11 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

Désir quand tu nous tiens...

Nous partons cet après-midi pour Bangkok, quittant ainsi Delphine qui poursuit vers le Cambodge et en compagnie de qui nous aurons décidément passé un séjour très agréable. Roi
D'ici-là nous faisons la connaissance de Souxana, un Français d'origine laotienne fraîchement débarqué au pays de ses racines pour y travailler au développement du tourisme. DESS de commerce international, parlant laotien, thaï, chinois, anglais et français : de bons outils pour une intégration en douceur ! Souxana nous fait part de ses premières impressions après un peu plus d'un mois sur place, de ses appréhensions aussi. Il nous avoue même avoir été particulièrement gêné à l'occasion de sa première soirée avec des collègues laotiens ; en découvrant que l'adultère est un "sport national". Interloqué
"Aller voir des filles, même en étant marié, semble complètement normal, au même titre qu'un Anglais irait boire une bière en sortant du bureau !" Soupconneux On dirait d'ailleurs que l'alcool n'est pas non plus vraiment absent de ces soirées... Bref, on sent à ce sujet une certaine déception dans la voix de notre interlocuteur. Triste

Nous ne pouvons alors nous empêcher de faire un rapprochement avec nos lectures au sujet du rôle de l'homme et de la femme dans cette société. Pour ce que nous en avons compris en tous cas, la femme serait considérée comme détentrice des valeurs traditionnelles, facteur de stabilité et d'harmonie alors que l'homme serait traditionnellement plus en prise avec le monde extérieur (sous-entendu le danger et la tentation). Ironie

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10 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

L'air de la campagne

Va-t-y pleuvoir ou va-t-y pas pleuvoir ? Nous attendons patiemment la fin de notre quotidienne averse matinale et c'est parti !
Annette, accompagnée de Rodolphe, nous guide à moto vers les montagnes sauvages au nord de Vientiane. Large sourire La capitale n'a pas vraiment de banlieue et très vite nous pouvons profiter du bon air de la campagne.

Que dire de cette agréable journée où tout se passe comme sur des roulettes ? Pas d'événement extraordinaire mais une succession de très beaux paysages en très agréable compagnie. Roi
Nous apprécions particulièrement le pique-nique soupe aux nouilles à manger avec les baguettes taillées dans le bambou tout proche. Miam
Nous nous installons en amont d'un barrage en construction, dans une plaine en sursis qui bientôt aura disparu sous les flôts.

Après nous être perdus sur des routes en terre traversant ça et là quelques rares villages isolés reliés à pieds par des colporteurs décidemment pas pressés, nous finissons la journée dans un splendide parc national réputé pour ses grands pins.
Delphine ne manquera pourtant pas, une fois de plus, d'agrémenter cette journée d'une petite frayeur lorsqu'elle prendra un sens interdit non indiqué et se fait arrêter par la police ! Grosse peur Heureusement, des jeunes travaillant pour notre loueur de moto viennent à la rescousse et nous remercions nos "charmants policiers" d'avoir sauvé Delphine et les gratifions d'une prime exceptionnelle de 2 dollars... Clin d'oeil

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9 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

La jungle urbaine !

Cela fait déjà deux jours que Stéphanie nous a quittés pour le Vietnam Larme et nous n'avons toujours pas décollé de Vientiane, profitant avec Delphine pour quelques jours encore de cette impression de "bout du monde" toute laotienne.
Et oui, une fois que nous aurons basculé en Thaïlande vers la Malaisie, le spectre de la modernité ne sera probablement jamais plus très loin...

D'ailleurs nous avons déjà songé plusieurs fois à bouleverser nos plans en nous laissant aspirer par la Chine dont les influences n'ont cessé de se rappeler à nous depuis le Cambodge, aiguisant notre curiosité. Il serait même aujourd'hui encore possible de piquer plein nord, à la rencontre de ce géant qui fascine, mais il nous faudrait alors sans doute des mois pour une bonne immersion... Non, vraiment, ce serait plutôt un autre voyage, ma foi très tentant, jusqu'en Chine en passant par l'Asie centrale peut-être... Une autre fois ! Large sourire

En attendant, vivons pleinement l'instant présent. Ouvrons tout grand nos yeux dans la ville et n'hésitons pas à nous émerveiller devant le spectacle de ces petites filles qui promènent de superbes papillons volants péniblement... au bout d'une ficelle ! Interloqué Non loin, dans le centre-ville, d'autres enfants prennent place sur le dos d'un ours ou d'un tigre en plastique luisant, montures d'une fête foraine toute entière concentrée dans un hall éclairé au néon et résonnant du vacarme étourdissant de la ferraille mal huilée. Sur le trottoir, des mamans attendent sur des chaises en plastique. Dans leur dos, des Indiens ont poussé leurs stands roulants et préparent des chapati (galettes) nappés de miel ou de lait concentré.

C'est la fin de journée, nous allons acheter notre pique-nique sur le marché où nous regardons la bouchère couper un énorme iguane en tranches. Interloqué Des brochettes de poulet ou de poisson et du riz gluant constituent la base de notre menu que nous dégustons sur une petite table en pierre dans la rue, parmi tous les chats du quartier réunis pour un concert ! Miam

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8 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

Un éléphant...

