| 30 juillet 2004 |
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Des événements imprévus, des visages nouveaux, la découverte d'une Malaisie inattendue ont rempli sans nous lasser ce mois de juillet. ![]()
Le temps s'y sera arrêté et les jours auront bel et bien glissé les uns sur les autres.
C'est quand nous pensons au retour, à la vie en France, que nous éprouvons cette sensation du temps qui avance.
Eh oui, parmi les ruines, dans le désert, au bord de la jungle sans âge et hors du cycle des saisons, nous aurons un peu habité l'éternité.
Il est des pays comme cela, dont la Malaisie, où les saisons diffèrent à peine.
"On ne meurt pas un peu chaque année, comme en Europe à la fin de l'automne.
On perd l'habitude de découper sa vie en petites parcelles pour les recoudre au tic-tac d'une montre.
Seul le contraste des jours et des nuits pourrait attester que la terre n'a pas cessé de tourner." Henri Fauconnier, Malaisie
Mais c'est à nous aujourd'hui de tourner autour de la terre car ce soir l'avion nous ramène à Paris, via Bangkok.
Onze mois pour venir jusqu'ici, un peu plus de onze heures pour rentrer, ![]()
O temps suspend ton vol...
| 29 juillet 2004 |
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"Il pleut beaucoup en Malaisie, mais on n'y connaît pas de jours maussades. Le ciel exulte, ou pleure à très chaudes larmes.
Souvent, le soir, vers quatre heures, un voile noir bien tendu monte de l'horizon.
Si tendu qu'en passant sur nos têtes il se déchire et s'effiloche.
Alors on entend le vent venir, et la pluie traîne sur les plaines derrière lui comme un vent plus lourd qui gronde.
Tout à coup les stores battent, le toit crépite, l'univers rayé disparaît.
La maison, isolée dans une nappe d'eau mouvante, est comme un sous-marin qui remonterait vite à la surface.
Cela dure une heure ou deux, puis le bas du voile se lève et découvre un soleil irrité.
La terre plus rouge fume, les verdures plus dorées se détachent en masses lourdes, aux contours nets, sur le fond d'outremer du nuage en fuite.
La Malaisie se contente de ce bain presque quotidien, et le reste du temps fait une cure solaire."
Henri Fauconnier, Malaisie
| 28 juillet 2004 |
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Nous nous en allons découvrir les différents quartiers de la capitale malaisienne : Chinatown, Little India, Colonial District...
Kuala Lumpur a été fondée en 1857 par des mineurs qui avaient trouvé de l'étain sur ce site pourtant peu accueillant qu'ils nommèrent "la confluence marécageuse".
Cela commençait mal car plus de la moitié de ces mineurs périrent de malaria mais le gisement d'étain suffit à attirer une foule importante parmi laquelle figuraient d'ambitieux Chinois.
En 1881, cette désormais grosse ville fut entièrement détruite par un incendie avant d'être reconstruite pour devenir la capitale de la nouvelle fédération des états malais à partir de 1896.
Aujourd'hui, cette ville n'est certes pas dénuée de charme grace à une architecture variée -quelques vieilles maisons bourgeoises au milieu des gratte-ciel, des mosquées, temples hindous ou chinois- et une population d'origines très diverses. ![]()
Pourtant nous sommes vite abrutis par le traffic et la pollution dans cette ville qui n'est résolument pas faite pour les piétons. ![]()
Il faut aussi bien avouer que nous n'avons pas vraiment l'esprit à faire du tourisme et pensons déjà trop au retour.
Alors nous errons un peu dans chacun des quartiers, profitant une dernière fois de l'ambiance, des gens et de la cuisine locale...
| 27 juillet 2004 |
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Il ne nous reste plus que quelques petites heures avant de devoir quitter Bornéo en direction de Kuala, notre dernière étape.
Nous flânons une dernière fois dans les rues de Miri, peuplées de sourires bienveillants.
Bien sûr, à peine arrivés à Kuala, l'atmosphère de cette grande ville nous prend un peu à la gorge : pollution, foule, prix élevés... l'isolement sauvage de Bornéo nous semble déjà loin !
Et puis après le grand hôtel de Labuan et les vues sur la campagne, nous voilà de nouveau enfermés dans un cube sans fenêtre.
