si la famille compte six membres, elle cultivera six portions égales de terre. Si un enfant naît, la famille défrichera et travaillera une nouvelle parcelle. Lorsqu'un membre de la famille meurt, aïeul ou bébé, la culture de sa parcelle est arrêtée. La production suffit juste à couvrir les besoins de la famille et à fournir un léger surplus vendu au marché -avec l'approbation du bonze- pour acheter quelques objets nécessaires, limités aux stricts besoins, comme une écharpe en soie ou une bicyclette pour sa fille. Les assurances sociales n'existent pas, les nécessiteux non plus. Les vieillards ou les malades sont pris en charge par les jeunes ou, lorsqu'ils sont seuls et sans ressources, par la communauté. Les bonzes donnent alors les instructions pour que l'on cultive pour eux la terre nécessaire. L'accumulation de richesses non employées à des buts bien définis et approuvés est mal vue par les voisins : un processus parfaitement inverse à ce qui se passe en Occident. La principale différence entre le bouddhisme en Indochine et le christianisme - mis à part leurs mérites respectifs - réside dans le fait que le premier est, dans une très large mesure, vraiment mis en pratique.
C'est une réflexion stimulante pour un millionnaire occidental, obsédé par le besoin d'amasser des fortunes colossales pour sa réussite sociale - qu'il n'arrivera d'ailleurs pas à consommer lui-même -, que de penser qu'il atteindrait le même rayonnement personnel dans l'ordre social laotien et bouddhique par une austérité sacerdotale - en embrassant la forme de pauvreté la plus rigoureuse mais qui confère le plus grand prestige.
Norman Lewis, La nuit du dragon