L'éléphant blanc, animal rare, est en fait un éléphant albinos. Partout dans les pays indianisés, il a été, de tout temps, offert au Souverain comme un signe puissant de bonheur et de prospérité. Roi En 1988, a été découvert dans le Grand Sud, un éléphanteau blanc. Amené en cortège et en grande pompe à Paksé, la télévision laotienne s'en est emparé pour l'interviewer et en a tiré un charmant documentaire dont voici un temps fort :
- Veux-tu retourner dans le Sud, au Cambodge ?
- Non, répond, de la tête, l'animal.
- Veux-tu aller à l'Ouest, en Thaïlande ?
- Nouveau refus de la tête et de la trompe.
- Veux-tu aller à Vientiane, rendre visite à l'oncle Kaysone (le premier ministre) ?
- Acquiescement souriant de la trompe et de la tête, conclut le pachyderme.
Pour le Laotien moyen, il ne fait aucun doute que la République Démocratique du Laos, ainsi élue par l'Eléphant blanc, est, non seulement légitimée mais, de plus, assurée d'un avenir prospère. Ironie

Et aujourd'hui encore le pachyderme jouit-il d'une bonne cote de popularité au zoo de Vientiane où on vient en masse à sa rencontre.

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7 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

Vivre à Vientiane

C'est vrai, comme Delphine nous avons vainement cherché l'âme vibrante de Vientiane. Pourtant, c'est sûr, elle existe ; mais pour la découvrir il faut faire des rencontres. Le hasard ne nous aura pas permis de faire la connaissance d'un Kannara laotien... Triste En revanche, nous avons le plaisir de passer un peu de temps avec plusieurs Français qui travaillent sur Vientiane : jeunes étudiants, baroudeurs engagés travaillant pour des O.N.G, ou tout simplement expat' de passage. Large sourire

L'ambiance très "relax" de Vientiane plaît, même si les Occidentaux ne peuvent se dédouaner complètement des coups de bourre qui viennent rompre une certaine monotonie : business is business ! Clin d'oeil
Mais l'ambiance reste jeune. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux. On dérape si vite vers le sentiment culpabilisant du néo-colonialisme. Gêne Alors pas de personnel de maison, on apprend la langue et surtout on la joue cool avec les locaux. Respect

L'une des grandes distractions de fin de semaine consiste à profiter des magnifiques paysages encore sauvages qui entourent la capitale. Passage initiatique obligé, Annette (Suédoise au français impeccable) propose de nous guider. C'est avec grand plaisir que nous sautons sur l'occasion. Rendez-vous est pris pour dans deux jours ! Roi

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6 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

Vientiane vue par Delphine

On aime beaucoup ce que fait Delphine ! Voici un extrait pour vous mettre l'eau à la bouche et vous inciter à aller vous balader sur : Phinette around the world

Je voudrais vous parler mieux de Vientiane mais je suis bien embêtée. Je suis restée une semaine, ce n'est pas rien, tout de même ! J'aurais bien aimé conclure sur une phrase du type : vous n'avez rien compris à Vientiane, c'est beaucoup plus excitant que ce que vous dites.

Je vous livre quelques impressions partiales et forcément partielles (je n'ai pas arpenté chaque rue de Vientiane)

Vientiane, capitale de la République Démocratique et Populaire du Laos, compte 150 000 habitants. Ca donne un repère. Pas la peine d'espérer y trouver l'excitation qu'on éprouve dans les villes asiatiques les plus laides, les plus grosses, les plus excessives mais foisonnantes, entreprenantes, excessives, vivantes quoi ! Vientiane est petite, mais tout de même ! Même la modeste Rangoon avait un coeur urbain, du corps, de la consistance, une vie ! A Vientiane les bureaux ferment tous à 17 heures et les rues se vident à 20 heures ! Je me croirais parfois à Mimizan Plage en plein hiver, alors que je suis a 200 m du coeur urbain !

"Une capitale à l'ambiance provinciale", m'avait-on dit. Mais le centre ville prétend se situer autour d'une fontaine ordinaire et la plupart du temps sans vie. Aucune densité, à cause de cet étalement mou de la ville. C'est a croire que les Laotiens, d'ordinaire si contraints par le relief à un habitat étriqué ont laissé libre cours à leur appétit foncier sur les rares plaines du Pays. Ni densité ni grand intérêt culturel ou architectural, hormis quelques temples, et une grosse poignée de maisons coloniales peu entretenues.

Le brave Guide du Routard fournit une explication historique à cette fadeur urbaine : le gouvernement communiste arrivé au pouvoir en 1975 aurait délibérément décidé de ne pas financer trop largement la reconstruction de Vientiane (endommagée par les bombardements américains) pour ne pas encourager l'exode rural...

Une capitale à l'image de ses habitants ? L'indolence, la décontraction sont des traits de caractère que beaucoup de gens connaissant le pays prêtent aux Laotiens. Ici, tout est cool...ne jamais se presser. Ne jamais hausser le ton.

Je suis peut être en train de vous raconter des inepties et faire un portrait injuste de Vientiane. J'aurais aimé vérifier tout cela avec des professionnels (et être contredite), mais cela n'a pas été possible.

La quiétude de Vientiane me manquera peut-être lorsque je serai à Phnom Penh. Les gargotes aux bords du Mekong, le "sabaidi" (bonjour) traînant des laotiens, leurs pratiques commerciales touchantes de maladresse.