Disons que cela facilitera notre départ... ![]()
| 26 juillet 2004 |
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Aujourd'hui est une journée un peu particulière : nous commençons par prendre un bateau de bonne heure pour quitter notre île de Labuan vers Brunei, d'où nous prendrons les différents bus qui devraient nous mener à Miri avant la nuit...
Et bien si cette journée est à marquer d'une pierre blanche c'est parce que il s'agit de la dernière que nous consacrerons ainsi aux transports...
Jongler avec des horaires aléatoires, vivre avec et comme les gens du coin, découvrir des moyens de locomotion improbables et des conditions de voyage parfois sportives, attendre sous des ventilateurs poussifs dans des halls décorés de guirlandes de Noël déglinguées, goûter de mystérieuses préparations culinaires emballées dans un papier journal ou un sac plastique et discuter avec des voisins quasiment toujours bienveillants, tel a été en général le programme de ces journées consacrées au mouvement et qui conserveront sans doute dans nos mémoires une saveur inédite.
Et encore, aujourd'hui le suspens est réduit car nous connaissons la route ! ![]()
| 25 juillet 2004 |
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"L'intérêt de la vie est dans la lutte qu'on livre ou croit livrer contre soi-même en faveur de soi-même. Se conquérir, se surpasser, ajouter à son poids des altères pour sauter plus haut."
De la piscine de notre hôtel où chaque jour nous tentons de battre notre propre record de longueurs, à l'esprit même de ce voyage, tel aura été notre moteur.
Déjà nous commençons à sentir les premiers effets de ce voyage. C'est maintenant que nous nous reposons que notre corps et notre esprit se rappellent à nous, car nous sous-estimons toujours la fatigue tant psychologique que physique inhérente au voyage. ![]()
En effet, tout au long du périple nous aurons plus ou moins consciemment cherché à nous surpasser, en rupture avec la routine et pour faire face à l'inévitable imprévu...
Mais nous nous posons à présent, abandonnant corps comme esprit au confort et à la volupté.
A moins que ce soit cela qu'on appelle prendre du recul !...
| 24 juillet 2004 |
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Vous allez sourire si on vous raconte notre journée... Par chance il fait un soleil radieux ce matin alors, au réveil, nous paressons comme des chats sur la terrasse inondée de soleil de notre chambre ! ![]()
Un regain d'énergie nous poussera au bord de la piscine avec un bouquin avant que la chaleur justifie quelques rafraîchissantes brassées pour finir par une balade en ville en fin de journée : les vacances en quelque sorte ! ![]()
| 23 juillet 2004 |
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"Le monde, vois-tu, le moindre coin du monde, est un livre des Mille et une Nuits, et mille et une signifie qu'on ne s'arrête pas à mille, ni à cent mille... Il y aura toujours une unité à mettre au bout de l'infini. Ne sens-tu pas que la Malaisie tu l'ignores encore ?"
Oui, nous aussi nous l'ignorons. Mais déjà une nouvelle étape s'annonce à nous, et nous avons fait le choix d'entamer la route du retour.
Il nous reste une semaine avant le grand retour. D'ici là, il nous faudra retourner sur Miri pour prendre l'avion vers Kuala Lumpur, notre dernière étape avant Paris...
Alors nous entendons profiter de ce laps de temps pour nous détendre afin de rentrer en pleine forme car nous nous attendons bien à ce que ce soit un autre genre d'aventure qui nous attende au retour ! ![]()
La première escale de programme est prévue à Labuan, cette île où nous nous arrêtons cette fois et pour bien en profiter : nous craquons pour un des plus beaux hôtels de l'île, qui possède une gigantesque piscine
et un confort résolument exceptionnel !
Voilà donc pourquoi ce texte est si court... nous sommes trop occupés à barboter ! ![]()
| 22 juillet 2004 |
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Au large de Bornéo se trouve une kyrielle de petites îles sauvages réputées pour leurs plages et leurs fonds marins. Nous en choisissons une au hasard pour aller y passer la journée.
Elle ne s'avère pas si sauvage en réalité car ce sont les vacances aussi à Bornéo et les touristes locaux débarquent par centaines sous nos yeux médusés.
En effet, de gros bateaux de passagers jettentl'encre devant les plages et débarquent les gens à coups de hors-bords de 30 places. Le spectacle ne laisse pas de nous fasciner : les touristes débarquent tous solidement ficelés dans des gilets de sauvetage jaunes. Ils ne quitteront plus ces derniers de la journée, pas plus que leurs combinaisons intégrales noir ou bleu roi qui évitent de prendre des couleurs.