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5 juin 2004 Laos Laos - Vientiane

Frissons en eaux vives...

Pour rejoindre Vientiane, à 170 kilomètres au sud de Vang Vieng, on peut prendre le bus VIP plein de touristes, jouer les baroudeurs en choppant le bus local ou s'entasser dans un pick-up. A moins... d'y aller en kayak ! Surpris Bon, nous n'allons pas vous mentir, en réalité nous ne parcourons pas toute la distance à la rame : un pick-up au départ et à l'arrivée encadrent une agréable descente de 4 heures. Lunettes
Même si l'agence a eu beau jeu de nous vendre les 3 "rapides" sensés jalonner notre parcours, la réalité est beaucoup moins trépidante. Ironie Juste un court rapide où, soi-disant, 90% des aventuriers en herbe chavirent, que nous franchiront tous les quatre sans encombre : "Bravo les filles, Charlie est fier de vous !". Clin d'oeil Comment, le type de l'agence avait oublié que le niveau de la rivière était quasiment au plus bas ? Soupconneux Quoi qu'il en soit, nous n'en apprécions pas moins la balade.

Delphine ne manquera pourtant pas de créer l'événement pendant la pause déjeuner, en glissant sur un rocher en hauteur sur la falaise et à un mètre à peine du vide, s'entaillant le cuir chevelu qui a la fâcheuse tendance de beaucoup saigner. Grosse peur Mais, fidèle à sa réputation, toute l'équipe a su garder son sang froid et éviter le pire. Un cataplasme de quelques plantes savamment choisies par notre guide et nous revoilà partis pour de nouvelles aventures !

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4 juin 2004 Laos Laos - Vang Vieng

Trois drôles de dames

Voilà maintenant plusieurs jours que nous faisons équipe avec Stéphanie et Delphine. Trois belles drôles de dames prêtes à relever tous les défis en compagnie de leur "Charlie d'Eric". Clin d'oeil
Mais, si vous connaissez Marine et Eric, une rapide présentation de Delphine et Stéphanie s'impose. Delphine est l'artiste de l'équipe. Urbaniste de profession, elle aime à se lever tôt le matin pour réaliser une aquarelle à moins que ce ne soit pour croquer l'une de ces "gueules" qui viennent à sa rencontre. Amatrice de belles choses, pas moins volontaire et dynamique (gym tous les matins ! Respect), Delphine aborde ses missions l'esprit tout aussi ouvert que critique. C'est avec un enthousiasme teinté d'incertitude qu'elle voyage pour un an, au rythme des rencontres et de son inspiration.
Stéphanie pour sa part a l'air trompeur d'une douce rêveuse un peu trop calme. Soupconneux Il faut dire que notre amie aime prendre son temps le matin et profiter d'une trêve bien méritée après deux ans et demi à travailler en Malaisie. Mais une fois réveillée, impossible de l'arrêter et c'est sans surprise qu'on la voit caracoler en tête. C'est également loin d'être la dernière quant il s'agit de dégoter quelques gourmandises. Son favori : le pancake au chocolat ! Miam

Pas de doute, avec ces trois drôles de dames Eric fait des jaloux et les rencontres se multiplient... Roi

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3 juin 2004 Laos Laos - Vang Vieng

Présentation de Vang Vieng

Vang Vieng est décidemment un très beau site, à 170 bornes au nord de Vientiane. C'est aujourd'hui difficile à imaginer mais, il y a tout juste 3 ans, un petit village paisible s'étirait au bord de la rivière Nam Song, dans une région verdoyante peuplée de Hmongs et de Yaos et truffée de grottes et de cascades, de falaises et de pains de sucre calcaires. Large sourire
Du fait de ces attraits naturels et culturels, depuis quelques années, le développement touristique s'est accéléré par l'arrivée massive de routards attirés par l'ambiance festive. Le village a, de toute évidence, pas mal perdu de son authenticité en croulant sous les enseignes néon et les menus "internationaux", Triste mais le site reste vraiment impressionnant et nous donne envie de l'explorer en moto tous les quatre...

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2 juin 2004 Laos Laos - Vang Vieng

Un p'tit vélo

Il semble qu'une des motivations essentielles du travail du Laotien soit d'offrir un vélo à sa fille. Travailler plus que nécessaire est considéré comme irréligieux et de mauvais goût. Le père de famille cultive un lopin de terre qu'un bonze expert en la matière estime suffisant pour ses besoins. Si la famille compte six membres, elle cultivera six portions égales de terre. Si un enfant naît, la famille défrichera et travaillera une nouvelle parcelle. Lorsqu'un membre de la famille meurt, aïeul ou bébé, la culture de sa parcelle est arrêtée. La production suffit juste à couvrir les besoins de la famille et à fournir un léger surplus vendu au marché -avec l'approbation du bonze- pour acheter quelques objets nécessaires, limités aux stricts besoins, comme une écharpe en soie ou une bicyclette pour sa fille. Les assurances sociales n'existent pas, les nécessiteux non plus. Les vieillards ou les malades sont pris en charge par les jeunes ou, lorsqu'ils sont seuls et sans ressources, par la communauté. Les bonzes donnent alors les instructions pour que l'on cultive pour eux la terre nécessaire. L'accumulation de richesses non employées à des buts bien définis et approuvés est mal vue par les voisins : un processus parfaitement inverse à ce qui se passe en Occident. La principale différence entre le bouddhisme en Indochine et le christianisme - mis à part leurs mérites respectifs - réside dans le fait que le premier est, dans une très large mesure, vraiment mis en pratique.
C'est une réflexion stimulante pour un millionnaire occidental, obsédé par le besoin d'amasser des fortunes colossales pour sa réussite sociale - qu'il n'arrivera d'ailleurs pas à consommer lui-même -, que de penser qu'il atteindrait le même rayonnement personnel dans l'ordre social laotien et bouddhique par une austérité sacerdotale - en embrassant la forme de pauvreté la plus rigoureuse mais qui confère le plus grand prestige.

Norman Lewis, La nuit du dragon

Baignade d'Eric à Vang Vieng Coucher de soleil à Vang Vieng Mekong à Luang Prabang Petit pont de bambou à Vang Vieng
Rue de Luang Prabang      
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1 juin 2004 Laos Laos - Vang Vieng

Les Laos

Les Laos sont réputés pour leur rythme lent, d'autant plus perceptible en arrivant du bouillant Vietnam. Beaucoup de routards adorent cette ambiance nonchalante, authentique, qu'ils jugent encore peu touchée par le marketing et où le rapport au touriste n'est pas systématiquement faussé par l'argent. Roi En fait, nombre de Laos, même dans les zones touristiques, sont encore intimidés par nos étranges comportements. Gêne Une timidité naturelle qui peut parfois prendre la forme d'un certain dédain ou provoquer un comportement maladroit voire agressif.
Mais un sourire, un mot gentil, un peu de discrétion, et les Laos révèlent tout leurs charmes subtils dont une grande ingénuité toute emprunte d'insouciance.

Pour savourer au mieux les attraits de ce pays, il vaut mieux se laisser aller à ce rythme indolent, aborder les locaux avec douceur, utiliser l'humour et le respect des traditions comme autant de sésame ouvrant la porte aux mille sourires. Large sourire

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31 mai 2004 Laos Laos - Luang Prabang

Le Marapu des îles Sumba

Il ne faut jamais sous-estimer la force des ancêtres ! Interloqué
Un jour, en tous cas, un jeune prince des îles Sumba en Indonésie a été puni par les esprits des ancêtres car il s'était cru assez malin pour négliger le culte qu'il devait à ses aïeuls. Du coup, un scorpion est venu lui manger le sexe ! Grosse peur Cette sanction l'aurait calmé à jamais, faisant de lui un hermaphrodite.

C'est en tous cas la légende que nous raconte Fabrice, un Français très sympathique qui a longtemps vécu dans ces régions avant de s'installer à Luang Prabang, au sujet de la statuette Marapu dont nous venons de faire l'acquisition. Il s'agit d'un personnage en calcaire d'une dizaine de centimètres de hauteur, présentant une face mâle et l'autre femelle (ce nouveau sexe le caractérisant depuis l'épisode avec le scorpion Soupconneux), le tout dans une posture délicieusement ridicule suggérant l'humilité. Rire

Nous n'irons sans doute pas de sitôt visiter les îles Sumba, mais ces croyances et cultures animistes nous intriguent. En tous cas un après-midi comme celui-ci, à discuter d'Inde et d'Asie et à écouter les histoires de Fabrice et Jade est incontestablement une agréable façon de passer le temps pendant que les pluies diluviennes envahissent les rues. Nous en profitons donc pour comprendre quelques ficelles pour monter un business dans des pays dépourvus de droit écrit et à la vision plutôt court-termiste mais où il reste possible de se faire plaisir en allant fouiner du côté des tribus reculées et dégoter des bibelots originaux... Roi

A Luang Prabang Artisan à Luang Prabang Pagode de Luang Prabang Pagode du mont Phousi à Luang Prabang
Vue sur le Mekong à Luang Prabang      
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30 mai 2004 Laos Laos - Luang Prabang

Entre deux averses

Rien de tel qu'une œuvre caritative pour bien commencer la journée ! Dès le réveil nous retrouvons Stéphanie et Delphine devant les locaux de la Croix Rouge. Cet organisme a en effet trouvé un moyen très astucieux pour diversifier ses ressources en vendant des massages dont l'efficacité est maintenant reconnue par tous les routards du coin ! Roi Il ne nous en faut pas plus pour nous décider à faire une B.A. et recommander ensuite chaudement l'adresse. Clin d'oeil

Nous conseillerions aussi au visiteur les cascades de Tad Kouang Si, à une trentaine de kilomètres. Le site est magnifique et, en cette saison où la cascade ne connaît pas son plus fort débit, il est possible de l'escalader et de s'y baigner. Large sourire
Nous en profitons d'autant plus que le temps est à l'accalmie. Et oui, cela n'était pas évident car, ces derniers temps, nous avons un peu joué au chat et à la souris avec la pluie qui peut parfois tomber toute une journée sans discontinuer et tout paralyser ! Triste

Cascades de Tad Kouang Si près de Luang Prabang Cascades de Tad Kouang Si près de Luang Prabang Delphine et Stephanie aux cascades de Tad Kouang Si près de Luang Prabang English snack à Luang Prabang
Transport pour Luang Prabang      
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29 mai 2004 Laos Laos - Luang Prabang