Une fois débarqués sur l'île, des animateurs délimitent une large aire de baignade à l'aide d'un chapelet de bouées et distribuent masques et tubas à chaque passagers.
Nous ne sommes cependant pas au bout de nos surprises car tout le monde est maintenant à la queue leu-leu, munis toujours du gilet de sauvetage et de l'équipement de plongée pour aller les uns après les autres reluquer les poissons multicolores selon l'itinéraire balisé et tout en veillant scrupuleusement à garder une bouée sous la main...
En réalité, ce spectacle de petits baigneurs si calmes et disciplinés attire tout autant notre attention que les petits poissons juste en dessous.
Enfin, dans l'après-midi, tout le monde se remet en file indienne sur la plage mais cette fois pour attendre son tour dans le ballet des hors-bords qui font la navette jusqu'au bateau. Tiens, c'est curieux, il y a un jeune homme qui n'est pas dans la file, assis sur un caillou et qui plus est avec son gilet de sauvetage jaune à la main. Ce détail nous amuse d'autant plus qu'il s'agit d'un occidental, apparemment le seul de tout le groupe, et que quelques jeunes asiatiques manifestent encore timidement leur désir de le rejoindre. Voilà la dissidence qui pointe le bout de son nez !... ![]()
| 21 juillet 2004 |
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Flashback sur Paris, printemps 2003 : quelques mois avant de partir nous rencontrons Michel, géophysicien en pré-retraite qui est tombé amoureux de Bornéo au cours d'une mission et nous expliquait partager dorénavant son temps entre cette île paradisiaque et la France (l'été toute l'année en prime
). Il avait justifié son coup de coeur par son climat et son caractère sauvage mais aussi par sa diversité culturelle. Bornéo a en effet été longtemps rattachée au continent sud-est asiatique dont elle constituait l'extrémité. Or c'est son emplacement en cul-de-sac qui a fait de Bornéo l'aboutissement des grands flux migratoires, notamment de la vague partie d'Afrique pour traverser le Moyen-Orient, l'Inde puis l'Asie et que Michel a appelée "Route des Hommes". Voilà en somme ce qui nous a donné envie de venir jusqu'ici, Bornéo, notre but symbolique. Nous repensons souvent à Michel, qui doit être à Paris pour tout l'été, et à sa façon de nous parler de son île et de sa ville d'adoption en insistant sur le mélange des cultures et des confessions. Il avait précisé, détail amusant, que lui et sa femme avaient appris le chinois car "Il faut bien intégrer une famille" et que les Chinois (traditionnellement le groupe des commerçants et hommes d'affaires) sont celle avec qui nous aurions le plus de valeurs communes. Voilà. Il aurait aussi pu choisir les Malais mais ils habitent surtout les campagnes où ils sont majoritairement paysans, ou bien les Indonésiens mais ceux-ci sont tout à fait minoritaires, ou bien encore les Indiens mais ces derniers ne sont pas les plus ouverts. Nous regardons donc aujourd'hui KK avec les yeux de Michel et nous y prenons beaucoup de plaisir.
Par ailleurs, cette ville ne présente pas beaucoup d'attraits. Reconnaissons au passage que nous sommes ravis d'avoir eu cet objectif pour le chemin qu'il nous aura permis de parcourir, plus que pour sa valeur intrinsèque.
| 20 juillet 2004 |
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Etape décisive à KK (prononcer kéké), capitale de la province de Sabah, Bornéo. Décisive en effet car nous avons cette fois décidé de ne pas avancer davantage: il ne nous restera donc plus dorénavant qu'à faire le chemin en sens inverse.
Alors nous goûtons cette atmosphère de bout du monde.
Depuis que nous avons débarqué sur le port, quittant sans regrets notre bruyante embarcation dans laquelle une horde de passagers se trouvait confinée dans un habitacle frigorifique
, nous entreprenons de savourer notre ultime escale. Et oui, il faut bien l'avouer, nous commençons à avoir l'esprit sacrément accaparé par le retour, oscillant entre nostalgie et excitation. ![]()
| 19 juillet 2004 |
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Comme vous l'aurez noté hier, BSB et Brunei ne nous ont pas fait la meilleure impression qui soit. Certes, comme on aime à le répéter, si on n'apprécie pas un pays c'est qu'on a sans doute pas assez pris le temps de le connaître. Mais là, de toutes façons, nous n'avons ni le temps, ni l'argent, ni la motivation pour aller plus loin.