Hommage à la maison du patrimoine

Nous rejoignons Delphine (rencontrée à Nong Khiaw), qui a pris rendez-vous avec Emmanuel Pouille de la Maison du Patrimoine où sont gérés des fonds français pour soutenir le développement de Luang Prabang classée au Patrimoine de l'Humanité. Large sourire Au-delà des noms qui impressionnent (UNESCO, Patrimoine de l'Humanité...), tout le succès de ces grands projets de sauvegarde semble dépendre de la volonté et de l'acharnement de quelques passionnés, Respect canalisant au mieux l'avancée inexorable ici du tourisme, là de l'industrie, ou de l'ouverture de nouvelles routes commerciales...

Au Laos comme au Cambodge, il n'existe pas vraiment de droit écrit. Interloqué Faire respecter une charte ou un règlement s'avère être un exercice de longue haleine. On nous explique que l'inertie locale est considérable, plus par manque d'éducation et donc d'intérêt que par malveillance. Mur
Cependant, la pression économique et politique des puissants voisins, Thaïlande en tête, oblige à être réactif si on ne veut pas voir s'imposer une logique du profit à court terme capable de balayer les résistances locales à coups de dollars. Colère

Grâce à ces hommes et à ces femmes, Luang Prabang a réussi à mettre en valeur un charme colonial provincial et renaît maintenant avec le tourisme. La majorité des visiteurs fait le voyage depuis la Thaïlande sur deux ou trois semaines de vacances. Lunettes Se mélangent donc dans une ambiance nonchalante routards au long cours et vacanciers. Une caractéristique pour distinguer les deux : les voyageurs en provenance des zones reculées ont adopté les habitudes locales impliquant notamment qu'on ne se dénude pas trop; alors que les touristes de passage profitent des quelques rayons de soleil pour célébrer sans pudeur la fin de l'hiver européen. Clin d'oeil

Luang Prabang marque pour nous le début du retour vers des zones touristiques un peu plus balisées qui devraient représenter notre quotidien pour les semaines à venir.

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28 mai 2004 Laos Laos - Luang Prabang

En descendant la Nam Ou

L'avantage indéniable des maisons d'hôtes un tantinet spartiates est de favoriser les rencontres. Large sourire Nous formons donc maintenant une petite équipe fort sympathique de 8 membres pour affréter un bateau qui nous conduise sur 200 kilomètres le long de la rivière Nam Ou jusqu’à Luang Prabang.

La Nam Ou, grand affluent du Mékong, vient des hautes montagnes aux confins du Laos et du Yunnan (Chine) et serait une des plus belles rivières du Laos. Large sourire Elle est moins longue, moins large et plus profonde que le Mékong dans lequel elle se jette au niveau des grottes de Pak Ou. Elle traverse de merveilleux paysages de montagnes rocheuses et boisées, coule dans des vallées encaissées, décrit des méandres paresseux, où se cachent des plages de sable, et arrose en les fertilisant les berges et les jardins des villages laos. Aujourd'hui, à défaut de routes praticables, la Nam Ou sert encore de voie de communication économique aux régions enclavées du nord-est.

La traversée dure 6 heures au cours desquelles nous évitons de justesse un gros orage. Grosse peur Une Laotienne a pris place à l'arrière du bateau - la femme du pilote d'après nous - et passe toute la croisière à écoper l'eau qui s'infiltrait entre les planches... Surpris

En arrivant à Luang Prabang en milieu d'après-midi, nous découvrons une charmante bourgade très calme dont l'architecture coloniale nous fait immédiatement penser à la ville de Savannakhet qui aurait été restaurée. Large sourire

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27 mai 2004 Laos Laos - Nong Khiaw

Une halte dans les montagnes

Dans les montagnes du nord du Laos, nous avons décidé de marquer une pause à Nong Khiaw d'où nous pourrons rejoindre Luang Prabang par bateau sur la rivière Nam Ou.
En réalité il n'y a pas grand chose à faire à Nong Khiaw, si ce n'est profiter d'un cadre magnifique enclavé dans les montagnes recouvertes de jungle et se balader dans les villages voisins le long de chemins de terre rouge.Roi

Ce site stratégique à la beauté suffocante est un rendez-vous très apprécié des routards, souvent en provenance de Thaïlande ou du Vietnam et qui trouvent ici d'accueillantes maisons d'hôtes où souffler quelques jours. Il s'agit toujours de bungalows ou de cabanes rudimentaires à partir desquels le visiteur est sensé imiter la vie locale : se doucher dehors à l'aide d'un bol en plastique, se laver les dents dans les fleurs et passer une bonne partie de la journée à bavarder en regardant les papillons virevolter dans la nature environnante... Ironie
Cool mais pas de quoi nous tenir occupés une semaine !

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26 mai 2004 Laos Laos - Nong Khiaw

Les Méo

Tous les lecteurs attendent avec impatience le récit de journées comme celle d'aujourd'hui au cours de laquelle, après un lever à 5 heures, nous passons plus de 15 heures entassés dans un vieux bus trop petit, le postérieur collé au revêtement en plastique de banquettes minuscules, entre bébés à forte odeur d'urine, sacs de poissons et passagers voyageant avec leurs oiseaux de compagnie, affolés et piaillants sur un bâton, un fil de coton à la patte ! Et tout cela en plus de l'auto-radio braillant, pour parcourir même pas 400 kilomètres jusqu'à Nong Khiaw ! Interloqué

Au moins cela nous a-t-il permis de profiter d'un merveilleux spectacle, au lever et au coucher du soleil, lorsque les nuages naissent des creux de cette jungle épaisse et semblent vouloir s'y attarder comme sur un tapis moelleux. Large sourire
Mais cette jungle est par endroits dévastée par des incendies intentionnels et ce sont ces mêmes incendies qui rendent parfois la progression de notre bus aléatoire. En effet, quand des pans entiers de la forêt sont brûlés, le terrain n'est plus stabilisé par les racines et risque une dégringolade à la prochaine pluie. Et quand ces incendies ont eu lieu en aplomb de la route, c'est cette dernière qui est menacée par d'importantes coulées de boue que nous constatons par endroits, accompagnées d'imposants cailloux qui vont parfois jusqu'à entraîner une partie de la route dans leur chute. Triste

Nous sommes sans doute loin de savoir tout ce qui peut bien se tramer dans cette forêt mais avons en tous cas appris qu'une partie haute de la jungle a été brûlée par des tribus locales qu'on appelle les Méo. Même si nous avons croisé des représentants de cette tribu un peu partout dans les montagnes ces derniers temps, les Méo restent une ethnie assez mystérieuse, à qui on attribue des origines mongoles et dont on sait qu'elles ne peuvent vivre qu'au dessus de mille mètres et au nord du 21e parallèle. Ses représentants seraient en effet incapables de supporter, même pour une courte période, un climat autre que froid ou tempéré. Interloqué
A ces caractéristiques vient s'ajouter le fait que les Méo vivent encore en autarcie. Ils n'ont même pas la télé ! Clin d'oeil Leur passion pour la liberté les oblige à vivre dans de minuscules villages en bois, bambou et palmes et ils ne tolèrent aucun chef. Ils vivent d'ailleurs dans une démocratie intégrale : ils travaillent tous dur (et il n'y a pas d'aristocratie oisive qui édicterait des canons esthétiques ou de raffinement), sans aucun esprit d'émulation bourgeois, aucun modèle à imiter. Les Méo n'ont à faire plaisir qu'à eux-mêmes et il en résulterait d'ailleurs une certaine anarchie. Ironie
Les Méo ont aussi une particularité étrange dans le sens où il s'agit du seul peuple d'Indochine à ne pas se sentir concerné par les esprits maléfiques. Leur indifférence totale à l'égard des fantômes et des démons qui hantent leurs voisins leur a vallu un prestige énorme auprès de ces derniers, prestige qu'ils prennent bien soin de cultiver. Jusqu'à peu, ils aimaient à encourager la croyance, très courante chez les Thaïs, qu'ils étaient des loups-garous et qu'ils avaient le pouvoir de se métamorphoser en tigre. Soupconneux
Les enfants sont élevés très librement et l'acte sexuel avant le mariage est généralisé. Il existerait des "bosquets sacrés" où les jeunes filles s'offrent disons, assez librement. En tous cas nous pouvons faire le rapprochement avec le panneau des règles à respecter de l'office de tourisme de Samneua où figure avec dessin explicite à l'appui l'interdiction pour un étranger de forniquer dans les buissons avec une locale ! Surpris On nous apprendra plus tard que, du temps des colonies, on pouvait trouver des cartes répertoriant scrupuleusement tous ces bosquets et qu'elles étaient très prisées par les garnisons françaises dans le Tonkin.

Pour en revenir à ce qui concerne la forêt, les Méo sont tristement célèbres pour leurs cultures sur brûlis qui ont pour conséquence d'épuiser relativement vite la terre et de les contraindre à changer souvent de champs. Le village est même régulièrement obligé de déménager lorsque les habitants ont épuisé toutes les terres des environs !... Triste

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25 mai 2004 Laos Laos - Samneua

Grosse fatigue !

Le bus vers Luang Prabang n'est pas parti ce matin et nous n'en saurons jamais la raison... Cela ne nous inquiète pourtant guère plus que Britta avec qui nous effectuons un bout de route et qui avoue aussi avoir progressivement, presque imperceptiblement, senti s'installer les mêmes symptômes : perte d'énergie et paralysie sournoise de la volonté. Quand nous nous rappelons ce dont nous étions capables le mois dernier et comment, à Angkor, nous avons parfois marché des kilomètres sous un soleil mordant, nous pouvons bel et bien juger notre léthargie croissante. Gêne En effet, nos forces se sont depuis épuisées. Nous ne marchons que lentement et attendons avec impatience les jours tranquilles à faire la sieste. Celle-ci mange une part de plus en plus importante de la journée et a même parfois tendance à durer tout l'après-midi. Ironie