Oh, bien sûr, nous aurions bien l'éloge à faire de l'office de tourisme de BSB ou du chauffeur du bus... Mais d'un autre côté, l'ennui qui émane de cette ville et ses alentours, le tout saupoudré d'un conservatisme religieux hors d'âge (Marine aura eu le droit à la plus humiliante description du statut de la femme de la part d'un musulman
) nous découragent avant même d'avoir commencé ! ![]()
Allez, ça tombe bien car nous avons encore beaucoup à voir à Bornéo et nous partons sur-le-champ pour Labuan, souriante petite île malaysienne à l'est de Brunei et où l'alcool vendu hors taxe coule à flots... ![]()
| 18 juillet 2004 |
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Changement de programme : notre avion de ce matin pour Bario a été annulé à cause du mauvais temps !
Nous avions prévu une retraite de 5 jours au fin fond de la forêt, dans des montagnes qui ne sont accessibles que par avion, et il se trouve justement que l'hélicoptère qui a disparu récemment avec des gens importants dedans se trouvait dans ce secteur... Du coup, tout le monde n'en est que plus prudent dans des montagnes actuellement passées au peigne fin. Et peut-être n'était-ce pas le moment d'y aller alors ne perdons pas de temps et rebondissons... Cap à l'est !
Après avoir changé 4 fois de bus et traîné dans toutes les gares routières entre Miri et Bandar Seri Begawan (capitale du sultanat de Brunei, plus connue sous le diminutif de BSB), la journée touche à sa fin et c'est une bien drôle impression que nous laisse cette étrange pays refermé sur lui-même. Si Brunei fut jadis un grand empire, il n'en reste aujourd'hui plus grand chose, mis a part quelques centaines de Km2 gérés par sa richissime gracieuse majesté: Le Sultan ! Plus qu'un pays on a l'impression de rentrer dans l'enceinte d'une gigantesque entreprise, Shell-Brunei en l'occurrence. Tout ici semble avoir été pensé pour servir les intérêts de cette grande compagnie pétrolière paternaliste. Aucune autre activité n'a l'air d'avoir réussi à prendre. Le pays et sa capitale respirent l'ennui... ![]()
Le plus pathétique c'est que cette ville nous apparaît aujourd'hui dotée de ses plus beaux atours, drapeaux du sultanat aux fenêtres et guirlandes lumineuses entre les lampadaires, créant un semblant d'ambiance festive à l'occasion du 58e anniversaire de Sa Majesté... Le tout un tantinet artificiel...
Nous comprenons à présent d'autant mieux pourquoi certains des amis de Diana qui travaillent ici préfèrent venir faire la fête à Miri ! ![]()
| 17 juillet 2004 |
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Journée à Miri, à organiser notre départ de demain pour le sultanat de Brunei. Dernière soirée avec Diana, plus raisonnable, dans les salons d'un grand palace du coin et au cours de laquelle nous assistons à un spectacle étonnant. Devant la scène sur laquelle se produit un groupe des Philippines, un monsieur d'un certain âge danse et crée l'ambiance avec une énergie incroyable. Eric va le féliciter et ce monsieur se fait un plaisir de prendre la pause !
(voir photo)
Amusé, Eric montre les photos à Diana qui était restée assise. A notre grande surprise, elle commentera juste :"Ah, oui, c'est mon grand-père ! Il a 70 ans et sort environ deux soirs par semaine dans les dancing des grands hôtels, pendant que sa femme reste à la maison." ![]()
A la table d'à côté, un ministre malaisien discute avec ses conseillers de la récente et mystérieuse disparition d'un hélicoptère qui prive le gouvernement de certains collaborateurs.
C'est bien sûr Diana qui nous traduit la discussion et puis nous avions eu connaissance des faits par la presse.
Tiens, c'est vrai, on vous gratifie beaucoup moins de croustillants articles de journaux ces derniers temps. Il faut dire aussi que nous avons affaire à une presse autrement plus professionnelle en Malaisie. Alors c'est sûr, c'est beaucoup moins drôle...
En revanche, nous continuons à lire des bouquins et avons encore un passage à partager avec vous :
"Apprenant que les Malais étaient mahométans, je m'étais embarqué pour une espèce d'Algérie, mais j'avais débarqué dans une ville chinoise. Depuis mon arrivée, je vivais dans l'Inde. Et soudain je découvre que je suis en Polynésie.
Convertir un peuple à une religion ne modifie pas sa nature. C'est peindre de bois en faux-bois. L'homme est incapable d'abjuration. En lui les croyances se superposent les unes aux autres comme des couches de peinture, sans se mêler, sans s'annuler. L'ancien ton demeure et transparaît. Les chrétiens sont des païens badigeonnés de judaïsme et de christianisme. Leur foi reste triple et ils expliquent cette anomalie par un mystère. Ils ont une prédilection pour le Christ, mais ils craignent Jéhovah en Dieu le Père et ont baptisé le Grand Pan avec le nom de Saint-Esprit. Cependant ils ne savent pas aimer leurs ennemis mieux qu'à l'âge des cavernes, mais seulement mieux les tuer. Les Malais ont eux aussi leurs trois couches : animisme, hindouisme, islam. Ce sont des musulmans intransigeants, mais peu orthodoxes. Leurs incantations, qui débutent et s'achèvent sur le nom d'Allah, s'adressent en outre à mille démons honnis par le prophète. Allah est très miséricordieux, et on ne manque pas de le lui rappeler chaque jour. Mais un esprit subalterne a l'esprit plus étroit. Il est plus sensible encore aux compliments. Il ne dédaigne pas quelques petites offrandes, mais il est prompt à chercher noise. La vie des Malais se passe à essayer de ne pas marcher sur le pied invisible de quelque chatouilleuse divinité."
Henri Fauconnier, Malaisie, 1930
| 16 juillet 2004 |
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Les grottes de Niah sont cachées au fond de la jungle. On y accède par 3 Km d'un sentier humide et sinueux. Il s'agit là d'un des plus petits parcs du Sarawak mais la végétation n'en est pas moins impressionnante, et notamment les tapang : arbres géants qui ont développé des racines plus hautes que nous, à la façon de contreforts le long de leur tronc. ![]()
Une fois devant la grotte principale, nous sommes saisis par ses proportions : 60 m de haut, 250 m de large. Habitat de luxe pour hommes des cavernes ! Si les archéologues y ont effectivement fait la découverte majeure des plus anciennes traces humaines d'Asie du sud-est (paléolithique), le site n'a aujourd'hui toujours pas perdu son importance auprès des populations locales. C'est en effet ici que sont collectés les nids d'hirondelle, mais aussi le guano (1 tonne par jour), transporté du fin fond de la grotte à dos d'hommes dans des sacs de 50 kg ! ![]()
Ce n'est en revanche pas la saison pour collecter les nids et il ne subsiste que de fines perches en bambou amarrées au plafond, témoins de cette activité d'équilibriste ! ![]()
Nous rentrons en fin de journée à Miri où nous attend Diana pour une nouvelle soirée dont elle a le secret !
| 15 juillet 2004 |
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Réveil avec, comme il se doit, une bonne gueule de bois ! ![]()
Aujourd'hui nous avons prévu d'aller visiter les grottes de Niah, à 100 Km au sud de Miri et d'y passer la nuit.
Ces grottes immenses sont réputées pour leurs peintures rupestres et pour abriter les fameuses hirondelles qui fabriquent leurs nids à base de salive et dont nos amis Chinois sont si friands !
Une fois de plus, à peine arrivés à l'arrêt de bus et une voiture propose de nous emmener pour le prix du trajet en bus. Son chauffeur, musulman, est l'une de ces merveilleuses personnalités qui auront émaillé notre voyage. Enthousiaste, généreux, paternaliste, il nous raconte sa vie sous l'occupation japonaise, comme soldat pour l'armée britannique en lutte contre l'Indonésie puis les communistes, comme policier à Batu Niah ("où il n'y a jamais de crime") et enfin comme chauffeur, de bus puis à son propre compte. Une vie miroir de l'histoire de ce jeune Etat de Sarawak, aujourd'hui encore relativement indépendant de la Malaisie péninsulaire.
Nous profitons de l'ambiance sereine du parc national qui abrite les grottes en question pour nous reposer des excès de la veille.