Nous avons d'abord mis cette apathie sur le compte de la chaleur particulière à laquelle même les autochtones ne s'accoutument jamais et qui a profondément influencé leur histoire. Norman Lewis va jusqu'à y voir un facteur déterminant dans l'évolution des cultures indochinoises lorsqu'il explique le périple des peuples des montagnes descendus dans les vallées chaudes où la vie était plus facile. Tant qu'il leur restait de l'énergie, ils ont construit des civilisations brillantes et fantasques qui n'eurent jamais la chance de se développer. Selon lui, ils sombrèrent rapidement dans une décadence tranquille et adoptèrent des religions qui convenaient à ce déclin et qui l'alimentaient même. Ils seraient ainsi devenus des experts en sommeil.
Il faut reconnaître que Samneua est en léthargie en cette saison après le déjeuner et que pas grand chose ne bougera avant 5 heures du soir ! Fatigue

Maison de Samneua Pagode de Samneua    
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24 mai 2004 Laos Laos - Samneua

Les intellectuels ne se laissent pas tuer

Norman Lewis demandait en 1950 à son interlocuteur vietnamien combattant les troupes françaises si les pertes étaient lourdes : "Il répondit que pratiquement tous ceux qui étaient dans le mouvement au départ avaient été tués. Tous sauf les intellectuels, ajouta-t-il ensuite. Les intellectuels ne se laissent pas tuer."

C'est dans les montagnes au nord est du Laos que nous avons l'opportunité de mieux comprendre la portée de cette citation. Ironie

A une petite trentaine de kilomètres de Samneua autour du village de Vien Xai se trouve un ensemble de 400 grottes dont quelques unes artificiellement creusées dans la montagne. C'est ici, bien à l'abri, que les dirigeants communistes menaient, appuyés par les Viêt-minh, la guerre contre le pouvoir en place soutenu par les Etats-Unis.

Toute la région a été allègrement bombardée par l'aviation américaine. Mais en découvrant l'impressionnant réseau de tunnels et de grottes camouflées, on comprend vite pourquoi les "intellectuels" étaient bien protégés. Surpris
Notre excellent guide ne manquera pas de nous préciser fièrement que Fidel Castro et Le Ché ont eux aussi séjourné dans ces grottes. Langue

On nous explique très officiellement comment les bombardiers américains n'ayant pu atteindre leurs objectifs vietnamiens, venaient se "débarrasser" de leurs bombes sur la région qui est encore aujourd'hui infestée d'explosifs en tous genres. Triste

Si le succès stratégique de la politique de "containment" des blocs rouges est incontestable après la chute de l'URSS et l'évolution disons libérale du Vietnam, du Laos et semble-t-il de la Chine, on ne peut s'empêcher d'être interpellés par les "dommages collatéraux" que nous découvrons: victimes civiles des bombes, patrimoine détruit, traumatisme psychologique, trafic de drogue, prostitution... Larme
Cette question devient d'autant plus sensible que nos sociétés qui réfléchissent de plus en plus au niveau individuel et non à celui de la nation, acceptent d'autant moins les massacres d'innocents "pour la cause", comme l'a montré l'exemple irakien.

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23 mai 2004 Laos Laos - Samneua

Car tel est notre bon vouloir!

A 7 heures nous embarquons à bord du véhicule censé nous conduire à la frontière avec le Laos. En nous saluant, l'hôtelier accompagne son signe de la main d'un "à tout à l'heure !" particulièrement rassurant, ajoutant qu'il ne pensait pas que la frontière puisse être ouverte aux étrangers avant 2005... Soupconneux Dans le doute, nous avons obtenu de pouvoir revenir avec le chauffeur, cas échéant... Gêne

Comme souvent dans ces zones frontalières, les paysages demeurent encore sauvages et préservés. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de route pour desservir ces villages authentiques que nous traversons, blottis au creux d'une forêt très dense. Tel Jacques Chirac le soir de sa première élection, nous saluons les villageois, peu habitués à observer d'aussi étranges faciès...
Lorsque nous entrons dans un petit troquet pour la pause-déjeuner, c'est l'effervescence : l'assemblée se lève comme un seul homme pour trinquer avec nous avec du saké local. Surpris Une nouvelle amitié franco-vietnamienne sera également scellée ce midi à l'aide d'un imposant calumet qui ressemble d'ailleurs étrangement à une pipe à opium. Ironie

Après 7 heures de route pour parcourir les 200 Km, nous n'avons croisé quasiment aucun véhicule et le poste frontière semble étrangement calme... Soupconneux
Mais les hommes en uniformes ne sont pas surpris outre mesure par notre présence et nous apprennent que la frontière est effectivement ouverte depuis 3 mois ! La preuve que l'information aussi circule difficilement sur ces routes cahotiques ! Clin d'oeil

De là, nous rejoignons à pied et sans encombre le poste Lao, composé de 4 bicoques en bois et de poules, rien de plus. Nous découvrons alors, oh surprise !, que nous ne sommes pas du tout arrivés là où nous croyions... En effet, si nous avions plus ou moins précisément localisé Naméo sur notre carte assez détaillée du Vietnam, la médiocrité de notre carte du Laos nous a fait faire une erreur de plus de 100 KM vers le sud ! Interloqué Bref, pas besoin de se justifier pendant des heures, on a pas de GPS sur notre canif Clin d'oeil et maintenant il faut réagir car ce n'est pas tout d'être passés, on apprend aussi qu'il n'y a aucun hébergement dans le coin et que le seul et unique bus qui va à la prochaine ville passe le matin. Il est 15h30... Ironie

Une fois de plus, la chance est avec nous : alors que nous commencions à envisager une nuit avec les poules, un camion se présente qui vient lui aussi du Vietnam et dont le chauffeur accepte de nous déposer à la prochaine ville. C'est notre second tour en camion du voyage et c'est assez inhabituel pour que nous l'apprécions. Large sourire
Nous ignorons pour le moment absolument tout de notre destination, supposée être à 80 Km, car cette ville de Samneua ne figure pas dans notre guide, pas plus que le poste frontière, d'ailleurs. Indéniablement nous aimons cette sensation d'inconnu, d'autant plus que tout se passe bien, et nous envisageons déjà de devoir demander l'hospitalité dans un monastère...