De nouveau nous nous laissons bercer par le concert envoûtant des habitants de la jungle !
| 14 juillet 2004 |
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Comme il ne nous reste plus beaucoup de temps et qu'en tous cas nous voulons en profiter jusqu'au bout, nous avons opté pour l'avion pour rejoindre Miri, 2e ville du Sarawak, à la frontière de l'état du Brunei. A peine arrivés à la gare routière de Kuching et un bus arrive qui nous conduit à l'aéroport. Timing parfait
et c'est reposés et détendus que nous arrivons à Miri. Après tous ces kilomètres en bus et en train, nous nous extasions de la facilité et du confort du voyage aérien. ![]()
A peine avons-nous posé nos bagages devant l'arrêt de bus de l'aéroport de Miri qu'une voiture s'arrête. Diana, 22 ans, propose de nous déposer en ville, puis nous invite à dîner puis à rejoindre ses amis pour une soirée bien arrosée.
La grande majorité des gens que nous rencontrons ce soir a un travail en rapport avec le pétrole et gagne bien sa vie.
Miri et sa communauté chinoise nous ouvrent leurs portes !
En effet, après un bon gueuleton (crabe et crevettes) au bord de l'eau, nous avons le droit au typique karaoké, au bar branché, avant de finir passablement éméchés en boîte de nuit.
Miri est réputée pour son hospitalité et sa vie nocturne et ce n'est pas nous qui dirons le contraire !
| 13 juillet 2004 |
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Kuching, "la ville des chats" est la capitale de Sarawak. Une grosse bourgade alanguie au bord de la rivière Sarawak. C'est résolument une ville dans laquelle il fait bon se promener, entre marchés et vieilles maisons de commerçants. L'ambiance aussi est des plus plaisantes, les habitants semblent si détendus et accueillants. Il faut dire qu'il existe une longue tradition de respect de l'autre qui a permis aux différentes vagues d'immigrants de construire ensemble. ![]()
C'est ce que nous constatons en nous baladant dans les quartiers indiens ou chinois ou en visitant les musées gratuits consacrés à chaque groupe !
| 12 juillet 2004 |
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De l'aileron de requin aux nids d'hirondelles, les Chinois n'ont décidément rien à envier aux Français en matière de denrées étranges... ![]()
Nous apprenons justement que Sarawak fournit presque 20% de la production mondiale de nids d'hirondelles. Ces nids sont construits pendant la saison de la reproduction à base de salive et c'est cette salive solidifiée qui constitue ce mets si prisé et une ressource non négligeable car vendue pas loin de 6000 Euros le kilo (environ 2/3 du prix de l'or !).
De toute évidence cette spécialité est très appréciée par la communauté chinoise de par le monde, et ce au moins depuis le 16e siècle, période pour laquelle les archives impériales chinoises mentionnent l'utilisation de ces nids dans l'alimentation et la pharmacopée. ![]()
Au 18e siècle, sa consommation se démocratise et la Chine importe à elle seule 76 tonnes de nids, (rien que ça !) tendance qui va encore s'amplifier puisqu'en 1992 Hongkong importe 160 tonnes (dont 34 tonnes proviennent de Malaisie et génèrent l'équivalent de 22 millions d'Euros de revenu). ![]()
Aujourd'hui, les principaux consommateurs sont Singapour, Hongkong, la Chine, le Japon, la Thaïlande et la Malaisie.
Je sais, cela peut paraître peu appétissant mais c'est très bon pour la santé ! 100 grammes de nids représentent entre 320 et 345 Kcal, 0,3% de graisse, 85% de protéines,
du calcium et du fer ; rien que ça ! Sa consommation est d'ailleurs préconisée pour conserver une peau de bébé, en période de convalescence, avant ou après un accouchement... Préférer alors la préparation sous forme de bouillon (2h de cuisson dans un peu d'eau, qu'il est possible d'aromatiser avec une cuillerée de sucre ou de ginseng 10 minutes avant la fin), à prendre au réveil.
Plus prisée encore, la recette pour étonner vos convives :
Faire revenir ensemble :
37,4 g de nids
30 g de dés de poulet
30 g de champignons
Des œufs de caille durs et épluchés
2 tasses de sauce de poulet
1 cuillerée à café d'huile végétale
1 cuillerée à café de gingembre émincé.
| 11 juillet 2004 |
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Pas de route pour rejoindre le parc de Bako, accessible uniquement en bateau. Du coup, les nuits appartiennent entièrement à la jungle. Après le concert des hommes, la Nature nous offre le sien. Nous en profitons pour essayer une fois encore la fonction son de notre appareil photo. On vous laisse écouter...
"Il y a un moment où rien ne laisse deviner l'approche du matin, et soudain une petite brise, qui semble sortir du sol, frôle les feuilles avec le bruit d'un rideau qui se lève. Et aussitôt voici le "Te-te-goh", l'oiseau des crépuscules, qui sème dans l'air ses trois notes claires : une note piquée, deux notes liées dont la dernière retombe, file et s'efface comme une étincelle. Tet! Te gooo... Il n'a droit, matin et soir, qu'à quelques minutes de chasse entre l'obscurité vide d'insectes et la lumière qui lui brûle les yeux. Mais il est si heureux qu'il chante toutes ses captures, et sa voix me dessine dans le ciel ses arabesques invisibles. D'autres oiseaux, peu à peu interviennent. Manifestations timides, on se siffle, on s'appelle. Puis les ritournelles se précisent. Chaque instrument a son refrain préféré. Bientôt les rythmes se mêlent, l'orchestre au complet vibre et module, orchestre léger de xylophones, fifres et pipeaux, et parfois un petit tour de crécelle, un petit coup sur un tambourin...
Mais tout ce babil naïf et un peu désordonné des oiseaux n'est qu'un prélude. Des voix plus sonores se détachent des cimes lointaines. Le son est flûté, mais plein et souple, comme d'une flûte qui aurait le calibre d'un tuyau d'orgue et posséderait toutes les ressources de glissement, du grave à l'aigu, du violoncelle. Un chœur nombreux s'organise. A mesure que croît la lumière et que les brouillards du matin s'évaporent, un long crescendo d'interrogations de plus en plus hautes, rapides, passionnées, s'élève. Et quand le soleil jaillit enfin des montagnes, cela s'épanouit en une longue acclamation. C'est l'hymne grandiose des singes gibbons. "
Henri Fauconnier, Malaisie, 1930
| 10 juillet 2004 |
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N'avez-vous jamais entendu parler du singe proboscis (nasique en français) ? Si, certainement ! Ce sont ces gros singes facilement reconnaissables de par leur imposant nez, surtout les mâles dont l'appendice nasal occupe la moitié du visage. Et bien Bako est l'un des très rares endroits au monde où on peut les voir à l'état sauvage. Mais attention, si son cousin macaque (aussi présent dans le parc national de Bako) n'hésite pas à rentrer dans l'intimité du visiteur pour chaparder tout ce qui brille ou se mange, si les singes argentés à longue queue viennent facilement jouer autour de la cantine du parc, les singes à grand nez sont plutôt du genre discret.
Alors si vous voulez en rencontrer, pénétrez dans la jungle ou la mangrove, armez-vous de patience et d'un peu de chance. Cette dernière ne nous fera pas défaut
et, dès notre premier trek dans la forêt, nous tombons nez-à-nez avec le grand singe qui partage tout à fait notre surprise. ![]()
Une dernière balade de nuit, seuls dans la jungle, forte en émotions : séance grand frisson ! ![]()
Son de la jungle à Bako
Son de la jungle à Bako
Son de la jungle de nuit à Bako
| 9 juillet 2004 |
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Nous sommes tout juste arrivés pour le début de l'inattendu "Rainforest World Music Festival" qui commence aujourd'hui pour trois jours.
L'ambiance est à la fête et nous en profitons pour passer la journée au très intéressant centre culturel où dans l'après-midi ont lieu des rencontres d'une heure avec les artistes avant les concerts en fin de journée. Nous y faisons la rencontre de musiciens Indiens du Bengale aussi accessibles qu'enthousiasmants, et d'un groupe brésilien du Nordeste, pour le moins engagé. Après un apéro avec une allemande de Singapour et un dîner en compagnie d'un danseur malaisien, nous nous joignons à la foule en délire pour une intense soirée en musique : un groupe irakien pour commencer, suivi par un groupe sicilien, puis malais et pour finir un groupe Malien sans oublier l'intermède tout britannique !