Mais il n'en est rien car, à notre plus grande surprise, Samneua est une ville plutôt développée et même mentionnée dans plusieurs guides touristiques. C'est en tous cas ce que nous apprendrons en passant une soirée inattendue avec d'autres voyageurs ! Clin d'oeil

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7 mai 2004 Laos Laos - Savannakhet

Les samlo du Laos

Savannakhet, plus de cent mille habitants, se vante d'être la première ville économique du sud du Laos et nous avons du mal à le croire tant le temps semble s'être arrêté dans cette bourgade indolente du bord du Mékong. Cependant "le territoire paradisiaque", traduction littérale de Savannakhet, se trouve au débouché sur le fleuve d'une importante voie caravanière en provenance du Vietnam. Aujourd'hui encore, située en face de la ville thaïe de Mukdahan, elle reste le port de débarquement de nombreuses marchandises.
Pour autant nous sommes loin du dynamisme de la Thaïlande et le charme de Savannakhet réside plutôt dans son architecture, héritée de la colonisation.

Profitons de cette pause pour présenter un des personnages récurrent du voyage et qui a ici une importance toute particulière : le samlo. Le samlo désigne cet individu typique des villes laotiennes qui conduit un "trois roues". Au sein de la catégorie "samlo", se distinguent deux sous-classes bien marquées, le "moto-taxi" et le "vélo-taxi". Le premier a bien sûr priorité sur le second. Il s'agit très souvent d'un bricoleur habile qui a accolé une banquette à roue à sa moto personnelle. Dans le civil, il est soit inactif, soit petit fonctionnaire qui n'arrive pas à nourrir sa famille avec son salaire de famine, ou encore collégien qui loue son véhicule à un concessionnaire commerçant pour se faire son argent de poche ou pour amasser l'argent de la dot nécessaire à son mariage avec l'élue de son cœur. Il porte lunettes noires et casquette et il vous conduit où vous voulez, portant les courses de la ménagère jusque dans la cuisine. Son confrère à vélo est plus petit, plus noir, plus maigre. C'est un paysan qui, rendu désœuvré par la saison sèche, lorsque l'absence de pluie interdit toute culture, vient vendre en ville la force de ses jarrets. Le véhicule qu'il a pu louer à la journée à un concessionnaire commerçant est, non seulement un moyen de transport de passagers payant, mais aussi, son abri-promontoire lors des moments de pause.
En 1975, lors du changement de régime, les nouvelles autorités communistes cherchèrent à appuyer leur révolution sur la classe ouvrière. Mais voilà, où trouver une classe ouvrière dans un pays entièrement agricole ? Une analyse originale des différentes classes sociales du Laos montra que c'était la corporation "samlo" qui était la plus à même de représenter le prolétariat. Et c'est ainsi que lors de la "libération de la ville" en mai 75, on vit les "libérateurs" entrer dans la ville au milieu d'une haie de samlo.

Jacques Népote, Pour une géographie culturelle de l'Indochine, Olizane, 1993

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6 mai 2004 Laos Laos - Savannakhet

Ralentissez, vous êtes au Laos !

Le rythme lent et sympathique du Laos nous enveloppe. Fatigués par notre long périple d'hier, nous faisons la grasse mat' jusqu'à 8 heures ! Il faut dire que depuis Kannara, nous avons pris l'habitude de nous lever vers 6 heures pour profiter des heures fraîches. Mais, si au Cambodge tout le monde s'active dès le lever du soleil, ici à 9 heures rien ne bouge encore. Surpris On en profite pour se laisser aller et se décrasser en profondeur après ces presque quinze jours dans la jungle. L'ambiance coloniale de cette ville en déclin est propice à la lecture et à la flânerie... Large sourire

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5 mai 2004 Laos Laos - Savannakhet

Une brochette de cafards

Une longue journée de transport nous attend. Nous remontons au nord le long du Mékong pour rejoindre Savannakhet à quelques 300 Km. De là, nous escomptons rejoindre Hué au Vietnam. Après une petite traversée matinale en barque jusqu'à la rive Est du fleuve, nous embarquons dans un pick-up bondé de Laotiens chargés de bric-à-brac dont du poisson séché, tout juste mort voire encore vivant, embaumant l'atmosphère d'un doux fumet...

L'ambiance est bon enfant, les cheveux dans le vent. Lunettes En guise d'en-cas, nos voisins avaleront pas moins d'une dizaine de brochettes de cafards grillés. Le plus glouton étant sans conteste le plus jeune des mâles de la famille, âgé de tout juste 3 ans et qui ne se donne même pas la peine de leur ôter pattes et ailes. Surpris
Nous faisons étape à Paksé où n