Merveilleuse ambiance dont nous aurions bien profité encore si tous les participants prévoyants n'avaient pas ensuite réservé toutes les chambres des bungalows du parc national de Bako.
Il nous faudrait donc profiter des dernières disponibilités qui sont pendant le festival. Entre les deux notre cœur balance, mais on nous a dit tellement de bien du parc et de ses singes que nous y réservons une chambre pour demain soir...
Musique irakienne au Rainforest World Music Festival de Borneo
Musique indienne au Rainforest World Music Festival de Borneo
| 8 juillet 2004 |
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Bornéo est une grosse île à mi-chemin de la péninsule indochinoise, des Philippines et des îles de la Sonde, entre la mer de Chine du Sud et le détroit de Makassar. C'est l'extrémité orientale de la plaque tectonique eurasiatique.
La majeure partie du territoire de Bornéo fait partie de l'Indonésie mais le nord de l'île est divisé en plusieurs états autrefois connus sous le nom de Nord Bornéo : Sarawak, Brunei et Sabah.
Sabah et Sarawak ont rejoint en 1963 la Fédération de Malaisie, bien que n'ayant pas de Sultans à leur tête. Au contraire, le Sultanat de Brunei est resté à l'écart, confiant sa défense aux troupes britanniques et sa monnaie à Singapour.
Les principaux attraits de Sarawak sont la nature (forêts, animaux, montagnes) et l'hospitalité.
| 7 juillet 2004 |
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On en rêvait en quittant la France puis on avait renoncé à cette idée (trop loin, trop compliqué...) et nous y sommes finalement arrivés ! ![]()
Il faut dire qu'il est vraiment facile de voyager en Malaisie et que cela contribue grandement à nous faire pousser des ailes : les gens sont prévenants, accueillants, honnêtes et tout à fait anglophones, les prix sont affichés partout (plus d'embrouilles possibles) et les acteurs du tourisme tout à fait dynamiques ! ![]()
Tiens, d'ailleurs, vendredi commence le Rainforest World Music Festival. Ce sera dans la jungle... Alors, après les soldes à Singapour, sans transition nous profiterons de la musique de la forêt à Bornéo !
| 6 juillet 2004 |
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Dans des bus, souvent ; dans des trains aussi ; sur le pont d'un bateau ou dans le désert même, une fois ; mais alors dans un hall d'aéroport, jamais elle ne m'avait fait le coup !
Seulement voilà, demain nous volons à 7 heures du mat' pour Kuching, sur l'île de Bornéo, alors nous passerons la nuit dans le hall de l'aéroport de Johor Baru... Incontestablement notre plus grand dortoir avec salle de bain en marbre et puis c'est quand même plus classe qu'un ixième hôtel miteux !
| 5 juillet 2004 |
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Le remarquable Musée des Civilisations Asiatiques présente les cultures des différentes vagues d'immigrants qui se sont succédés dans les 200 dernières années pour former l'actuelle population de Singapour.
On y trouve 10 galeries thématiques dotées de supports multimédia, résumant les cultures indiennes et ouest asiatiques (une parfaite synthèse pour nous
), mais aussi chinoises et sri lankaises.
On y comprend bien comment tous ces groupes ont été attirés par le dynamisme du port, le développement des mines d'étain et l'industrie du caoutchouc de la péninsule ; pour former aujourd'hui une entité hétéroclite fière de sa nouvelle identité.
| 4 juillet 2004 |
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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de l'indépendance américaine ! Les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la France : autant de nations qui affichent leurs cultures à travers leurs produits dans les innombrables super-hyper centres commerciaux de Singapour.
La Chine populaire et ses usines à "merdouilles" incroyablement bon marché : mais comment peut-on vendre une montre pour $0,5 ?
Les Etats-Unis avec ses grandes grandes marques standardisées, hors de prix (Starbuck café, Levis, CK...) mais qui se vendent comme des petits pains.
Le Japon avec ses produits grand public au rapport qualité prix aussi parfait que leur manque de sex-appeal... (voitures, Hi-fi, Mugi...)
Et enfin la France, éternel leader du Luxe et de la gastronomie, à des prix très... exclusifs !
C'est dans ces moments là qu'on ne peut aucunement renier ses origines, malgré 10 mois de lavage de cerveau. A peine revenus dans notre univers de consommation et nous sommes attirés encore et toujours par... l'exclusif.